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Analyse

La polytoxicomanie en hausse

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5304 Le 29/06/2018 | Partager
Plus de 4,1% de la population marocaine de plus de 15 ans utilise différentes drogues
Des risques d'associations qui inquiètent l’ONU
Les femmes sont plus touchées par les troubles liés à l’addiction
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Les données relatives à l’état des lieux de l’usage des drogues au Maroc, présentées par le ministre de la Santé, montrent la persistance de la domination des substances classiques comme le cannabis et l’alcool. Mais la montée des produits de synthèse, particulièrement les psychotropes et les drogues dures, et les risques d’association de différentes matières, accentuent les risques sanitaires au sein de cette population vulnérable

Inquiétant. C’est le constat principal de la situation de la toxicomanie au Maroc. Pas moins de 800.000 personnes souffrent d’addictions à différentes sortes de drogues. Les chiffres annoncés par Anass Doukkali, ministre de la Santé, traduisent l’ampleur de la menace.

Le ministre, qui citait les résultats de la dernière enquête de terrain couvrant la période 2003-2006, a précisé qu’il s’agit de plus de 4,1% de la population marocaine de plus de 15 ans. Si l’utilisation du cannabis et des boissons alcoolisées reste dominante, avec 425.606 personnes, la hausse des addictions aux drogues dures constitue une véritable menace pour la santé publique.

Le département de tutelle a fait savoir que sur les 4,1% de la population souffrant d’addiction aux drogues, 0,18% utilisent des psychotropes et 0,04% optent pour les solvants. S’y ajoutent les toxicomanes consommant la cocaïne (0,05%) et les opiacés (0,02%).

Le dernier rapport de l’ONU sur les drogues a mis en garde sur le phénomène de la polytoxicomanie. Celui-ci «n’est pas nouveau. Mais du simple fait du nombre des substances proposées sur le marché et des différentes associations possibles, il représente aujourd’hui un risque encore plus grand», a alerté cette Organisation internationale.

Actuellement, plus de 29,5 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles liés à l’usage des drogues. Cette situation «risque de provoquer des complications au niveau de la santé publique, notamment avec la propagation des infections et de certaines maladies comme le Sida, l’hépatite C, les maladies sexuellement transmissibles, la tuberculose…», a expliqué Doukkali. Un constat confirmé par le rapport mondial sur les drogues.

Par exemple, en matière d’infection, le risque est plus élevé pour cette population vulnérable. «Chez les usagers de drogues, le nombre des décès imputables à l’hépatite C est plus élevé que celui des disparitions liées à d’autres facteurs liés à l’addiction», est-il indiqué. Idem, les toxicomanes sont «plus touchés par la tuberculose que la population générale».

Pour l’instant, le coût de la prise en charge des maladies causées par l’addiction et la toxicomanie n’est pas connue. Mais les risques restent énormes sur la viabilité des systèmes de protection sociale et sanitaire. Cela est particulièrement vrai pour certaines catégories fragiles. Les données mondiales montrent que «la charge de morbidité due aux troubles liés à l’usage de drogues augmente plus vite chez les femmes que chez les hommes».

Entre 2005 et 2015, elle a augmenté de 25% chez la première catégorie contre 19% chez la 2e. D’où l’importance d’éviter que cette population soit prise en charge, dans le cadre d’une stratégie globale, basée sur des interventions en amont et des diagnostics précoces. L’ONU est on ne peut plus claire dans ce domaine.

«Avant tout, il faudrait veiller à ce que le déploiement des mesures de prévention et de traitement ne fasse aucun laissé pour compte. Les interventions et services mis en place devraient être adaptés aux besoins particuliers des différents sous-groupes de la populations».

Parmi ces catégories vulnérables, la protection des jeunes contre les risques d’addiction est prioritaire. Surtout après la hausse considérable d’utilisation des drogues au sein des collèges et lycées.

Drogues et approche genre

La nouvelle stratégie de prise en charge des personnes souffrant d’addiction aux drogues devra prendre en considération la vulnérabilité de certaines catégories sociales. Il s’agit notamment d’opter pour une approche genre dans la lutte contre la toxicomanie. Certes, les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes par les troubles liés à l’usage de drogues. Mais «lorsqu’elles commencent à prendre des substances, en particulier de l’alcool, du cannabis, des opioïdes et de la cocaïne, les femmes ont tendance à augmenter plus rapidement leur consommation», selon le rapport mondial sur les drogues. Résultat: «les troubles liés à l’usage de ces produits sont susceptibles de se manifester plus rapidement chez elles que chez les hommes». D’où l’importance d’interventions ciblées, dans le cadre d’un plan global. Ceci est d’autant plus important que les tendances à l’international sont de plus en plus inquiétantes.

 

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