Société

Agadir Affrontements mortels à la faculté des lettres

Par Jihad RIZK | Edition N°:5276 Le 21/05/2018 | Partager
Face à face explosif entre étudiants sahraouis et amazighs
Un jeune a trouvé la mort samedi dernier
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La situation a de nouveau dégénéré sur le campus universitaire samedi dernier à Agadir. Des violences entre étudiants sahraouis et des membres du Mouvement culturel amazigh ont causé la mort d’un jeune étudiant (Ph. AP)

C’est une scène de guérilla qui s’est produite encore une fois à la faculté des lettres d’Agadir samedi dernier. Des étudiants sahraouis et des membres du Mouvement culturel amazigh se sont violemment affrontés à l’arme blanche à la Faculté des lettres et des sciences humaines. Ce n’est pas la première fois que les deux camps règlent leurs comptes à coup de couteaux.

Ces violences ont entraîné la mort d’un étudiant de troisième année de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales. Né le 15 février 1993 dans la commune d’Asrir (province de Guelmime), Abderrahim Badri appartenait à une famille modeste de la  tribu Azouafit. Transférée aux urgences de l’hôpital Hassan II, la victime, gravement blessée à l’arme blanche, n’a pas survécu.

Les forces de l’ordre sont intervenues pour mettre fin à la rixe. Et une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de cet incident sanglant et identifier les personnes responsables de la mort du jeune homme, nous indique-t-on. Plusieurs étudiants soupçonnés d’être impliqués dans ces affrontements ont ainsi été arrêtés.

Selon une source proche du dossier, il s’agirait d’un règlement de comptes suite à «l’exécution», il y a deux ans, de l’activiste amazigh Izem à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech par des séparatistes sahraouis.

D’où une tension qui  allait crescendo entre les deux camps depuis quelques jours à Agadir. Il faut préciser que ce n’est pas le premier affrontement du genre que l’Université Ibn Zohr d’Agadir connaît. En effet, en 2016 déjà, un jeune de 19 ans a décédé suite au coup mortel qui lui a été assené à la tête par un étudiant en  deuxième année de droit à la (FSJES), lors de violences entre jeunes sahraouis dans la cité universitaire.

Durant la même année, et après le match qui a opposé le Raja de Casablanca au Hassania d’Agadir, des affrontements musclés ont eu lieu entre des étudiants séparatistes et des supporters de Hassania, les «Ultras Imazighen». Un autre règlement de comptes.

A noter que depuis que les facultés d’Agadir sont le théâtre de manifestations d’étudiants sahraouis, radicalistes ou amazighs... selon les cas, les forces de l’ordre sont mobilisés dans leurs fourgons en permanence dans le quartier mitoyen Assalam.

L’optique étant de rester discret tout en ayant la possibilité d’intervenir rapidement. Malheureusement, samedi dernier, la rage meurtrière l’a très vite emportée. Suite à ces incidents, les examens prévus à la Faculté des lettres et des sciences humaines ont été reportés à une date ultérieure.

 

 

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