International

Pétrole: Les investisseurs surveillent les réunions de l’Opep

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5298 Le 21/06/2018 | Partager
Elles s’annoncent tendues les 22 et 23 juin 2018 à Vienne
L’Arabie saoudite et la Russie veulent augmenter la production
Pénalisée, l’Iran ne pourra pas accroître ses extractions
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Les ministres de l’Opep sont arrivés à Vienne pour assister à des réunions qui s’annoncent tendues les 22 et 23 juin 2018. Lors de la réunion qui retient l’attention des investisseurs, l’Arabie saoudite et la Russie comptent persuader les principaux producteurs mondiaux d’augmenter leurs objectifs de production.

La position saoudienne est ambiguë. Jusqu’en avril, le ministre de l’Energie saoudien, Khaled al-Faleh, affirmait que le marché pouvait supporter des prix du baril plus élevés. Mais Riyad a soutenu le président américain Donald Trump lorsqu’il a décidé de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien et d’imposer de nouvelles sanctions au pays.

L’ambiance devrait être sous tension entre les 24 pays, qui représentent plus de 50% de la production mondiale de brut. Certains d’entre eux ne sont pas en mesure de relancer leurs extractions et s’opposent déjà à une révision des objectifs de limitation de la production fixés fin 2016 et valables jusqu’à fin 2018. Les géants russe (non membre de l’Opep) et saoudien (un des piliers de celle-ci) ont donc quelques jours pour convaincre le cartel et ses dix partenaires.

Au premier rang, l’Iran, qui voit d’un mauvais œil son rival régional saoudien exiger une révision qui risque de faire baisser les prix du pétrole. Pénalisée par les sanctions américaines, Téhéran ne pourra pas augmenter ses extractions. Une crainte qui a fait s’envoler les prix du brut début 2018.

Etablis fin 2016, les objectifs de baisse de production ont fait rebondir les prix de l’or noir (brièvement passé sous les 30 dollars début 2016 avant de dépasser les 70 dollars au deuxième trimestre 2018). Rappelons que suite aux événements liés au printemps arabe, le baril de pétrole avait flambé à plus de 125 dollars.

L’Iran, le Venezuela et l’Irak restent opposés à une hausse de la production, faute d’avoir la capacité de relancer leurs extractions. En Russie, les entreprises pétrolières privées ont de plus en plus de mal à justifier auprès de leurs actionnaires de retenir leurs extractions (et à ne pas profiter de la hausse des cours).

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), seuls quelques pays, l’Arabie saoudite, ses alliés les Emirats arabes unis et le Koweït, ainsi que la Russie, sont réellement en mesure d’augmenter leur production. Pour les autres, mieux vaut voir l’ensemble du marché retenir ses extractions pour vendre au prix cher leur production limitée.

L’hostilité commerciale entre la Chine et les Etats-Unis impacte aussi les cours du pétrole. Plusieurs études ont démontré une corrélation entre ces derniers et la croissance économique (cf. notre édition N° 5255 du 19/04/2018). «Les effets favorables du pétrole bon marché sur l’économie mondiale ne se feront paradoxalement sentir qu’après un certain redressement des prix. Et une fois que les pays avancés auront progressé davantage pour s’extraire de cet environnement à taux d’intérêt faibles», d’après les experts du FMI.

Les cours réagissent à plusieurs facteurs notamment géopolitiques et écologiques. Il existe cependant des différences entre les pays de la région Mena (qu’ils soient pays importateurs ou exportateurs). Pour le HCP, les prix à la pompe du gasoil restent fortement corrélés aux cours du pétrole (cf. notre édition N° 5297 du mercredi 20 juin 2018).

Aussi, les «importateurs ont tendance à augmenter relativement leurs achats quand les prix baissent et réduire leurs importations quand les prix augmentent. Les prix du raffiné sont ainsi déterminés sur les marchés internationaux et les prix à la pompe dépendent du taux de change du dollar et des coûts de revient des importateurs, des distributeurs, du stockage et des marges commerciales», indique le HCP dans sa note «Cours du pétrole et prix à la consommation des carburants».

F. Z. T. & M. A.

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