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Bac en poche, que faire? / Facs de droit: Un choix qui peut vous emmener très loin

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5301 Le 26/06/2018 | Partager
Même avec une moyenne modeste au bac, rien n’est perdu
Comptable, notaire, juge, cadre commercial, prof universitaire… de jolis débouchés
Un diplômé de droit en français vaut plus qu’un lauréat de l’Iscae ou de l’ENCG!
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Parmi les bacheliers de cette année, entre 85 et 90% s’orienteront vers les universités publiques. Sur cette part, plus de 9 sur 10 finiront par débarquer dans les facultés à accès ouvert. C’est-à-dire, celles de droit,  des lettres & sciences humaines et celles des sciences. En 2017-2018, ces établissements ont accueilli 87,2% de l’ensemble des étudiants universitaires. A elles seules, les facs de droit en ont reçu près de la moitié

Combien de fois a-t-on entendu cette phrase: «Je n’ai pas d’alternative, je m’inscris à la fac». Les facultés à accès ouvert, n’imposant pratiquement aucun critère de sélection, sont le premier refuge des nouveaux bacheliers. Le plus souvent, il s’agit d’un choix par défaut, que la majorité n’opère pas de gaieté de cœur, même si, en réalité, les débouchés peuvent être très alléchants.

Les facultés des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES), dites de droit, à elles seules, reçoivent la moitié des flux. Ce sont donc elles qui subissent le plus de pressions. Choisies faute de trouver mieux, surpeuplées (un siège pour 9 étudiants à Tanger), proposant souvent un enseignement en langue française alors que les étudiants sont plus arabophones, elles peinent à améliorer leur rendement.

Près de la moitié les quitte avant le Deug, et les 2/3 avant la licence. Une «sélection naturelle» s’opère pour ne garder que les plus motivés et les plus doués. Par ailleurs, environ le quart des lauréats se retrouve au chômage, selon les chiffres du HCP. C’est en fait de là qu’elles tirent leur réputation de «fabriques à chômeurs».

Cela dit, le fait d’atterrir dans une faculté de droit doit-il être, pour autant, considéré comme un échec? Loin de là. «Avec une moyenne modeste et un bon choix de parcours, on peut réussir sa vie universitaire et professionnelle», assure le président de l’université Mohammed V de Rabat, Abdelhanine Belhaj. «Les étudiants doivent être intelligents dans leurs choix et rester optimistes», conseille-t-il.

En effet, une multitude de parcours y sont proposés, dont certains sont très demandés sur le marché du travail. «Le parcours d’une personne n’est pas figé. Des étudiants moyens peuvent se transformer complètement dès qu’ils mettent les pieds à l’université, dont l’environnement peut être plus stimulant que le leur», témoigne, quant à lui, le doyen de la FSJES de Rabat-Agdal El Habib Eddaqqaq.

Au cours des dernières années, ces facultés ont enclenché une nouvelle dynamique, en se rapprochant des milieux économiques, en innovant, en intégrant des modules d’entrepreneuriat et de soft skills, et en s’ouvrant sur des partenariats avec des universités étrangères. Certaines, comme celle de Rabat-Agdal, ont même développé des cursus d’excellence très cotés.

«Nous formons des économistes, des gestionnaires, des comptables, des financiers, marketeurs, commerciaux, auditeurs… et ce sont des domaines demandés partout. Nous sommes également les seuls à former des juristes, qu’ils soient destinés au barreau, à la magistrature, au notariat…», relève Abdellatif Komat, doyen de la FSJES de Casablanca.

«Les banques et les assurances nous sollicitent souvent pour des conseillers juridiques et fiscaux. Aujourd’hui, un diplômé en droit, section française, vaut sur le marché plus qu’un lauréat de l’Iscae ou de l’ENCG», assure-t-il. Etant très peu nombreux, les diplômés du droit en français ne chôment jamais, et se voient ouvrir de larges perspectives, même à l’international. «Les juristes d’affaires, particulièrement, sont très recherchés», précise El Habib Eddaqqaq.

Des masters assez pointus sont aussi proposés. «Les lauréats des masters finance & banque, droit civil, notariat, commerce international… s’insèrent presque tous sur le marché de l’emploi», avance le doyen de la FSJES de Tanger, Mohamed Yahia.

Les facs de droit offrent une seconde chance à tous ceux qui n’ont pas pu s’insérer ailleurs, mais surtout une formidable opportunité de se spécialiser dans des métiers très valorisés dans la société: juge, avocat, notaire, enseignant-chercheur, cadre commercial, expert comptable, officier de police…  Le tout est de travailler sur soi-même, fournir plus d’efforts et persévérer sur le chemin de la réussite.

Des passerelles avec des écoles cotées

En s’inscrivant en fac de droit, en travaillant dur et en obtenant une bonne moyenne, il est possible de lorgner une place dans les célèbres écoles de commerce et de management publiques, à savoir l’Iscae et les ENCG. Ces établissements offrent des places, sur concours, pour les lauréats des facs de droit titulaires d’un Deug. C’est ce qu’ils appellent «les admissions parallèles». Ceux qui réussissent le concours peuvent accéder à la 1re année grande école de l’Iscae, ou à la 3e année de l’ENCG. Cela dit, le nombre de places disponibles est très limité et seuls les meilleurs sont pris.

 

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