Economie

La croissance mieux que prévu... mais beaucoup d’incertitudes

Par Franck FAGNON | Edition N°:5298 Le 21/06/2018 | Partager
BAM a relevé sa prévision suite aux chiffres de la campagne agricole
Mais l’attentisme des opérateurs soulève quelques inquiétudes
Réunion BAM-CGEM-GPBM à la rentrée sur l’atonie du crédit
croissance_pib_098.jpg

La production céréalière dépasserait 98 millions de quintaux, ce qui a conduit BAM à rehausser de 0,3 point sa prévision de croissance en 2018 à 3,6%. Mais le sentiment de morosité reste fort et se traduit notamment par l’atonie du crédit bancaire

Bank Al-Maghrib a relevé ses prévisions de croissance de 0,3 point à 3,6% pour 2018 à l’issue du conseil de politique monétaire de juin. Mais il y a un sentiment de morosité et d’incertitudes qui planent sur la santé de l’économie.

Le surplus de croissance anticipé tient essentiellement à la prise en compte des chiffres de la campagne agricole. La production céréalière dépasserait 98 millions de quintaux. La Banque centrale avait bâti ses premières prévisions sur l’hypothèse d’une production de 70 millions de quintaux.

La croissance du PIB non agricole va retrouver un peu de vigueur à 3,2% en 2018. Cependant, le contexte de ralentissement de l’activité dans la zone euro, l’escalade des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et la répercussion sur les prix des matières premières et le commerce mondial assombrissent quelque peu l’horizon.

Au-delà des facteurs extérieurs, le mouvement de boycott à l’encontre de certaines entreprises vient altérer le climat ou du moins renforcer l’attentisme des opérateurs. Cela se ressent notamment au niveau de la demande de crédit.

«La reprise du crédit n’est pas encore solide, malgré les performances de certaines rubriques», observe Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. L’assouplissement monétaire de ces dernières années a peu d’effet sur la demande des entreprises. Après la réunion tripartite BAM-CGEM-GPBM en 2016 pour répondre à l’atonie du crédit, une autre du même type sera organisée à la rentrée.

«Nous allons voir ce que nous pouvons encore faire pour encourager la demande», a indiqué le wali de Bank Al-Maghrib tout en rappelant que le système bancaire a rempli plusieurs engagements qu’il avait pris en 2016. Les entreprises ont la possibilité depuis peu de connaître leur notation et les raisons du refus du crédit.

Les contrats d’accompagnement signés entre l’Amith et les banques sont en train d’être actualisés et des discussions sont en cours pour élargir ces accords aux secteurs BTP et Immobilier. Par ailleurs, dix comités régionaux TPME ont été mis en place, note la Banque centrale.

                                                                      

■ Inflation: Un choc temporaire
L’inflation s’établira en moyenne à 2,4% en 2018 selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib contre 0,7% en 2017. Elle s’écarte légèrement de la cible de la Banque centrale (autour de 2%), mais ne suscite aucune inquiétude. L’accélération de la hausse des prix depuis le début de l’année est en partie imputée au changement des pondérations de certaines rubriques de l’indice des prix à la consommation. La part des produits alimentaires et boissons non alcoolisées a reculé de 2 points à 37,3%. Au niveau des produits non alimentaires, la pondération de l’enseignement est passée de 3,9 à 6,3% et celle de la santé de 5,5 à 7,7%. Par ailleurs, la poussée des prix réglementés et des produits à prix volatils explique le regain de l’inflation. Ces effets devraient se dissiper en 2019 ramenant la hausse des prix à 1,4% en moyenne. L’inflation sous-jacente qui exclut les produits à prix volatils et les tarifs réglementés s’établira à 1,1% en 2018 puis 1,6% l’année suivante.  

■ Finances publiques: L’ajustement budgétaire plus lent
Après quatre mois, le déficit budgétaire s’est établi à 14 milliards de DH en hausse de 1,4 milliard de DH sur un an. Il devrait représenter 3,6% du PIB à la fin de l’année sous l’hypothèse de l’amélioration des recettes et de la maîtrise des dépenses. Cela représenterait une baisse de 0,2 point. Mais l’amélioration serait moins prononcée qu’anticipée puisque la loi de finances 2018 a prévu un déficit budgétaire de 3%.
 
■ Paiement mobile: Les opérateurs télécoms fixés en juillet
Après la première vague d’agrément, le Comité des établissements de crédit qui se réunira en juillet prochain pourrait octroyer de nouvelles licences d’établissement de paiement. Parmi les dossiers qui seront examinés figurent ceux des opérateurs télécoms. Quelques banques (BCP, BMCE Bank, CIH Bank, Crédit Agricole du Maroc) ont déjà décliné leurs solutions de paiement mobile. L’interopérabilité serait effective d’ici septembre.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc