Economie

Plan national de l’eau: La grande inconnue du financement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5304 Le 29/06/2018 | Partager
Les PPP, scénario le plus probable mais sous des formules amendées
Usines de dessalement: Le rythme va s’accélérer
Les usagers devraient également mettre la main à la poche

On en sait un peu plus sur la facture du plan national de l’eau: près de 300 milliards de DH d’ici 2030. Il y a en revanche moins de certitude sur son montage financier. Le scénario le plus probable pointe vers le partenariat public-privé. Il faudra toutefois assouplir ce dispositif pour le réadapter aux attentes du secteur privé.

Le ministre des Finances, Mohamed Boussaid a déjà repéré 5 points qui ne fonctionnent pas et qui ont besoin d’être amendés. Sa collègue au gouvernement Charafat Afailal est catégorique: «le secteur privé est de plus en plus séduit par les investissements  dans les aménagements hydrauliques. Je reçois des fonds d’investissement qui souhaitent se lancer dans la construction des barrages et dans les usines de dessalement de l’eau de mer».

Cependant, la ministre ne peut pas aller au-delà à cause de la loi sur le PPP, en vigueur depuis trois ans, qui «n’est pas fluide», a noté l’invitée de l’association.  Selon Afailal qui était l’invitée de l’association Ribat Al Fath, présidée par Abdelkrim Bennani, ancien patron du secrétariat du Roi «il y a beaucoup de verrous qui doivent sauter pour mieux s’ouvrir au secteur privé».

La ministre est en revanche favorable à ce que les usagers mettent la main à la poche. «C’est la seule manière si on veut que la desserte en eau soit pérenne. C’est essentiel pour couvrir les frais d’exploitation», indique-t-elle. Toutefois, elle insiste pour que le débat sur ce volet du financement soit ouvert, loin de la polémique et des passions. Le département de l’eau ne peut pas se contenter de la construction des barrages.

Aujourd’hui, le dessalement de l’eau de mer est devenu une nécessité, «même si à chaque fois que la pluviométrie est généreuse, on range ce dossier» se désole Afailal. Pour elle, le littoral doit être desservi par l’eau produite par cette technologie. « Nous devons migrer progressivement vers cette technique. Nous sommes en train d’initier des projets dans ce sens», précise-t-elle.

Une étude stratégique du département de Charafat Afailal a permis d’identifier les différents projets potentiels de dessalement de l’eau de mer. Dans le cadre du projet de Plan national de l’eau, la capacité de production d’eau dessalée a été évaluée à près de 510  millions de m3/an à l’horizon 2030.

Au programme également, le renforcement de l’alimentation en eau potable d’Agadir et de l’irrigation de Chtouka Ait Baha. Ces travaux pilotés par le ministère de l’Agriculture et montés dans le cadre du partenariat public-privé mobilisent près de 2,5 milliards de DH. A Dakhla, une station de dessalement  destinée à l’irrigation sera réalisée pour 1 milliard de DH. Les travaux de construction devront démarrer fin 2018.

Pour Casablanca, Afailal mûrit l’idée d’une station pour un coût de 4 milliards de DH. La capacité de la nouvelle station, qui sera extensible, varie entre 300 à 400 millions de mètres cubes par an. La station doit être mise en service en 2025.

Car, à cette date, l’infrastructure actuellement en place pour l’alimentation en eau potable de la capitale économique va atteindre sa saturation. S’agissant de l’attractivité auprès du privé, des contacts sont annoncés auprès d’un investisseur chinois qui serait «prêt à construire 3 barrages et 2 stations de dessalement d’eau de mer par an».

Rattraper le retard dans les campagnes

Le ministère de l’Intérieur et le département de l’Eau ont développé un plan national pour l’assainissement pour le monde rural.  Le coût de ce plan est estimé à 43 milliards de DH. «Différents acteurs et départements interviendront dans le montage financier. Le projet a été soumis au chef du gouvernement. Nous attendons sa validation», a indiqué la ministre.

 

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