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    Analyse

    Gouvernement: Un 1er bilan en demi-teinte

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5305 Le 02/07/2018 | Partager
    El Othmani défend l’approche «d’écoute et d’action» adoptée par son équipe
    Mais concède que des réformes sont restées lettre morte
    Les partis de la majorité reconnaissent la particularité de la conjoncture politique et sociale
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    Le bilan de la 1re année du mandat du gouvernement El Othmani met en avant certaines «réalisations», souvent en déconnexion par rapport à la réalité sur le terrain. Le chef du gouvernement l’a reconnu lui-même en rappelant à ses ministres que «les attentes des citoyens dépassent le rythme d’action actuel» (Ph. Bziouat)

    Très attendu depuis quelques mois, le bilan de la 1re année du gouvernement El Othmani a été finalement rendu public. Au moment où son équipe bouclait la 1re année de son mandat, El Othmani s’était contenté d’un communiqué laconique, promettant la diffusion d’un document détaillé.

    Ce 1er bilan qui met l’accent sur «les réalisations dans les domaines économique et social», intervient dans un climat tendu. Son contenu semble parfois en déconnexion par rapport à la réalité sur le terrain. Par exemple, ce document met en avant «l’apaisement du climat social», alors que la relation avec les syndicats est toujours tendue, surtout après l’échec du dialogue social et le refus par le gouvernement de plusieurs propositions des centrales.

    Autre exemple, «le gouvernement a placé son mandat sous le signe de l’écoute et de l’action», peut-on lire dans ce document. Or, El Othmani a reconnu lui-même la défaillance de son équipe dans ce domaine. Jeudi dernier, le chef du gouvernement a rappelé ses ministres à l’ordre. «Votre place est sur le terrain, pas dans les bureaux», a-t-il affirmé.

    Il a reconnu que «les grandes attentes des citoyens dépassent le rythme actuel de l’action des différents départements ministériels et établissements publics». El Othmani a dit qu’il sera intransigeant face aux manquements. «On ne tolérera aucun laxisme», a-t-il assuré lors de la dernière réunion du Conseil de gouvernement.

    Une réunion des patrons des partis de la majorité, tenue vendredi dans la matinée, a également mis l’accent sur «le caractère particulier du contexte actuel, imposant de tirer les leçons et procéder à une auto-critique et à des mesures correctives».

    Cette rencontre a été tenue dans une ambiance électrique, notamment à cause du regain de tension, suite à l’annonce des jugements relatifs à l’affaire du «hirak» d’Al Hoceïma. Les composantes de la coalition gouvernementale ont insisté sur «le respect de l’indépendance de la justice».

    Parallèlement, ils ont mis l’accent sur «le rôle des partis en tant que mécanisme de médiation entre l’Etat et la société». Un rôle qui semble avoir fait défaut dans cette affaire, favorisant l’escalade de tension.

    «La mise en marche d’une nouvelle dynamique de réformes, qui met le citoyen et l’entreprise au centre des préoccupations» est présentée comme l’une des grandes réalisations de la 1re année du mandat du gouvernement El Othmani. En réalité, plusieurs chantiers sont encore en suspens.

    Certaines mesures approuvées par son équipe, et présentées en grande pompe, sont finalement restées lettre morte. Il l’a reconnu lors de la dernière réunion du Conseil de gouvernement, déplorant le manque d’interaction de l’administration.

    «Nous approuvons des projets, des décrets, des mesures, et parfois cela ne trouve pas de voie à l’exécution, ou certaines administrations tardent à les exécuter. Je fais référence à titre d’exemple au décret relatif à la généralisation de la procédure de la légalisation de la copie conforme à toutes les administrations publiques».

    Pourtant, cette dernière mesure figure en tête des «réalisations» inscrites dans le bilan de la 1re année, dans le chapitre de «simplification des procédures administratives».

    Sur les traces de Benkirane

    Au début du mandat, la différence des profils entre l’ex-chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et son successeur, Saâdeddine El Othmani, a été souvent mise en avant.
    Au moment où le premier cherchait la confrontation, l’actuel chef du gouvernement optait plutôt pour la recherche du consensus. Aujourd’hui, El Othmani semble suivre les traces de son prédécesseur, en optant pour l’offensive et le double discours. S’il reconnaît, en tant que chef du gouvernement, les défaillances dans la réalisation de certains projets ayant favorisé la montée des protestations, il tient un discours différent devant les membres de son parti. Lors de l’ouverture du processus du dialogue interne au PJD, il a attaqué frontalement le PAM, l’accusant d’être la cause de ces protestations sociales. El Othmani a expliqué que «l’appui apporté à un parti lors des dernières élections législatives est l’un des principales causes de la tension sociale, surtout à Jerada et dans le Rif». Pour lui, «la montée de la tension dans ces zones n’est pas uniquement sociale, mais plutôt politique, notamment à cause de certaines pratiques qui avaient suscité l’ire des citoyens».

     

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