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    Espagne: Le socialiste Sanchez joue à l’équilibriste

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5286 Le 04/06/2018 | Partager
    Le nouveau chef de l’exécutif a renversé le vétéran Rajoy
    Un mandat qui s’annonce compliqué
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    Ayant prêté serment devant le Roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, Pedro Sanchez devra jongler entre ses différents soutiens pour former un gouvernement (Ph. AFP)

    Pedro Sanchez, le nouveau chef de l’exécutif espagnol, a prêté serment samedi 2 juin devant le Roi Felipe VI au palais de la Zarzuela, dans la banlieue nord-ouest de Madrid. Il prend ainsi la tête d’un gouvernement, après avoir renversé le conservateur vétéran, Mariano Rajoy, en faisant voter une motion de censure au Parlement. Un chapitre de l’histoire politique espagnole s’est donc refermé le week-end dernier à Madrid.

    Au pouvoir depuis décembre 2011, Rajoy, vétéran de la politique de 63 ans, avait survécu à plusieurs crises majeures, de la récession, dont il est sorti au prix d’une sévère cure d’austérité, aux mois de blocage politique en 2016 jusqu’à la tentative de sécession de la Catalogne l’an dernier.

    Le chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), économiste de 46 ans, sans expérience du pouvoir jusqu’ici, doit, lui, encore nommer les membres de son gouvernement et ce n’est que lorsque la liste sera publiée au Journal officiel qu’il pourra prendre ses fonctions. Lors de sa première prise de parole, Pedro Sanchez, 1,90 m et surnommé «le beau mec», a promis d’aborder avec «humilité tous les défis auxquels le pays fait face», en citant en particulier «l’urgence sociale» face au chômage qui mine toujours l’Espagne, malgré son insolente reprise économique.

    Mais avec une majorité hétéroclite, 84 députés socialistes sur 350 élus à la Chambre basse du Parlement, adossée à une coalition allant de la gauche radicale Podemos aux indépendantistes catalans et aux nationalistes basques du PNV, Sanchez devra démontrer qu’il peut gouverner. Afin de convaincre ses alliés, il a dû consentir de larges promesses.

    Au  parti basque, il a assuré qu’il ne toucherait pas au budget voté la semaine dernière et qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. Il a en outre promis aux indépendantistes catalans de «jeter des ponts pour un dialogue» avec le gouvernement régional de Quim Torra. Ce dernier, dont le gouvernement a également prêté serment samedi, à Barcelone, a aussitôt appelé le nouveau chef de l’exécutif espagnol à des pourparlers.

    «Pedro Sanchez, parlons, occupons-nous du problème, prenons des risques, vous et moi», a déclaré Quim Torra. «Nous devons nous asseoir à la même table et négocier, de gouvernement à gouvernement. La situation dans laquelle nous nous trouvons ne peut continuer, même pas un jour de plus», a poursuivi le chef des indépendantistes.

    Des alliés de circonstance qui ont d’ailleurs tous souligné que leur vote contre Rajoy n’était pas un chèque en blanc. Podemos a déjà réclamé d’entrer au gouvernement et les observateurs n’excluent pas le recours à des élections anticipées. Le nouveau chef de l’exécutif avait déjà mené son parti à deux défaites électorales cuisantes en 2015 et 2016.

    Contraint à la démission par l’appareil du PSOE, il a été remis en selle par les militants avant de tenter, cette fois avec succès, un coup de poker politique.

     

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