Dossier Spécial

Coupe du monde Russie 2018: Le Maroc prêt à grandir

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5294 Le 14/06/2018 | Partager
Les Lions de l’Atlas veulent passer au second tour
Ils devront se défaire de l’Iran et assurer au moins le nul face au Portugal et à l’Espagne
L’équipe dispose de nombreuses qualités
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A quelques changements près, l’équipe des 11 titulaires qui devraient commencer la compétition contre l’Iran (Ph. FRMF)

Les choses sérieuses commencent. Après 5 rencontres amicales sans la moindre défaite (4 victoires et un nul), l’équipe nationale fait son entrée en lice dès demain dans la compétition face à l’Iran à Saint-Pétersbourg. Et pour cette 5e participation à une Coupe du monde de football, les Lions de l’Atlas sont déterminés à ne pas faire que de la figuration.

Conscients de leur qualité, les Lions de l’Atlas ont repris confiance, eux qui n’ont plus connu le goût de la défaite depuis plus d’un an, aidés par une génération talentueuse, peut-être la plus talentueuse de l’histoire du pays, avec des joueurs qui évoluent dans les meilleurs clubs de football de la planète. Ce qui est de bon augure pour la compétition.

L’équipe nationale dispose en effet de nombreux atouts. Une défense de fer qui n’a pas encaissé le moindre but durant toute la campagne des éliminatoires pour cette Coupe du monde. Aucune équipe parmi celles engagées dans la compétition n’a fait mieux.

Emmenée par Mehdi Benatia, pensionnaire de la Juventus de Turin et auteur du but de la victoire face à la Côte d’Ivoire lors du dernier match qualificatif pour la Russie, l’équipe a réussi à sortir d’un groupe qui est loin d’être facile puisqu’il comprenait, outre les Eléphants ivoiriens, les onze malien et gabonais.

Pour mener la mission de passer au second tour au mondial, les Lions de l’Atlas pourront compter, en plus du Capitano, sur Romain Saïss en charnière centrale ainsi que sur la révélation du Real Madrid Achraf Hakimi, qui fait partie des 7 plus jeunes joueurs de cette Coupe du monde, et sur Nabil Dirar, le meilleur ailier droit qu’a connu l’équipe nationale depuis des décennies qui joue en Turquie à Fenerbahçe. Sans oublier le gardien Munir El Kajoui, qui s’illustre avec son club de Numancia.

Autre atout de taille pour le onze national, un milieu de terrain assez solide et talentueux avec des éléments qui allient jeunesse et expérience. Si l’expérience et la maîtrise sont exprimées par des joueurs comme Karim Al Ahmadi et Mbarek Boussoufa, la technicité et la folie le sont par Younes Belhanda et surtout Hakim Ziyech, qui a été désigné meilleur joueur du championnat néerlandais, lui qui évolue à l’Ajax d’Amsterdam.

L’attaque de l’équipe nationale n’est pas non plus à prendre à la légère. Si ce n’est pas le principal point fort de la sélection, elle doit être prise au sérieux, notamment avec Ayoub Al Kaabi, qui n’est autre que la révélation du dernier Championnat d’Afrique des nations qui s’est déroulé dans le Royaume et qui s’est ponctué par la victoire de l’équipe nationale des joueurs locaux. L’attaque est également composée de Khalid Boutaïb (Malatyaspor), d’Aziz Bouhaddouz (FC Saint Pauli) et de Youssef En-Nesyri (Malaga).

L’équipe nationale dispose d’un autre atout en la personne de Amine Harit. La pépite de Schalke 04 s’est illustrée avec son club tout au long de la saison décrochant au passage le titre de meilleur espoir du championnat d’Allemagne, rien que ça. Il s’est également montré à son avantage lors des deux derniers matches de préparation des Lions, démontrant ainsi tout son talent.

Il ne faut pour autant pas oublier le taulier Nordin Amrabat qui évolue au club de Leganès. Expérimenté, le joueur de 31 ans peut faire la différence en un contre un et sait temporiser le jeu. Ce qui convient parfaitement au jeu que veut développer le sélectionneur national.

Justement, Hervé Renard est le principal atout de cette équipe. C’est lui qui a su et pu créer ce groupe. Depuis sa prise de fonction le 16 février 2016, Renard réussit ses débuts avec la sélection nationale avec deux victoires consécutives face au Cap-Vert qui ont permis la qualification à la CAN 2017.

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Le Maroc va entamer vendredi 15 juin son premier match de la Coupe du monde de Russie. C’est la 5e participation de l’équipe nationale à un mondial. Le palmarès du pays dans cette compétition n’est pas négligeable

Une compétition dans laquelle l’équipe a impressionné en dépit de l’absence de nombreux joueurs clés pour cause de blessure (Boufal, Belhanda, Amrabat, Taarabt..) réussissant à sortir le tenant du titre, la Côte d’Ivoire, et de passer en quart de finale, après plus d’une décennie de malédiction. Fort de ces acquis, Hervé Renard a réussi à créer une cohésion dans ce groupe de joueurs et leur inculquer l’esprit d’équipe ainsi que la grinta.

Ceci dit, le onze national n’aura pas la tâche facile. Bien au contraire, il est situé dans le groupe le plus difficile de la compétition, et dans lequel il fait figure de petit poucet compte tenu de son classement Fifa (41e). Engagé dans le groupe B, il devrait, s’il veut avoir des chances de passer au second tour, impérativement battre l’Iran en match d’ouverture et faire au moins match nul face au Portugal et à l’Espagne, considérés comme les deux ogres du groupe. Le Maroc sera-t-il capable de rééditer l’exploit de 1986 où il avait été le premier pays africain et arabe à réussir à passer en huitième de finale après sa victoire 3 à 1 contre le Portugal et ses matchs nuls face à l’Angleterre et à la Pologne.

Justement, l’histoire du Maroc en Coupe du monde remonte à 1970. Le Royaume est ainsi parvenu à décrocher son ticket pour le mondial 70 au Mexique pour devenir la seconde nation africaine à se qualifier pour une Coupe du monde sous la houlette du yougoslave Blagoja Vidinić. Cette campagne s’était soldée par deux défaites et un match nul. Ce n’est que 16 années plus tard que le Maroc a pu retrouver la plus importante compétition footballistique du monde toujours au Mexique.

Emmenée par le Brésilien José Faria, cette génération de joueurs parmi lesquels Aziz Bouderbala, Merry Krimau, Abdelmajid Dolmy, Baddou Zaki, ou Mohamed Timoumi, a plus qu’honoré le football marocain. 8 années plus tard, l’équipe nationale entraînée par Abdellah Blinda s’offre une petite virée au Etats-Unis pour la Coupe du monde 1994 où elle s’est faite sèchement éliminée au premier tour.

Mais le Mondial 1998 en France restera, pour bon nombre de Marocains, le mondial de la déception puisque l’équipe nationale, entraînée à l’époque par Henri Michel, est sortie au premier tour malgré un parcours brillant gâché par une défaite contre le Brésil, et pourtant la génération Bassir et Hadji s’était bien battue.

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