Economie

Travail dangereux: Deux mineurs sur trois en activité

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5296 Le 19/06/2018 | Partager
Le BTP, l’industrie, les services et l’agriculture, les champions
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Le travail dangereux des enfants est beaucoup plus un phénomène urbain. Il est exercé à hauteur de 92% dans le BTP et l’industrie (84%). Ce sont les régions à forte urbanisation qui concentrent les taux les plus élevés (Ph. Al. Nasser)

Des avancées certes, mais le travail des enfants (moins de 15 ans) reste alarmant. En 2017, pas moins de 247.000 exerçaient une activité, selon le HCP. Sur ce chiffre, le travail à caractère dangereux concernait  162.000 mineurs (âgés de 7 à 17 ans). C’est-à-dire 2 enfants sur 3 qui travaillent seraient directement exposés à un travail dangereux.

Plus que le travail des mineurs (qui évite à certains de sombrer dans la délinquance et la pauvreté), c’est le contenu de l’activité lui-même qui pose problème. Les mineurs  astreints au travail dangereux sont à 76,3% ruraux, 81% masculins et à 73% âgés de 15 à 17 ans. Néanmoins ces chiffres doivent inquiéter. Car par le passé, le travail des enfants, dans le sens le plus large, s’apparentait surtout avec l’apprentissage d’un métier.

Il prédominait dans les secteurs de l’artisanat, du commerce et de la mécanique. Aujourd’hui, il a gagné le BTP (92% des enfants) et l’industrie (84%).    
Le monde rural concentre la moitié des enfants qui exercent un travail dangereux. C’est la conséquence de la pauvreté plus répandue que dans les centres urbains.

Quatre régions abritent 70% des enfants astreints à ce type de travail. Casablanca-Settat vient en tête avec 25,3%, suivie de Marrakech-Safi (20,3%), puis Rabat-Salé-Kénitra (12,7%) et enfin la région de Fès-Meknès avec 11,7%.
Par ailleurs, 10,6% des enfants exerçant un travail dangereux sont en cours de scolarisation, 81,4% ont quitté l’école et 8% ne l’ont jamais fréquentée.

Le travail dangereux reste concentré dans certains secteurs économiques et diffère selon le milieu de résidence. En zones rurales, les enfants exerçant un travail dangereux se retrouvent en particulier dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche (82,6%).

Dans le milieu urbain, ils sont  en revanche, dans les services (52,7%) et l’industrie y compris l’artisanat (32%).

La nomenclature de l’OIT

La Convention n° 182 de l’OIT, relative à «l’interdiction des pires formes de travail des enfants l’action immédiate en vue de leur élimination», définit le travail dangereux pour les enfants comme étant susceptible de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité des enfants. Cette convention, adoptée par le Bureau international du travail en 1999 et entrée en vigueur en 2000 a été ratifiée par le Maroc en janvier 2001.  
Il s’agit notamment de tous les travaux effectués par les enfants dans les mines, les champs, les usines ou leurs propres familles, susceptibles de les exposer à des risques physiques ou psychologiques. Sont cités parmi ces risques, le contact avec les pesticides ou d’autres substances toxiques, les lourdes charges  et les horaires exténuants. Au total, sur 1,6 milliard d’enfants vivant dans le monde, 73 millions vivent d’un travail dangereux selon les statistiques des Nations Unies
Le  travail dangereux demeure l’apanage de certains statuts professionnels et diffère selon le milieu de résidence. Dans le monde rural, 73,3% des enfants exerçant ce type d’activité sont aides familiales et 19,6% salariés. En milieu urbain, 43% des enfants sont salariés, plus du tiers (34,6%) apprentis et 18,8% aides familiales.

Méthodologie

L’Eenquête du HCP sur l’emploi se base sur un échantillonnage de 60.000 ménages dont 20.000 ruraux. Elle est réalisée par la collecte des données sur le terrain: interview directe des familles par le personnel régional du Haut Commissariat au Plan. La durée d’exécution des travaux sur le terrain: collecte est étalée sur toute l’année. L’enquête  est menée par le système de collecte assistée par ordinateur (CAPI).

 

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