Politique

Le PAM reste aux mains du clan du Rif

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5281 Le 28/05/2018 | Partager
Hakim Benchamach succède à Ilyas El Omari
Un deal avec les personnalités influentes du parti a favorisé son élection
Le SG sortant veut rester actif au sein des structures du PAM
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Sans surprise, Hakim Benchamach succède à Ilyas El Omari à la tête du PAM, avec un score écrasant de 439 voix. Il était en compétition avec 5 autres candidatures qui ne faisaient pas le poids. Elles servaient plus à faire de la figuration pour afficher une façade démocratique qu’autre chose. D’ailleurs, elles sont inconnues des bataillons du PAM (Ph. Bziouat)

Le départ d’Ilyas El Omari, annoncé il y a quelques mois, a été finalement confirmé.  C’est Hakim Benchamach, président de la Chambre des conseillers, qui lui succède à ce poste. Ce choix, qui conforte la domination des rifains sur le PAM, a été fait la veille du conseil national extraordinaire, tenu le 26 mai.

Lors de cette réunion, un consensus a été trouvé autour du nom de Benchamach. Les 5 autres candidatures en course semblaient servir surtout à afficher une façade démocratique. Ces personnalités sont inconnues des bataillons du PAM. L’une de ces candidatures était portée par un fonctionnaire du Parlement.

C’est ce qui explique la large victoire de Benchamach, avec 439 voix, contre 39 pour le candidat arrivé en 2e position. Si Benchamach était à la recherche de soutien actif pour sa candidature parmi les membres du conseil national, des cadres influents du parti menaient «campagne» de leur côté, afin d’obtenir des garanties du nouveau patron.

Il s’agit notamment de Mohamed El Hammouti, député du Rif, Aziz Banazzouz, de la même région et chef de groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers, Laârbi Lamharchi, questeur dans la même chambre et notable dans la région de Ouazzane.

A ces proches et amis d’Ilyas El Omari s’ajoutent Fatéma Zahra Mansouri, présidente du conseil national et Abdelatif Ouahbi, député et ancien membre du bureau politique qu’il a quitté en protestation contre la gestion de la vraie-fausse démission du secrétaire général.

Avant de s’engager, ils ont passé un deal avec Benchamach sur la stratégie de gestion du PAM après son élection. Normal, ce dernier a été très critiqué sur sa gestion de la Chambre des conseillers, dont le mandat s’achève en octobre prochain.  

 Cette tactique visait à couper la route au candidat d’Ilyas El Omari. Pour eux, l’ex-patron du PAM comptait présenter Habib Belkouch ou Salaheddine Aboulghali afin de continuer à contrôler indirectement le parti. C’est pour cette raison que ses adversaires ont opté pour une candidature unique pour ne pas disperser les voix.

Cela pourrait être exploité par le clan d’Ilyas El Omari qui n’aura qu’à ramasser la mise. Toujours selon le schéma présenté, même s’il n’a pas dévoilé son jeu, il veut rester aux avant postes de la décision politique au niveau de sa formation. L’idée est de garder au moins une place au bureau politique. Car, il s’agit d’une étape transitoire qui va jusqu’en 2020, date de la fin du mandat officiel d’Ilyas El Omari.

D’ailleurs, avant son départ programmé, il a présenté la semaine dernière un projet de construction et de modernisation du siège central du PAM. Le SG sortant, en présence de Mustapha Bakkoury, ancien patron du parti, a présenté la maquette et le montage financier du projet, basés sur le lancement d’une souscription.

Pour ses adversaires, la partie est serrée surtout qu’à la veille de cette échéance, le SG sortant contrôlait l’appareil, ainsi que la majorité des membres du conseil national qui sont au nombre de 1000. Cette capacité de nuisance permettrait d’aller jusqu’à bloquer le vote des recommandations de la commission mise en place par le BP après l’annonce de sa démission.

La feuille de route de Benchamach

La veille de la tenue du conseil national, Hakim Benchamach a diffusé un document, présenté comme sa feuille de route pour renforcer la place du parti dans l’échiquier politique avant les élections de 2021. Pour lui, la situation actuelle caractérisée par une crise au niveau des institutions de médiation politique et syndicale, nécessite des actions. Sur le plan politique, il conserve les fondamentaux du PAM comme une formation social-démocrate du centre gauche. Au cours de 2018 et l’année prochaine, le parti compte prendre les mesures nécessaires pour développer l’implantation du parti au niveau de la société. Sur les alliances, il maintient ses distances avec «l’islamisme politique», particulièrement le PJD considéré comme une ligne rouge. Ce passage a immédiatement fait réagir Saâdeddine El Othmani, qui est également secrétaire général du PJD. Selon lui, son parti n’était pas demandeur, encore moins sa majorité qui est solide. Plusieurs observateurs ont souhaité que cette réactivité du chef du gouvernement s’étende au traitement des dossiers économiques et sociaux au lieu de la limiter uniquement à la politique politicienne. Qu’importe, selon la feuille de route, le SG compte compléter la structuration du parti d’ici le 31 décembre prochain, tout en parachevant la mise en place de l’administration du parti au niveau régional et provincial avant le 31 mars 2019.

 

 

 

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