Régions

Noyades dans les retenues des barrages: Une campagne de sensibilisation depuis Taounate

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
Des spots publicitaires, panneaux signalétiques et dépliants…au menu
Un bilan dramatique en 2017: pas moins de 30 morts dans le bassin du Sebou
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«Les fonds des lacs et barrages contiennent de la boue et des obstacles naturels qui réduisent les chances de survie en cas de noyade», alerte Charafat Afilal, Secrétaire d’Etat en charge de l’Eau (Ph YSA)

Sensibiliser aux risques de noyade dans les retenues de barrages et lacs. C’est le cheval de bataille de Charafat Afilal durant cette période estivale. Ainsi, la Secrétaire d’Etat chargée de l’Eau vient de lancer, depuis la commune d’Ouled Ayad (province de Taounate), une campagne nationale de sensibilisation aux dangers des baignades dans les retenues des barrages.

Sous le thème «ne risquez pas votre vie, la baignade dans les lacs des barrages est un danger», le coup d’envoi a été donné aux abords du barrage Idriss 1er. Ce choix n’est pas fortuit car le bassin du Sebou est le plus important en termes de ressources en eau (30% des ressources nationales).

Disposant de plusieurs aménagements hydrauliques à l’instar des barrages Al Wahda, Idriss 1er, Sidi Chahed, Allal Al Fassi, Bouhouda, Bab Louta, et le bassin de compensation Matmata, le Sebou doit satisfaire les besoins d'une population de 6,2 millions d'habitants, urbaine à 50%. «Ce bassin a malheureusement enregistré le taux le plus élevé de noyades lors de la saison estivale 2017.

Au total, 30 personnes ont trouvé la mort, l’été dernier, dans les retenues des barrages relevant du bassin de Sebou»,  explique Afilal. Pour endiguer ce phénomène, le département de l’Eau met le paquet sur la sensibilisation. Surtout dans les régions qui n’ont pas une ouverture sur la mer, et où les paysages des barrages donnent envie de nager, mais recèlent des risques pouvant coûter la vie aux baigneurs.

Car, ces derniers ne savent pas que les berges ne sont pas aménagées pour faciliter l’accès à l’eau. En outre, la profondeur des eaux atteint 100 mètres et l’accumulation de la vase sur les berges et au fond des retenues représente elle aussi un danger. A ces risques s’ajoute la présence de courants pouvant emporter plusieurs baigneurs à la fois.

En outre, les barrages sont gérés de manière à satisfaire les besoins en eau potable, l’irrigation et la production de l’électricité, ce qui peut créer des turbulences et des courants d’eau difficiles à surmonter, même par les nageurs les plus avertis. Les opérations de secours sont par ailleurs difficiles à mener sur ces sites.

En tout cas, afin d’éviter la perte de vies humaines, Afilal alerte. «Mobilisant un budget de 5 millions de DH, cette initiative vise à sensibiliser, les populations avoisinant les retenues des barrages et les citoyens qui s’y rendent pour la distraction ou le tourisme, aux risques potentiels des noyades», souligne la responsable gouvernementale.

Elle mène son action tambour battant en associant autorités, élus, protection civile, et ONG. A noter enfin que la campagne comprend des spots publicitaires, des caravanes de sensibilisation ciblant les souks et les centres ruraux, la mise en place de panneaux signalétiques au niveau des barrages, ainsi que la distribution d’affiches et dépliants mettant en garde contre les dangers de la baignade dans ces lieux.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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