Economie

Rabat et Abuja misent sur leurs complémentarités

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5293 Le 13/06/2018 | Partager
Les deux pays veulent un nouveau modèle de coopération Sud-Sud
Le projet de gazoduc aura un impact socioéconomique au niveau de toute la région
Lutte antiterroriste et déradicalisation au centre du partenariat
maroc-nigeria-093.jpg

 Le Maroc et le Nigeria sont impliqués dans la lutte antiterroriste au niveau du continent. Au-delà des actions militaires et sécuritaires sur le terrain, les deux pays veulent également immuniser les jeunes, en misant sur la formation des imams. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’apport du Maroc à travers l’Institut Mohammed VI des imams morchidine et morchidate, qui accueille plus de 200 étudiants nigérians (Ph. MAP)

Le renforcement de l’axe Rabat-Abuja est l’une des principales avancées de la politique africaine du Maroc, initiée par le Roi. Après plusieurs années de soutien à l’Algérie et au Polisario, dans le cadre de ce qui était connu comme l’axe Alger-Abuja-Pretoria, le Nigeria est en phase de devenir l’un des principaux alliés du Maroc au niveau du continent.

Depuis le retour du Maroc à l’Union africaine, les relations se sont améliorées avec ce géant africain. Le partenariat entre les deux pays est basé sur une logique win-win, avec des projets ayant des répercussions concrètes sur les citoyens de la région.
Les deux pays, grandes puissances régionales, veulent «créer un nouveau modèle de coopération Sud-Sud», selon la déclaration finale de la visite du président nigérian Muhammadu Buhari.

Au niveau économique, le projet de gazoduc, qui devra relier le Nigeria à l’Europe en passant par l’Afrique de l’Ouest et le Maroc, constitue «un véritable projet de développement socioéconomique pour cette région». Il permettra de «fournir de l’électricité aux pays de la sous-région et de créer des industries de fertilisants», est-il indiqué.

Dans cette nouvelle approche, Rabat et Abuja veulent étendre leur partenariat à de nouveaux secteurs. C’est le cas notamment du tourisme, de l’enseignement… comme l’a rappelé Saâdeddine El Othmani, lors de sa rencontre avec le président du Nigeria, lundi dernier, à Rabat. Face aux énormes défis auxquels l’Afrique doit faire face, le partenariat maroco-nigérian s’avère décisif.

Actuellement, «le Nigeria joue un rôle important dans l’instauration de la paix dans la région, compte tenu de sa puissance démographique et économique», a rappelé Habib El Malki, président de la Chambre des représentants, lors des discussions avec le chef d’Etat nigérian. La coopération entre les deux pays favorisera également une meilleure lutte contre les menaces sécuritaires.

Le communiqué conjoint, publié à l’issue de la visite de Muhammadu Buhari précise clairement que les deux chefs d’Etat «ont exprimé leur profonde préoccupation au sujet de l’extrémisme violent, du terrorisme et de la persistance des menaces à la sécurité en Afrique».

La coopération entre les deux pays dans ce domaine peut être d’une grande utilité face à l’ampleur des menaces. Rabat dispose d’une grande expertise en matière de traque des organisations terroristes, qu’elle partage avec les pays africains.

De son côté, le président nigérian a été félicité par le Souverain pour «son leadership dans l’initiative régionale contre le terrorisme dans la région du lac du Tchad». Les deux chefs d’Etat ont souligné dans la déclaration finale leur volonté de renforcer la coopération en matière de déradicalisation.

Ces efforts devront se poursuivre notamment via la formation des imams. Le président du Nigeria a effectué une visite à l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams morchidine et morchidate. Ce centre accueille plus de 200 étudiants nigérians.

Nourrir le continent

Au-delà des aspects économiques, la logique de complémentarité entre le Maroc et le Nigeria permettra de répondre à l’un des plus grands défis de l’Afrique. Il s’agit de nourrir le continent et assurer la sécurité alimentaire de ses habitants. Si le projet de gazoduc permettra aux pays de l’Afrique de l’Ouest d’avoir accès à l’électricité, l’implication du groupe OCP sera décisive pour le développement du secteur agricole dans cette sous-région. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’accord conclu entre l’OCP et l’association des producteurs et fournisseurs d’engrais au Nigeria. L’objectif est de lancer des investissements dans le domaine de production des fertilisants. Idem pour le récent accord signé devant les deux chefs d’Etat, portant sur la réalisation d’une plateforme chimique de base, destinée essentiellement à la production d’ammoniac. Une démarche qui confirme le rôle décisif du Maroc au niveau africain en matière de renforcement des capacités agricoles des pays de la région. Cela passe par la mobilisation des produits fertilisants, produits sur place, en vue d’améliorer le rendement des terrains agricoles.

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc