Entreprises

Industrie pharmaceutique: La logistique, principal frein à l’export en Afrique

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5295 Le 18/06/2018 | Partager
La RAM appelée à contribuer à l’organisation du transport
L’harmonisation des réglementations, un défi de taille
Le Maroc candidat pour abriter l’African Medicines Agency
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Selon Abdelghani El Guermaï, président-fondateur de Galenica, la solution pour organiser le fret vers le marché africain serait d’organiser des commandes groupées dans le cadre d’une plateforme à Casablanca (Ph. L’Economiste)

La logistique et la réglementation sont les deux principaux freins à l’export pour les industriels du médicament marocains vers les marchés africains. C’était l’un des messages forts lors d’une récente rencontre des diplomates africains avec les laboratoires Galenica.

Cette réunion, qui s’est tenue mardi 12 juin, à Casablanca, était l’occasion pour une dizaine d’ambassadeurs africains de s’exprimer sur les entraves à l’export pour l’industrie pharmaceutique. «L’objectif de cette réunion est de faire le point sur les réalisations et les difficultés afin de trouver les solutions adaptées en vue de dynamiser nos relations», souligne Abdelghani El Guermaï, président-fondateur des laboratoires Galenica.

Selon El Guermaï, les problèmes de lenteurs administratives ou encore les difficultés logistiques se posent pour tout le monde. Au total, une douzaine de laboratoires marocains sont implantés en Afrique subsaharienne (des filiales de distribution, laboratoires…) et exportent essentiellement des génériques vers ces destinations. Le schéma logistique actuel est l’un des principaux problèmes auquel comptent s’attaquer les professionnels.

En effet, les médicaments exportés font escale en Europe avant de revenir vers les marchés africains cibles. «La RAM fait surtout du transport de passagers. Le fret ne fait pas partie de ses priorités», tient à préciser Ismaila Nimaga, ambassadeur de la République centrafricaine. Les participants ont appelé à une contribution de Royal Air Maroc pour la mise en place de lignes directes entre Casablanca et les principales capitales africaines ou des hubs régionaux subsahariens.

«Les Etats africains ne sont pas tous organisés pour réceptionner, stocker et gérer les médicaments qui sont des denrées périssables», renchérit El Guermaï. Selon lui, la solution serait d’organiser des commandes groupées dans le cadre d’une plateforme à Casablanca.

L’harmonisation des réglementations est un autre défi auquel il va falloir faire face. Le projet de création de l’African Medicines Agency (AMA) devrait contribuer à régler ce problème. Ce projet, lancé par l’OMS et l’Union Africaine, en est aujourd’hui à ses phases finales.

«Il s’agit d’un organisme supra-étatique composé des différentes autorités sanitaires de chaque pays», explique Salim El Guermaï, DG de Galenica. L’enjeu étant d’unifier les législations en matière de santé et de médicaments. Le Maroc est d’ailleurs candidat pour abriter le siège de cette nouvelle instance (aux côtés de l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Algérie et l’Ethiopie). «Galenica soutient la candidature du Maroc pour accueillir cette structure», confie Salim El Guermaï.

 

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