International

Le Venezuela s’enfonce dans la crise

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5278 Le 23/05/2018 | Partager
Nouvelles sanctions américaines après la réélection de Maduro
Embargo pétrolier, interdiction des transactions sur la dette vénézuélienne
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Les Etats-Unis ont infligé de nouvelles sanctions financières au Venezuela. Et ce, au lendemain de la réélection contestée du président socialiste Nicolas Maduro jusqu’en 2025 qui renforce l’isolement international de ce pays en crise. Le président américain Donald Trump a signé un décret visant à réduire la capacité du régime de Caracas à vendre ses actifs.

La quasi-totalité des responsables gouvernementaux, y compris Maduro, sont visés par des sanctions de l’UE ou de Washington. Les Etats-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé d’un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne.

En novembre 2017, le Venezuela et sa compagnie pétrolière nationale PDVSA ont été déclarés en défaut partiel par plusieurs agences de notation. Lors d’un scrutin critiqué par la communauté internationale et boycotté par l’opposition, Maduro a obtenu 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire Henri Falcon. Ce dernier a dénoncé un scrutin sans «légitimité» et réclamé une nouvelle élection avant la fin de l’année.

Les résultats annoncés ont été rejetés par le Chili, le Panama, le Costa Rica tout comme par le Groupe de Lima, une alliance de pays d’Amérique et des Caraïbes qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique. Les 14 pays du Groupe de Lima ont annoncé le rappel de leurs ambassadeurs du Venezuela au lendemain de ce scrutin.

Ils vont coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n’octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela. En marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 (20 et 21 mai) à Buenos Aires les Etats-Unis, l’Argentine, l’Australie, le Canada, le Chili et le Mexique ont condamné la réélection de Nicolas Maduro.

Touché par l’effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d’un manque de devises qui l’a plongé dans une grave crise. En cinq ans, le PIB a fondu de 45% selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13.800%. La production de pétrole est au plus bas depuis 30 ans.

Les Vénézuéliens souffrent de pénuries de nourriture, de médicaments ou d’électricité conjuguées à la hausse de l’insécurité, rapporte la presse étrangère.
Maduro, qui s’appuie sur la Chine et la Russie, soutient que cette situation est la conséquence d’une «guerre économique» livrée par la droite et les Etats-Unis pour le renverser.

 

 

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