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    Analyse

    Gouvernement: Plusieurs chantiers en suspens

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5305 Le 02/07/2018 | Partager
    Refonte du modèle de développement, réforme des CRI, charte des investissements...
    Le dialogue social en panne
    Le nouveau système de ciblage des ménages pauvres se fait toujours attendre

    «Répondre aux aspirations des citoyens dans les domaines prioritaires, à savoir l'éducation, la santé, l'emploi et la protection sociale». C'est l'une des «ambitions majeures du plan d'action du gouvernement», selon le bilan de la 1re année du mandat. Sur ce dossier, l'équipe d'El Othmani a encore du pain sur la planche. Dans plusieurs secteurs, les projets de réformes sont encore au stade de lancement. Peu de réalisations concrètes pour l'instant.

    Par exemple, ce document met l'accent sur «de nombreuses réformes devenues effectives». Il s'agit notamment du «droit d'accès à l'information ou encore la réglementation du travail du personnel domestique». Dans ces deux domaines, l'équipe d’El Othmani a mis en place des décrets d'application des lois adoptés sous le mandat du gouvernement précédent.

    Pour le premier texte, la multiplication des exceptions a vidé le droit des citoyens d'avoir accès à des informations les intéressant directement. Pour d'autres grands chantiers, le gouvernement botte en touche. Par exemple, l'équipe d'El Othmani ne semble pas pressée pour mettre en place le nouveau modèle de développement.

    Dans son bilan de 1re année, le gouvernement se contente de dire que l'une de ses principales «ambitions», est de «contribuer au renouvellement du modèle de développement, à l'horizon 2021». La lenteur de l'action de l'exécutif risque de favoriser l'enlisement de l'attentisme des opérateurs. Surtout que cette refonte du modèle de développement vise à «accroître durablement la croissance économique et d'en faire un levier de justice sociale, offrant dignité et épanouissement aux citoyens».

    ■ Peu de mesures pour le soutien aux entreprises
    Au-delà des déclarations de bonnes intentions, les réalisations du gouvernement en matière d'appui à l'investissement privé et à l'entreprise reste limité. Plusieurs dossiers sont encore en attente. C'est le cas notamment de la charte d'investissement, décisive pour relancer la dynamique économique. Sur ce point, l'équipe d'El Othmani s'est contentée de souligner qu'elle «s'attelle à la réforme de cette charte». Le chef du gouvernement a précisé que «le projet est quasiment finalisé». Idem pour la réforme des Centres régionaux d'investissement, présentée comme une réalisation de la 1re année, alors que les détails de cette refonte se font toujours attendre. Pour l'instant, seuls les grands axes ont été soumis à l'appréciation du Roi, lors du Conseil des ministres tenu en avril dernier. Sur le terrain, le gouvernement a «approuvé près de 100 milliards de DH d'investissements privés dans le cadre de la commission nationale». Cela s'est accompagné de «la mobilisation du foncier pour les projets d'investissement, avec un total de 1.345 hectares». S'y ajoute, l'adoption de la loi actant la mise en place de la nouvelle entité dédiée à la promotion des investissements et des exportations (AMDIE). Au niveau du soutien des entreprises, la 1re année du mandat du gouvernement El Othmani a été marquée par l'adoption de certaines mesures, revendiquées par les opérateurs. C'est le cas notamment de l'introduction de l'IS progressif dans le cadre de la loi de finances 2018. Idem pour l'exonération du droit d'enregistrement relatif à certaines opérations d'investissement. A cela s'ajoute l'engagement du gouvernement à la restitution de la TVA et l'apurement des arriérés, à hauteur de 10 milliards de DH.

    ■ Emploi: Le chômage encore important
    En dépit des annonces faites lors du début du mandat du gouvernement actuel, les mesures lancées jusqu'ici n'ont pas réussi à diminuer le niveau de chômage. Son taux est à 10,2% contre 9,9% en 2016. Cette année a connu le lancement du nouveau Plan national de promotion de l'emploi, avec un objectif jugé «trop ambitieux». Le gouvernement prévoit la création de 1,2 million de nouveaux postes à l'horizon 2021. Mais n'a pas expliqué comment il compte y arriver. Parmi les mesures introduites en vue de favoriser l'employabilité des jeunes, «l'élargissement du système Tahfiz, pour promouvoir le recrutement par les nouvelles entreprises». Le gouvernement a augmenté le plafond d'exonération de l'IR à 10.000 DH, en plus de la prise en charge des allocations sociales. Dans le public, l'Etat a recruté plus de 95.000 personnes dans le cadre des lois de finances 2017 et 2018.

    ■ Dialogue social: ça coince encore
    A l'instar de son prédécesseur, Saâdeddine El Othmani n'a pas réussi à débloquer le dialogue social. Les relations sont tendues avec les syndicats, suite au refus de plusieurs propositions contenues dans leur dossier revendicatif. Pour l'instant, les partenaires sociaux n'ont pas encore trouvé un terrain d'entente. Ce qui n'a pas empêché le gouvernement d'inscrire dans le chapitre de ses «réalisations», «l'offre présentée dans le cadre du dialogue social, prévoyant une hausse des salaires et des allocations familiales».

    ■ Compensation: Le gouvernement hésite
    Le processus de réforme du système de compensation est en panne. Après la décompensation des hydrocarbures, le gouvernement semble hésiter à franchir le pas pour d'autres produits, notamment le gaz et le sucre. Les mesures d'accompagnement, notamment en matière de subvention des ménages les plus pauvres, se font toujours attendre. Le gouvernement «procède actuellement à une étude pour la mise en place d'un dispositif de ciblage des politiques sociales, basé sur un identifiant unique, remplaçant le lourd système déclaratif».

    Repères

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    • 4,1% de croissance du PIB en 2017 contre 1,6% en 2016
    • 3% de déficit du budget prévu en 2018
    • 10,2% est le taux actuel de chômage
    • 23 milliards de DH des flux d'IDE en 2017, soit une hausse de 12% par rapport à 2016
    • 100 milliards de DH de projets approuvés par la Commission nationale d'investissements
    • 340 dossiers portant sur des arriérés de 5 milliards de DH au titre de la TVA ont été traités
    • 60.000 personnes inscrites au régime d'auto-entrepreneur

     

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