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    Culture

    Musiques sacrées: Le gospel «soufi» enchante à la clôture

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5305 Le 02/07/2018 | Partager
    Mariage culturel réussi entre l’Afrique du Sud et le Maroc
    Musique bretonne, rap, chants soufis, pop,... les genres se mélangent
    Cheb Younès a fait carton plein avec son tube «Moul Château»
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    Créé en 2002, le Soweto Gospel Choir s’est produit, samedi, au FFMSM en clôture. Ce groupe sud-africain qui a déjà chanté pour Nelson Mandela et Obama… a enchanté le public de Bab Makina par ses danses et chants spirituels (Ph. YSA)

    Le rideau est tombé sur la 24e édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde (FFMSM) samedi soir à la place de Bab Makina. Pour cette soirée de clôture, les organisateurs ont choisi le Soweto Gospel Choir, qui a enchanté le public venu nombreux (4.000 personnes environ). La ferveur spirituelle liée aux vicissitudes historiques était au rendez-vous lors de ce spectacle chanté en 5 langues (sur les 11 que compte l’Afrique du Sud).

    Ainsi, cette 24e édition s’est terminée par la profondeur et la perfection des voix, l’énergie fascinante des danses (notamment le guerrier lancer de jambe zoulou), et le chatoiement des couleurs. Avec le Soweto Gospel Choir, le festival a voulu célébrer une spiritualité joyeuse, enlevée et rehaussée par la «création-surprise: Maroc-Afrique du Sud».

    Quoique les relations politiques entre les deux pays traversent des zones de turbulence, le chant et la musique de ce 30 juin ont créé une osmose d’unité culturelle. C’est l’objectif principal des valeurs d’ouverture prônées et portées par le FFMSM. D’ailleurs, le spectacle a réuni un gospel engagé pour l’aide des pays en souffrance et une troupe marocaine soufie invoquant la bénédiction de Dieu.

    «Un mariage réussi pour la fin d’une très belle édition», commente Abderrafie Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès et du FFMSM.  

    Créé en 2002, le Soweto Gospel Choir a pour parrain l’ancien archevêque Desmond Tutu, Nobel de la paix en 1984. Ce groupe de 24 artistes soutient les enfants sud-africains rendus orphelins par le sida. Le chœur a aussi participé au premier concert 46664 (numéro matricule de Nelson Mandela lorsqu’il était en prison), en 2003, en faveur de la lutte contre le sida.

    A Fès, il a offert au public de la 24e FFMSM le meilleur de lui-même grâce à des sonorités d’amour, joie, et spiritualité, et des danses vertueuses qui ont eu l’admiration de spectateurs de marque tels Khalid Safir, Saïd Zniber, Driss El Yazami et Edgar Morin.

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    Erwan Hamon et Janick Martin du Fest-noz symphonique ont présenté leurs escapades aventureuses. Accompagnés de la grande voix bretonne d’Annie Ebrel, du guitariste Gregory Dargent et du percussionniste Antonin Volson, ils ont clôturé en beauté les après-midis du jardin Jnan Sbill (Ph. YSA)

    Bien avant, ce sont les figures majeures de la musique bretonne à danser qui avaient envahi le jardin Jnan Sbill avec les chants du «Fest-noz symphonique». Ainsi, Erwan Hamon et Janick Martin ont présenté leurs escapades aventureuses.

    Accompagnés de la grande voix bretonne d’Annie Ebrel, du guitariste Gregory Dargent et du percussionniste Antonin Volson, le défi était de taille: développer avec limpidité les enchevêtrements rythmiques et mélodiques, en préservant en permanence l’essence de la danse bretonne.

    Défi réussi, c’est à un véritable Fest-noz symphonique qu’ils ont invité le public du jardin luxurieux. Il faut dire que la journée du samedi a été riche en termes d’activités. Chaque endroit de la ville a eu son «morceau» de musique. Ainsi, à Bab Boujloud, c’est Kader Japonais qui a animé la dernière soirée du festival dans la ville devant un public déchaîné constitué majoritairement des jeunes venant de différents quartiers.

    Comme Kader Japonais, Cheb Younès a attiré, la veille, plus 20.000 personnes. Il a chanté «Moul Château», «Moteur 103, direction la côte»… des tubes appris par cœur par les fans du jeune artiste. Signalons que le festival Off a réuni un panel d’artistes très convoités dont le rappeur marocain Mouslim, Hatim Ammor, Hajib et Fatemzahra Laâroussi.

    Pour sa part, Dar Tazi a accueilli, ce 30 juin, une veillée soufie du «groupe de louange et d’écoute soufi». Pour ceux qui ne le connaissent pas, «ce groupe est présidé par Youssef  Kinimini, fils d’Abdellah, qui a grandi au sein d’une famille ancienne dans l’art de louange et d’écoute soufi.

    Il a été le disciple des grands artistes en louange pour devenir le cheikh des louangeurs à la ville de Fès. Son groupe a été créé il y a 20 ans avec la participation de l’artiste Saïd Chraïbi. Aujourd’hui, il se produit dans plusieurs festivals nationaux et internationaux.

     La «kalachnikov» de Goran Bregovic

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    Quand le célébrissime philosophe Edgar Morin (97 ans) se lève pour ovationner Goran Bregovic, sachez que ce dernier a bien mérité les applaudissements d’un parterre de hauts responsables et d’intellectuels. Y figurent Pierre Claver Maganga Moussavou, vice-président du Gabon, Khalid Safir, le wali directeur des collectivités locales, Saïd Zniber, wali de Fès-Meknès, Abderrafie Zouitene, président du festival, et d’autres personnalités. Sous des musiques épousant la joie de vivre, la tolérance et l’émancipation, Goran Bregovic a offert, vendredi, aux festivaliers une belle prestation à travers les trois lettres de Sarajevo. C’était une ode proférée à la «Jérusalem des Balkans», à cette ville aux multiples croyances qui a, à la fois, écrit l’histoire et a été martyrisée par elle. C’est aussi un appel à la concorde entre les religions qui l’ont autant bâtie que détruite. Cette parole est portée par le violon: confié à des solistes d’origine serbe, tunisienne et israélienne, il s’empare en trois mouvements des traditions occidentales, orientales et klezmer pour mieux les embrasser. Au grand bonheur des mélomanes, restés jusqu’à 23 heures, Goran Bregovic a terminé, en beauté, son spectacle par le tube «kalachnikov».

     

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