International

Alliance entre Carrefour et Google sur le digital

Par L'Economiste | Edition N°:5295 Le 18/06/2018 | Partager
Les consommateurs pourront effectuer leurs courses à la voix via Google Home, ou sur smartphone
Une réponse à l’accord entre Casino et Amazon, signé en mars dernier
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Sébastien Missoffe, directeur général de Google France, et Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, s’allient pour s’imposer dans le e-commerce alimentaire (Ph. Carrefour)

Carrefour prend définitivement le virage du digital. En effet, le groupe français a annoncé, lundi dernier, un partenariat avec le géant américain Google.

L’accord comprend un programme de formation aux nouvelles technologies, destiné à 1.000 collaborateurs de Carrefour; et la création, dès cet été, d’un Lab d’innovation à Paris, où les ingénieurs des deux entreprises travailleront conjointement pour développer de nouveaux services à la consommation, notamment à travers l’intelligence artificielle.

L’accord donnera également la possibilité aux utilisateurs français d’effectuer leurs courses via l’Assistant Google sur smartphone, les enceintes connectées telles que Google Home, ou encore sur le Web via le site Google Shopping en France. Ce qui permettra de se faire livrer directement à domicile ou les récupérer en magasin.

Un partenariat dont se félicite Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, rappelant que «c’est la première fois que Google s’engage avec un distributeur pour développer une offre de e-commerce alimentaire en Europe. Les deux groupes approfondissent ainsi les liens tissés entre eux depuis plusieurs mois.»

En effet, les deux groupes collaborent déjà dans le cadre de «Léa», une assistante vocale Carrefour qui se base sur le service Assistant de Google. Grâce à ce dispositif, le consommateur peut gérer une liste de courses, ajouter des produits à son panier ou encore obtenir des informations sur les magasins aux alentours, le tout via la voix.

L’accord s’inscrit dans le plan Carrefour 2022, dévoilé en janvier 2018. L’enseigne française a en effet annoncé vouloir accélérer sa digitalisation et s’imposer comme une référence dans la vente en ligne. Le groupe vise ainsi les 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2022 dans le e-commerce alimentaire.

Pour y arriver, Carrefour a multiplié les initiatives. Le groupe a ainsi lancé Carrefour Pay, sa plateforme de paiement mobile. Il a déployé une blockchain (une base de données collaborative et infalsifiable) pour assurer la traçabilité de ses produits. Enfin, il a conclu un partenariat avec le leader chinois du digital Tencent. Objectif: devenir un acteur omnicanal de référence dans la grande distribution mondiale.

Il va sans dire que la concurrence s’annonce rude. Plusieurs rivaux de Carrefour ont également enclenché leur transition digitale. Parmi eux, Auchan, qui s’est allié avec le géant chinois du commerce en ligne Alibaba, ou encore le groupe Casino avec l’Américain Amazon, signé en mars dernier. Ces derniers prévoient ainsi d’installer prochainement une boutique en ligne Monoprix sur la plateforme en ligne américaine, à destination des clients parisiens du service Amazon Prime Now.

Pour autant, la digitalisation ne vient pas sans difficultés. Toujours dans le cadre du plan Carrefour 2022, le PDG du groupe avait également annoncé des économies de 2 milliards d’euros, qui ont déjà provoqué la fermeture de 243 magasins et la suppression de près de 2.000 postes. Le groupe est depuis en proie à des mouvements de contestations réguliers en France.

Rappelons qu’au Maroc, l’enseigne Carrefour détient 7 hypermarchés et près d’une soixantaine de supermarchés Carrefour Market, exploités par la société marocaine Label’Vie. La firme marocaine a réalisé 8,2 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2017, soit une hausse de 12% par rapport à l’année précédente.

R.G.

 

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