Economie

Régionalisation: La recette de l’OCDE

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
Des recommandations pour adapter les politiques sectorielles aux spécificités territoriales
Le Maroc appelé à mieux tirer profit de ses métropoles
Favoriser la complémentarité entre les zones urbaines et rurales
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Abdelahad El Fassi, ministre de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, et Mohand Laensar, président de l’Association des présidents des régions, ont insisté sur l’importance de l’accompagnement de l’OCDE du chantier d’implémentation de la régionalisation avancée, notamment à travers le transfert d’expertise favorisant une meilleure prise en charge de certains dossiers liés au développement régional (Ph. Jarfi)

Au moment où le Maroc se penche sur la mise en marche effective de la régionalisation avancée, «l’éclairage de l’OCDE peut être d’une grande utilité». C’est ce qu’a estimé Mohand Laensar, président de l’Association des régions, lors d’une conférence organisée, lundi dernier à Rabat. Lors de cette rencontre de restitution des résultats relatifs au dialogue territorial, prévu par le programme-pays signé en 2015, les intervenants ont été unanimes quant à l’apport de cette Organisation pour accompagner l’implémentation de ce chantier. La configuration territoriale implique un dialogue des régions avec différents niveaux, notamment avec l’Etat, les communes et la société civile, a rappelé le président de la région de Fès Meknès. D’où l’importance d’approfondir le débat autour des résultats de ce dialogue territorial, selon Saâdeddine El Othmani. Cette démarche sera décisive pour l’appropriation de ces recommandations. L’idée est de favoriser une meilleure adaptation des mécanismes et outils proposés, car il ne s’agit pas d’une recette miracle.
Aujourd’hui, les régions sont appelées à devenir des partenaires forts de l’Etat, selon Lamia Kamal Chaoui, directrice du Centre pour l’entrepreneuriat, les PME, les régions et les villes de l’OCDE. L’objectif est de répondre à l’aspiration de bien-être des habitants, a-t-elle dit. Cela devra passer par une meilleure adaptation des politiques sectorielles aux spécificités territoriales, a-t-elle expliqué. D’où le focus de ce dialogue territorial sur quatre axes. En tête, le développement urbain et la redéfinition du rôle moteur des métropoles. Cette étude s’est penchée sur le cas de Casablanca, ayant «un poids démographique et économique majeur». La capitale économique «pourrait tirer meilleur parti de ses potentialités en identifiant un projet métropolitain, dans un cadre régional». Sur ce point, l’OCDE appelle à «accompagner l’urbanisation croissante par le développement des indicateurs, l’approfondissement de la croissance des périmètres métropolitains et les modalités de leur gouvernance à l’échelle appropriée». Par exemple, le Maroc pourrait adopter la méthode EU-OCDE de mesure des aires fonctionnelles, en l’élargissant aux autres métropoles du pays. Cela «permettrait de donner au pays les moyens de ses politiques de développement à l’échelle pertinente pour les territoires très urbanisés et leur périphérie». Pour le 2e axe, portant sur l’élaboration de ces indicateurs, l’OCDE plaide pour les inscrire dans un niveau territorial, permettant d’initier «une dynamique de comparabilité et d’adaptation permanente aux évolutions en la matière». Le Maroc pourra s’appuyer sur ces indicateurs de référence afin d’identifier les priorités et concourir efficacement à des objectifs communs. L’appui de l’OCDE permettra aux autorités marocaines de mettre en place de nouveaux indicateurs plus en phase avec les standards internationaux, selon Lamia Kamal Chaoui.
Le renforcement de la coordination de l’investissement public entre les différents niveaux de prise de décision figure également parmi les axes identifiés. L’idée est de favoriser «l’articulation des approches sectorielles et territoriales». Cela permettra une meilleure programmation des investissements afin de garantir la soutenabilité des moteurs de croissance des territoires urbains et d’améliorer les opportunités de développement. A cela s’ajoute le renforcement de l’efficience de l’offre des services publics dans les territoires ruraux, est-il indiqué. Les recommandations de l’OCDE ont aussi insisté sur l’importance de consolider les liens entre les territoires urbains et ruraux, en tirant partie des complémentarités entre les deux zones. C’est décisif pour résorber le gap entre ces deux types de territoire. L’étude de l’OCDE met l’accent sur le fait que «l’urbanisation croissante et la littoralisation contribuent à accentuer les disparités entre zones urbaines et rurales».

Les chantiers à venir

La réussite de la mise en œuvre de la régionalisation avancée passe par une meilleure coordination et une réelle territorialisation des politiques publiques. C’est l’une des principales recommandations de l’OCDE. Pour les responsables de cette organisation, «cela ne s’improvise pas. Il faut mettre en place un dispositif interministériel pour prendre en charge ce dossier». La rationalisation de l’interaction entre l’Etat et les régions est également mise en avant. Sur ce point, l’OCDE va s’impliquer dans le chantier du transfert des compétences vers les régions, piloté par la Direction générale des collectivités locales. Les responsables de cette Organisation ont également proposé leur appui pour la réalisation d’autres projets. C’est le cas notamment du lancement de la nouvelle configuration de la déconcentration. Annoncé depuis quelques mois, le nouveau projet de charte de déconcentration se fait toujours attendre. L’OCDE veut également épauler les autorités marocaines dans l’élaboration d’un cadre national de développement urbain intégré.

 

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