Economie

Gasoil: La moitié du prix à la pompe constituée de taxes et marges

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5297 Le 20/06/2018 | Partager
Sur 10 DH le litre, 1,50 va aux distributeurs
Le constat d’une note que le HCP publie pour la première fois
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Les importateurs ont tendance à augmenter leurs achats  en fonction de la situation du marché. Ainsi les importations augmentent quand les prix baissent et vice versa. Les prix du raffiné sont déterminés sur les cours internationaux et les prix à la pompe dépendent du taux de change du dollar et des coûts de revient des importateurs, des distributeurs, du stockage et des marges commerciales

Les prix à la pompe du gasoil restent fortement corrélés aux cours du pétrole. C’est le constat que dresse le HCP dans une brève interne qu’il diffuse pour la première fois. L’analyse se base sur la collecte de données auprès d’un échantillon représentatif de stations au niveau de chaque ville. Et les structures des pondérations ont été actualisées à la lumière des résultats de l’Enquête nationale sur la consommation et les dépenses des ménages.

Il en ressort qu’en  2016, les prix à la pompe du gasoil ont poursuivi leur tendance haussière, s’approchant de la barre des 10 DH à fin mai 2018, au lieu de 7, trois années auparavant. Avec une capacité de stockage des principaux distributeurs limitée (47 jours) et une raffinerie à l’arrêt, les importateurs  s’approvisionnent à 100 % sur le marché international.

Les prix du raffiné sont ainsi déterminés sur les marchés internationaux et ceux à la pompe dépendent du taux de change du dollar et des coûts de revient des importateurs, des distributeurs, du stockage et des marges commerciales.

Selon les opérateurs du secteur, les prix de vente du gasoil sont constitués à hauteur de  50% du coût d’achat, 35% de taxes et 15% de marges commerciales. C’est quasiment 1,50 DH le litre. C’est énorme! Si l’on tient compte des volumes consommés qui se chiffrent par centaines de milliers de tonnes.

Les prix à la consommation du gas-oil, élaborés par le HCP, deviennent très corrélés à partir de 2016 aux cours mondiaux du Brent (93 %), tandis que leurs variations le restent  moins (90%). Les hausses et les baisses des prix du raffiné importé sont répercutées à la pompe, avec un décalage de 15 jours, mais cependant pas avec la même ampleur.

Ce décalage tient compte du temps nécessaire pour le transport, le stockage et la distribution. Les baisses et les hausses des cours des produits raffinés ne se répercutent pas exactement sur les prix à la pompe.

L’évolution des prix des carburants entre 2007 et 2017 s’est caractérisée par trois phases principales. La première avant 2011 a été marquée par une croissance modérée de 0,4%. La seconde phase de 2012 à 2014 a connu une hausse moyenne de 8,3 % des prix des carburants et la troisième qui démarre en 2015 s’est distinguée par des fluctuations plus accentuées.

Depuis l’année 2016 (date de libéralisation totale) les prix moyens des carburants ont augmenté de 9,1 % par an. Dans leur sillage, les prix à la consommation de l’électricité ont enregistré des augmentations plus marquées à partir de 2014, suite à l’entrée en vigueur du contrat programme de l’ONEE.

Au cours de la période 2014-2017, la hausse  moyenne annuelle des prix à la consommation de l’électricité a atteint 3,7 %. En revanche, l’évolution des prix à la consommation du gaz butane est restée relativement stable en raison du soutien apporté à ce produit.

 

 

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