Economie

Sardine: Surtout congelée et chouia… fraîche!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5302 Le 27/06/2018 | Partager
La moitié de la production de la pêche côtière traitée en congelé
Stagnation de la consommation directe à 25% des captures
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Depuis quelques années, l’activité de congélation n’a cessé de se développer. Ce procédé de valorisation porte désormais sur la moitié de la production commercialisée en petits pélagiques. Il permet ainsi l’exportation de plus de 650.000 tonnes de poisson par an

Attention!  La sardine  que vous consommez actuellement provient, pour l’essentiel, de la congélation. Certes, le procédé ne présente aucun enjeu sanitaire si le poisson est consommé le jour même après son nettoyage. Mais s’il est remis dans le congélateur pour une utilisation ultérieure, le risque augmente.

Il en est de même de l’apparition du sang sur les mâchoires du poisson, particulièrement la sardine. Contrairement à l’idée répandue, ce n’est pas un signe de fraîcheur mais un début d’altération. Le poisson frais se reconnaît en effet à sa texture ferme et à la clarté de ses yeux. Cette mise en garde s’impose dans la mesure où le secteur de la pêche côtière et artisanale est en phase d’opérer une mutation profonde.

Sur les dernières années, la congélation est devenue la principale destination des débarquements des pélagiques.  En 2017, l’activité a accaparé la moitié des produits commercialisés avec un volume de 657.140 tonnes. Et à fin mai dernier, sa part a représenté 45,2% à 203.160 tonnes. Ceci, bien que la campagne de la sardine ne démarre réellement qu’à partir du mois de juillet pour s’étendre jusqu’au mois de décembre.

En revanche, la consommation directe a porté sur des quantités négligeables: 1.240 tonnes ou 0,28%, selon les données de l’Office national des pêches (ONP). La même source indique que le secteur de la conserve de poisson a prélevé près de 105.000 tonnes, soit une part de 23,3%.

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La répartition par destination révèle la part dominante de la congélation. Bien qu’en retrait de 8% sur les 5 premiers mois, le volume capté par l’activité s’est établi à 203.160 tonnes sur un total de 449.115 tonnes 

Conjuguée à l’ampleur de l’intermédiation, la forte baisse de l’offre explique la cherté du poisson. Ceci, sans oublier l’export qui porte annuellement sur 660.000 tonnes, constituées essentiellement du poisson pélagique. Sur un total de 1,3 million de tonnes, l’année passée, le poisson blanc n’a représenté que près de 70.000 tonnes et les céphalopodes 46.500 tonnes. Autrement dit, pas moins de 1,2 million de tonnes relèvent des petits pélagiques.     

Sur les 5 premiers mois, les débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale ont chuté de 13% à 449.115 tonnes, indique l’ONP. Par contre, la valeur marchande s’est appréciée de 4% sur la même période: 3 milliards de DH.

Par produit, c’est le poisson pélagique (sardine, maquereau…) qui prédomine à hauteur de 88%. Le poisson blanc vient en deuxième rang avec 27.764 tonnes, suivi par les céphalopodes avec 20.450 tonnes. Alors que les crustacés interviennent pour 2.169 tonnes.   

La chute des captures provient surtout du littoral atlantique. Avec toutefois la percée de deux ports qui ont enregistré l’explosion de leurs débarquements.  Mois de ramadan oblige, Casablanca a vu le volume de ses débarquements réaliser un bond de 58% et celui d’El Jadida de 45%. Les chalutiers qui y débarquent viennent de plusieurs ports d’attache, constate un professionnel.

Indicateurs de la pêche

  • Côtière: 2.512 chalutiers (pêche fraîche ou réfrigérée) immatriculés dont 1.779 actifs
  • Hauturière: 454 navires (pêche réfrigérée ou congelée) immatriculés dont 320  opérationnels
  • Artisanale: 17.102 barques  immatriculées dont 16.330 actives
  • Réseau des villages de pêche et points de débarquement: 41 sites dédiés à la pêche artisanale
  • Environ 10 halles aux poissons nouvelle génération.

 

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