Régions

Salé/Eclairage public: L’avenant qui pourrait compromettre la SDL Sala Noor

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5294 Le 14/06/2018 | Partager
Ainsi que le projet pilote d'éclairage en LED lancé en 2015
Adopté par le conseil de la ville, l'avenant prévoit une baisse du montant du contrat de 30%

Le partenariat entre les communes et les sociétés privées n’a pas encore atteint un stade de maturité. La majorité des contrats, que ce soit en gestion déléguée ou dans le cadre d’une SDL, sont confrontés à des problèmes de gouvernance. C’est le cas de la SDL Sala Noor, fruit d’un partenariat entre la commune de Salé et la société Oksa ainsi que la Société d’investissements énergétiques (SIE).

Lancée en tant que projet pilote en 2015, tout a été fait pour que cette initiative devienne un modèle de partenariat entre les villes et les opérateurs privés en matière d’éclairage public. Mais 4 ans plus tard, une faille dans le contrat compromet l’avenir de cette expérience.

Il s'agit de divergences survenues entre les partenaires sur des clauses considérées déséquilibrées, et en faveur de la société Oksa, selon la commune. Pour pallier cette situation, un projet d’avenant de ce contrat (numéro 1), a été adopté dernièrement par les élus de Salé lors d’une session extraordinaire du conseil de la ville.

Parmi les nouvelles dispositions prévues, la réduction du montant forfaitaire accordé annuellement à la société prestataire qui descendra à 18 millions de DH contre 30 millions de DH auparavant, indique Mohamed Laalou, adjoint du maire de Salé. Pour ce dernier, cela n’aura aucun impact négatif sur l’investissement.

A ce titre, il signale que le nombre de lampadaires en LED à poser durant les 15 années du contrat va dépasser 20.000 contre 12.000 unités initialement programmées. D’autres dispositifs sont prévus dans le projet d’avenant visant à renforcer l’implication de la commune dans les prises de décisions concernant la gestion de la SDL: lancement d’appels d’offres, achats des équipements, gestion des RH….

Cela s’explique, selon la commune, par le bilan réalisé par l’opérateur dont les résultats restent en dessous des objectifs fixés par le contrat.

«Après 4 ans, l’économie en énergie réalisée ne dépasse pas 10%, alors que le prestataire avançait d’atteindre 14% à la fin de la première année du contrat et dépasser 20% l’année suivante, explique l’adjoint du maire. «Ce retard dans la réalisation des objectifs revient en grande partie au non respect des engagements de la commune prévus dans le contrat», précise une source de la société Oksa.

L'entreprise rappelle qu’avec l’ancien maire les conditions de travail étaient favorables ce qui a permis la mise en place de 6.000 lampadaires en LED. «Mais, depuis 2016, la société a commencé à faire du surplace par manque de moyens financiers, regrette notre source. Le montant versé par la commune s'est établi à quelque 12 millions de DH/an au lieu des 28 millions de DH prévus dans le contrat», explique le management. Cette baisse a été enregistrée avec l’arrivée de la nouvelle équipe dirigée par le PJD.

«Faute de moyens, aucun nouveau lampadaire n’a été posé depuis 2015 à ce jour», déplore notre source. Selon cette dernière, les montants versés par la commune, avec un retard de 4 mois, permettent à peine de payer les salaires du personnel et le gasoil. «La société veut qu’on lui avance de l’argent pour réaliser les travaux, ce qui n’est pas possible pour la commune considérée comme un établissement public», rétorque l’adjoint du maire.

Parmi les reproches de la commune figure également la mauvaise qualité des équipements dont particulièrement les lampadaires facturés par l’opérateur à des prix excessifs. Ce qui explique l’introduction d’un droit de regard de la commune à travers le projet d’avenant dans le processus d’adjudication des appels d’offres, lui permettant de contrôler la qualité des équipements à acheter par la société. Mais cette dernière rejette la responsabilité sur la commune.

Ce travail de contrôle devrait en principe être effectué par le comité technique et de suivi dont la création est prévue dans le contrat, rappelle notre source. Comment donc peut-on vérifier la qualité des lampadaires achetés en 2015, alors que les membres de ce comité viennent d’être désignés il y a quelques semaines? s’interroge-t-elle.

Avant de faire voter cet avenant par le conseil de la ville, il aurait été plus judicieux d’examiner au préalable en conseil d’administration de Sala Noor en vue d’aboutir à des compromis entre la commune et ses deux partenaires, conclut la source de la société. Une telle situation risque de mettre en cause l’approbation de cet avenant, ce qui pourra entrevoir un éventuel retrait d’Oksa de ce partenariat!

Taille du réseau

sale_ecliarage_094.jpg

L’avenue Al Massira située dans l’arrondissement Batana figure parmi les zones de la commune de Salé qui ont été dotées d’un réseau d’éclairage équipé avec des lampadaires LED (Ph. NEA)

Le réseau d’éclairage public de la commune de Salé est composé de plus de 43.000 lampadaires dont 13.000 en LED. Près de la moitié de ces derniers ont été posés par la SDL Sala Noor. Le capital de cette dernière est réparti entre trois actionnaires à savoir la commune de Salé (51%), le prestataire Oksa (48%) et la SIE.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc