Régions

Une nouvelle escroquerie Omra à Marrakech

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5282 Le 29/05/2018 | Partager
Un prestataire clandestin laisse au sol 300 pèlerins et prend la poudre d'escampette
Une nouvelle arnaque et des voyagistes illégaux qui entachent la profession
L'ARAVMS demande plus de mobilisation pour une lutte efficace contre l'informel
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Avi Marrakech a vendu pour une valeur de 5 millions de DH des packages Omra de ramadan et a pris la poudre d’escampette. Les victimes n’ont pas pu se rendre à la Mecque. De nouvelles victimes qui s'ajoutent à la longue liste des personnes déjà flouées (Ph L'Economiste)

De nouveau, une affaire d’arnaque et d’escroquerie pour l’Omra de Ramadan (petit pèlerinage) éclate dans la ville ocre. Alors qu’ils s’apprêtaient à prendre le bus vers Casablanca pour s’envoler à La Mecque, une trentaine de futurs pèlerins de Marrakech se sont retrouvé au commissariat la semaine dernière.

Et pour cause, le bus a été arrêté par 75 victimes de la même entité organisatrice du voyage. Il s’agit d’Avi Marrakech, dirigée par un marocain associé à deux Saoudiens. L’entité n’est pas une agence de voyages et n’a toujours pas de licence même si elle a déposé un dossier auprès de l’autorité compétente.

Nonobstant cette règle qui dit que toute agence de voyages ne peut démarrer ses activités qu’une fois autorisée, Avi Marrakech a vendu pour une valeur de 5 millions de DH des packages incluant le visa, l’aérien et les prestations terrestres pour 300 personnes. Aucune d’elle ne pourra se rendre cette année à La Mecque puisque le propriétaire de l'agence qui devait obtenir leurs visas et assurer leur séjour a pris la poudre d'escampette.

C’est contre ce genre d’arnaque que lutte l’Association régionale des agences de voyages de Marrakech/Safi (ARAVMS). «Nous recommandons toujours une plus grande vigilance pour éviter les éventuelles «escroqueries» dont ils pourraient faire les frais.

Au cas où ils ne s’adresseraient pas à des professionnels du voyage habilités à commercialiser la destination saoudienne »  indique Taoufik Madih, président de l’ARAVMS. Cette fois-ci, l’association a décidé de frapper fort. Elle vient d’entreprendre une action en justice contre Avi Marrakech pour exercice illégal du métier de voyagiste. «Les règlements de la profession sont pourtant clairs»,  insiste le président de l’ARAVMS.

En attendant une autorisation, il est interdit d’exercer selon les règlements, nul ne peut obtenir une licence après avoir exercé illégalement. La loi régissant le métier prévoit d’ailleurs des sanctions contre toute personne physique et morale se livrant à une activité d’agent de voyages sans licence.

Pour Madih, l’agence épinglée il y a quelques jours n’est pas la seule. «Le métier des agents de voyages est parasité à tous les niveaux, aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. Beaucoup exercent sans licence»,  déplore le président des voyagistes à Marrakech/Safi qui a fait de la lutte contre les clandestins son cheval de bataille.

Par prestataires clandestins, les voyagistes entendent tous ceux qui exercent le métier sans licence et au vu et au su de tout le monde: des vendeurs en plein médina de circuits et de bivouacs, les maisons d’hôtes qui peuvent organiser l’ensemble du séjour y compris les transferts et les excursions, les intermédiaires qui harponnent le touriste à l’aéroport…

«Nous voulons mettre de l’ordre dans les pratiques illégales que font régner des intervenants sur le marché du voyage à destination du Maroc».

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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