Economie

Industrialisation de l'Afrique: La formation, une urgence

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5280 Le 25/05/2018 | Partager
La BAD, la Banque mondiale et El Othmani unanimes sur la question
Une formation de qualité pour que les jeunes profitent de la révolution numérique
Les 53e Assemblées annuelles de la BAD plaident pour une ZLE continentale
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Le Chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, était l’invité d’honneur  des Assemblées annuelles de la BAD organisées cette année en Corée (Ph. NEA)

Quelles sont les approches que devrait adopter l’Afrique pour accélérer son industrialisation? C’est la thématique centrale des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) pour cette année dont les travaux se déroulent à Busan en Corée.

Saâdeddine El Othmani, le Chef du gouvernement marocain, invité d’honneur de cet évènement a participé au premier panel aux côtés de grosses pointures comme Akinwumi A. Adesina, président de la BAD, Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale et le Premier ministre rwandais, Edouard Ngirente.

Un débat fort constructif et à l'enseignement unanime: l’importance majeure de la formation qui va permettre aux jeunes de tirer profit de l’évolution des nouvelles technologies et de se préparer aux métiers de l’avenir. «Ce sont les pays qui ont investi dans l’éducation et la santé qui ont obtenu les meilleurs résultats en matière de développement industriel», confirme le président de la Banque mondiale.

Mais, il faut prendre en compte l’impact de la robotisation des usines sur les emplois. «Près de 60% des métiers d’aujourd’hui vont disparaître dans les prochaines quinze années», ajoute pour  sa part El Othmani. La question de la qualité de la formation inquiète sérieusement les panélistes. Une formation de qualité exige des enseignants bien formés et rigoureusement sélectionnés, ce qui n’est pas le cas pour la majorité des pays du continent.

Il faut aussi une vision claire en matière de politique industrielle. Pour certains pays, les priorités changent avec l’arrivée de nouveaux dirigeants politiques, constate le président de la Banque mondiale. Ce dernier recommande la mise en place de plans avec des priorités et des objectifs bien définis. Ce problème est posé au Maroc, selon El Othmani. Il rappelle que la vie d’un gouvernement est d’environ 4 ans alors qu’une stratégie porte sur une durée entre 15 et 20 ans.

Une démarche adoptée pour les différentes stratégies menées actuellement par le Maroc dans les différents domaines y compris celui de l’industrie. Dans ce cas, El Othmani plaide pour le transfert des technologies des investisseurs étrangers aux entreprises locales avec un taux d’intégration élevé.

Il rappelle que le plan d’accélération industrielle en cours a pour objectif de porter la part de l’industrie dans le PIB national à 23% à l’horizon 2020 contre 17% actuellement. La majorité des intervenants ont soulevé la nécessité de préparer le monde rural pour drainer les investisseurs étrangers. Un problème qui reste encore posé au Maroc, ce qui ne favorisera pas l’intégration d’une partie des jeunes de ces régions déjà marginalisées.

Dans son intervention, le Chef du gouvernement a souligné l’importance de l’intégration africaine dans le développement des économies des pays du continent. A ce titre, le dirigeant rwandais a invité les pays africains à activer la ratification de l’accord de la zone de libre échange continentale.

DNES à Busan en Corée, Noureddine EL AISSI

                                                                              

BAD: Un milliard de DH/an pour le Maroc

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Mohamed Boussaïd, ministre des Finances et gouverneur  de la BAD pour le Maroc (Ph. NEA)

- L’Economiste: Quelle appréciation faites-vous du partenariat Maroc-BAD?
- Mohamed Boussaïd:
Le Maroc est un ancien partenaire de la BAD, et actionnaire avec un poste de Gouverneur occupé par le ministre des Finances. En plus de la qualité du partenariat entre la BAD et le Maroc, ce dernier joue aussi un rôle moteur à l’intérieur du Conseil des gouverneurs pour notamment ajuster la stratégie de la banque et pour régler les problématiques du fonds propre de la banque.

- Quelles sont les perspectives dans le cadre de cette coopération?
- Notre relation avec la BAD s’inscrit dans le cadre d’une stratégie pluriannuelle permettant de converger entre les priorités de cette institution et  celles de notre pays. En plus du volet financement, le Maroc bénéficie également de l’expertise de la BAD. Aujourd’hui avec la BAD, nous obtenons des prêts entre 800 millions et un milliard de DH par an pour contribuer au financement des secteurs prioritaires y compris l’industrie.

- Avec ces volumes de prêts, le risque du surendettement n’est pas posé?
- Non, car le Maroc a une dette soutenable bien gérée de l’avis même d'experts  internationaux. Si tel n'était pas le cas, nous n'aurions pas la confiance de l’institution qui continue à aujourd'hui à accompagner le Maroc. Pour la première fois depuis 2008, le taux d’endettement du Trésor a baissé en 2017 pour atteindre 64,3% contre 64,7% l’année dernière. Au-delà de cette légère réduction, il y a cette tendance de la baisse du taux d’endettement qui est la résultante d’une politique de maîtrise des Finances publiques depuis 4 ans.
Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

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