Culture

Marrakech du Rire: L’équilibre financier reste très fragile

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5297 Le 20/06/2018 | Partager
Tout ce qui est dégagé est immédiatement réinvesti
Pour organiser trois grandes scènes francophone, arabophone et subsaharienne
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Pour Karim Debbouze, le MDR évolue positivement tant au niveau du nombre de scènes que de ses ouvertures à d’autres humoristes. Cette année, il met le paquet sur la scène africaine au vu des résultats plus que positifs enregistrés l’an dernier (Ph. L’Economiste)

Le festival du rire de Marrakech, ce n’est pas uniquement des spectacles, c’est aussi toute une production et une éclosion de talents. Le co-fondateur du Marrakech du Rire, Karim Debbouze, se dit fier de voir le festival grandir d’année en année et révéler les talents marocains et africains.

Pour lui, si les sponsors suivent, le festival pourrait encore se développer. En attendant, cette année, le MDR atteint pour la première fois un équilibre financier, mais il est encore si fragile face aux défis qui attendent chaque année l’équipe organisatrice.   

- L’Economiste: Quel bilan faites-vous de ces 8 éditions du festival et quelles en sont les nouveautés?
- Karim Debbouze:
Le Marrakech du Rire est un festival qui évolue positivement tant au niveau du nombre de scènes que de ses ouvertures à d’autres humoristes avec plusieurs scènes arabophone, francophone et subsaharienne. Nous avons réussi à devenir un pont entre les cultures, c’est ce qui nous a valu d’ailleurs d’être parrainés depuis l’année dernière par l’Organisation internationale de la francophonie. Et puis il y a cette Master Class qui nous aide à repérer des jeunes talents qui demain seront à leur tour sur la scène du Badiî comme c’est le cas d’Eko dont nous en sommes très fiers! En 8 ans, ce sont d’énormes pas franchis et le bilan ne peut être que positif! Pour preuve, le véritable engouement des Marocains autour du festival.    

- Sur le plan financier, le festival est-il devenu rentable?  
- Nous espérons atteindre l’équilibre cette année et ce serait la première fois, mais pour cela, malheureusement, il a fallu faire quelques concessions. Un festival coûte très cher à fabriquer, nous faisons travailler près de 700 personnes. Cela ne se construit pas en quelques jours. Donc oui, le financement est un équilibre fragile. Aujourd’hui, le Marrakech du Rire est un festival très attendu, le public est devenu très exigeant et nous nous devons d’être à la hauteur des attentes. Nous faisons de très beaux scores, avec des taux de remplissage à plus de 80% en moyenne mais cela ne peut couvrir les coûts d’un tel festival. Bien sûr, nous pouvons compter sur nos partenaires historiques, mais cela ne suffit pas. Depuis la première édition, 2M nous suit sur le gala et nous fournit l’ensemble des moyens techniques. Depuis trois ans, nous pouvons compter sur Orange, qui a compris à quel point l’humour était fédérateur, à quel point l’humour signifie le partage, à quel point les ondes du Marrakech du Rire étaient positives. Mais nous pouvons encore aller plus loin avec ce festival, ouvrir une branche anglophone, créer un carnaval à la manière de Rio, ce qui permettrait de donner un rayonnement encore plus fort à l’international. Vous savez, tout ce qui est dégagé est immédiatement réinvesti. 

- Comment motiver les entreprises pour qu’elles participent financièrement  plutôt qu’en contrepartie? Sont-elles sensibles aux retombées positives d’un tel événement à Marrakech?
- Nos intérêts sont communs. Nous avons besoin de financement et ils ont besoin d’audience. Et Dieu merci, jusqu’à présent nous avons pu les satisfaire et j’espère que cela continuera encore longtemps. En termes d’audience de l’année dernière, M6 a réalisé un record historique avec plus de 4 millions de téléspectateurs, passant devant TF1. Sur le plan des retombées, nous avons enregistré plus de 600 articles de presse, été à plusieurs reprises n°1 des tendances sur Twitter Monde, les équipes dirigeantes de Facebook se déplacent au Maroc pour voir le festival. Au-delà des audiences télévisuelles et d’un logo sur une affiche, nous racontons des histoires. Celle du Gala Afrika avec le soutien de  l’OCP et de la chaîne Edan TV et qui est reconduit cette année au Palais Badiî devant 4.000 personnes.  

- Le MDR reste encore jeune (8 éditions). Comment voyez-vous son évolution?
- Nous voudrions faire éclore plus de femmes sur scène. Elles sont difficiles à trouver et encore plus de talents marocains. Transformer l’essai sur la section cinéma du festival. Cette année, nous avons en avant-première mondiale la projection d’Indestructibles 2 de Disney au cinéma Le Colisée. Nous avons même réussi à décrocher la version arabophone, c’est juste incroyable! Je le dis haut et fort, il faut que les Marocains et les acteurs économiques de la ville de Marrakech et du Maroc nous suivent encore plus. Nous travaillons aussi pour le rayonnement de cette magnifique ville et de ce beau pays. Et je reste persuadé que l’impact à l’international peut être beaucoup plus important!

Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

 

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