International

Investissements chinois et étrangers: Donald Trump tempère… pour le moment

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5304 Le 29/06/2018 | Partager
Il se tourne vers un comité spécialisé
Les prémices de la guerre commerciale confirmées, selon Coface
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Le président américain Donald Trump semble renoncer à l’utilisation de pouvoirs d’urgence pour restreindre les investissements chinois aux Etats-Unis. Au fait, il a préféré plutôt s’appuyer sur le Comité sur les investissements étrangers (CFIUS). Si ce dernier détermine qu’une transaction présente des dangers pour la sécurité nationale, l’affaire sera renvoyée au président qui peut suspendre l’accord ou le bloquer.

A travers une sortie médiatique, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a tenu à préciser que le projet de renforcement de la loi sur les investissements étrangers ne visait pas spécifiquement la Chine. Il a ainsi évoqué des avancées avec l’Allemagne, qui affiche un fort excédent commercial avec les Etats-Unis.

Après avoir infligé des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, Washington a menacé de porter à un total de 450 milliards de dollars la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux Etats-Unis. Pékin y a répliqué en annonçant des droits de douane identiques et a crié au chantage.

La banque centrale chinoise (PBOC)  a annoncé réduire de 50 points de base le taux de réserves obligatoires pour la plupart des banques. Et ce, afin de libérer 700 milliards de yuans de fonds (91 milliards d’euros) pour les prêts aux petites entreprises. Cette baisse s’appliquera le 5 juillet... soit la veille de l’entrée en vigueur supposée de la première vague de taxes douanières américaines.

En même temps, la banque centrale chinoise a musclé ses injections de liquidités régulières dans le système financier. Tout en temporisant pour l’instant les exigences de sa politique commerciale contre Pékin, l’administration Trump poursuit son offensive sur l’ouverture du marché européen.

Dans son baromètre risques pays & sectoriels au 2e trimestre 2018, Coface indique que «les prémices de la guerre commerciale qui s’annonçait en début d’année se sont confirmées». Aussi, la politique protectionniste de l’administration des Etats-Unis s’est intensifiée ciblant les exportations chinoises dont beaucoup de produits TIC «Made in China 2025». Ce qui explique le déclassement du secteur TIC chinois en catégorie «risque élevé».

Parmi les pays concernés dernièrement par l’entrée en vigueur des mesures protectionnistes américaines sur les importations d’acier et l’aluminium, c’est le Canada qui sera le plus affecté. D’où la dégradation du secteur des métaux canadien en «risque très élevé» (87% de ses exportations d’acier sont en direction des Etats-Unis). Le secteur des métaux évolue favorablement aux Etats-Unis, ce qui pousse Coface à améliorer son évaluation en «risque moyen».

Les obstacles au commerce

Près de 67 nouveaux obstacles au commerce ont été enregistrés en 2017. Ce qui porte le décompte total au nombre peu réjouissant de 396 obstacles existants, répartis entre 57 partenaires commerciaux différents dans le monde, relève la Commission européenne dans son rapport annuel sur les obstacles au commerce et à l’investissement, publié le 26 juin 2018.  Cela confirme l’inquiétante tendance protectionniste constatée au cours des dernières années. La Chine affiche la plus forte augmentation du nombre de nouveaux obstacles en 2017, suivie par la Russie, l’Afrique du Sud, l’Inde et la Turquie. Une hausse sensible des obstacles à l’égard des entreprises de l’UE dans la région méditerranéenne a été enregistrée. Le rapport signale aussi que près de 90 barrières protectionnistes ont été éliminées sous la Commission Juncker.

 

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