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    Festival des Musiques sacrées: Des créations «magnifiques» pour revisiter la mémoire de Fès

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5301 Le 26/06/2018 | Partager
    Chants spirituels, réflexions et débats… valorisant les ancêtres
    Des voyages inédits lors de cette 24e édition, jusqu’au 30 juin

    Espaces d’émancipation, dialogue interculturel, chants spirituels et invocation. C’est le pari de la 24e édition du festival de Fès des Musiques sacrées du monde qui se poursuivra jusqu’au 30 juin, sous le thème «Savoirs ancestraux».

    Ainsi, les festivaliers ont l’occasion de côtoyer des maîtres de la pensée à l’instar d’Edgar Morin et Maati Kabbal, des architectes comme Salima Naji et Javier Galvan Guijo, ou encore des stars de la musique traditionnelle, à l’image de Jordi Savall, Jesus Mendez, Subhan Ahmed Nizami, offrant des spectacles merveilleusement agencés, et surtout un grand voyage à travers les musiques du monde.

    L’Economiste revient sur les grands moments des quatre premières journées du festival dans sa nouvelle version.

    ■ Une ouverture «magique et magnifique»

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    Quatre jours après le lancement par SAR la princesse Lalla Hasna de la 24e édition, les festivaliers sont toujours émerveillés par le spectacle d’ouverture. Une «magnifique» création qui a réuni des chanteurs, musiciens et danseurs… d’ici et d’ailleurs. Une fresque magique qui a fasciné un public averti, par son mapping, calligraphie, musicologie. Et cerise sur le gâteau, au moment où se dessinaient des roses sur les murs de Bab Makina, l’espace mythique a été envahi par l’odeur des fleurs. «C’est merveilleux et magique», commentent les VIP du festival.

     
    ■ Mettre en valeur le patrimoine ancestral

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    Entre progrès et traditions, Edgar Morin choisit les traditions. Pour le philosophe le plus aguerri de la planète (97 ans), «le renouveau de la médina de Fès représente un exemple admirable de créativité. C’est un trésor de savoirs ancestraux qui se sont enrichis au cours de l’histoire». Devant des écrivains, chercheurs et penseurs contemporains, l’hôte de marque du forum, qui a pris fin lundi, a recommandé la revalorisation «des trésors de l’humanité».  «Fès nous appelle à réfléchir sur l’importance et la nécessité de préserver ces trésors...», estime-t-il. «Les savoirs traditionnels ne signifient pas seulement héritages, patrimoines et connaissances, mais aussi des cultures, des pratiques, des expertises, des arts et des métiers qui façonnent des comportements quotidiens et des modes de vie et, surtout, des relations qui se transmettent de génération en génération», renchérit Driss Khrouz, directeur de la Fondation Esprit de Fès.

    ■ Les voyages d’Ibn Battuta redessinés par Jordi Savall

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    Les festivaliers n’étaient certainement pas de ce monde à l’époque du grand voyageur marocain Ibn Battuta (XIVe siècle). Toutefois, grâce au spectacle de Jordi Svall, dimanche soir à Bab Makina, et lundi au jardin Jnane Sbil, ils ont découvert une partie de son aventure en Inde, Chine, Europe et Moyen-Orient. «Ce concert est un voyage musical à travers l’itinéraire d’Ibn Battuta qui traversa plus de 120.000 kilomètres», explique Alain Weber, directeur artistique du festival. Avec son ensemble Hespérion XXI, Savall a emporté le public dans un voyage exotique sur les traces d’Ibn Battuta à travers la dernière création de ce concertiste polyvalent intitulée «Ibn Battuta voyageur de l’Islam». Poussant son œuvre vers toutes les limites de création, Savall s'est entouré de musiciens syriens, turcs, marocains, grecs, bulgares, arméniens, malgaches et espagnols, pour donner une fresque inédite, garnie d’extraits de l’exotique Rihla du globe-trotteur marocain. Selon les historiens, Ibn Battuta avait commencé son périple en 1325 à l’âge de 21 ans et parcouru le monde durant plus de 30 ans, allant de son Maroc natal jusqu’au fin fond de la Chine et dépassant les limites alors connues de l’Afrique.

    ■ Des spectacles à guichets fermés à Jnane Sbil

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    Riche programme du festival de Fès des Musiques sacrées du monde au jardin Jnane Sbil. Ainsi, l’espace vert le plus convoité de la ville a fait, dimanche, un saut dans le temps aux sons des chants des confréries italiennes de la Renaissance, avec Doulce Mémoire, équipe de musiciens et de chanteurs. Les festivaliers ont continué leur voyage le lendemain, grâce au projet Europe Créative «Orpheus XXI» de Savall. A 18h00, la troupe chinoise Liyuanxinlei devait se produire au sein du Riad Tazi. Héritière de l’Opéra du Sichuan, en tant que culture traditionnelle locale de cette province du sud-est de la Chine, elle est l’une des parties les plus importantes des opéras chinois. Liyuanxinlei Art troupe envoûtera les spectateurs. Et puis, coup d’envoi, hier 25 juin, des Nuits dans la médina avec Jesus Mendez , héritier de la dynastie gitane de la famille de la chanteuse “Paquera de Jerez”, Subhan Ahmed Nizami et Qawwals Bache Delhi Gharana de Karachi  (Pakistan), outre la danse dévotionnelle des Teratali (Inde).

    ■ Une course pour renforcer la cohésion sociale

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    Cette année encore, l’Association Fès-Saïss a réuni des athlètes de haut niveau et des amateurs lors de sa 6e course. Pas moins de 4.000 participants ont pris part, dimanche, à cette compétition de 10 kilomètres. Ils ont parcouru des espaces mythiques de la ville de Fès, dont les remparts, les ruelles de l’ancienne médina et les souks de la cité.
    Pour ses initiateurs, «cette course vise à renforcer la cohésion sociale et montrer les multiples facettes de la cité millénaire». Leur ambition est de faire du sport un catalyseur de l’attractivité touristique de la ville et un vecteur de développement socioéconomique de la médina.  

    ■ Le film «Fès ma belle, ma délicieuse» reçoit l’appui de l’IFF
    Jean-Claude Cintas a présenté, lundi, son nouveau film «Fès ma belle, ma délicieuse», à l’annexe de l’Institut français de Fès (Batha), en présence notamment du fondateur du festival des Musiques sacrées, Faouzi Skali, et le philosophe Edgar Morin. Sorti en édition DVD Collector (64 min avec livret de 12 pages inclus), ce film rend un hommage poétique à la médina de Fès. «Il ne s’agit pas d’un documentaire, mais bien d’un véritable film d’auteur poétique, que j’ai écrit et coréalisé avec Jean-Pierre Zirn», indique Jean-Claude Cintas.
    Cette fresque cinématographique de 64 minutes en 12 tableaux, – 12 stations en 12 chants poèmes –, allie déambulations poétiques et spirituelles dans les ruelles et impasses, ateliers d’artisans, souks, médersas, écoles, riads et palais de la médina de Fès, – aux 12 siècles d’existence –, saupoudrée de-ci de-là d’extraits de concerts.

     

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