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    Elections CGEM: Mezouar veut un électrochoc économique

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
    Accès au financement pour les PME, suppression de la TVA sur investissement
    Les premières mesures devraient être intégrées dans la prochaine loi de finances
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    Le binôme Faïçal Mekouar et Salaheddine Mezouar a été gratifié de plusieurs salves d’applaudissements (Ph. F. Al Nasser)

    Ils étaient plus de 500 personnes, mardi 15 mai, à venir écouter le grand meeting de Salaheddine Mezouar, candidat à la présidentielle de la CGEM au Hyatt Regency. C’est la première fois que l’ancien ministre et ex-président de l’Amith déclinait en détail son programme électoral sous le générique «CGEM 2021: Elan pour tous».

    Pour avoir présidé aux destinées du Rassemblement national des indépendants (RNI), Mezouar n’en est pas à sa première campagne électorale. Mais celle qui conduira à la présidence du patronat est bien différente. Elle intervient dans un contexte particulier. Une chape de plomb pèse actuellement sur le jeu politique dont la lisibilité échappe au plus fin des observateurs.

    «Cette rencontre coïncide avec une période marquée par une panne de confiance, une panne d’investissement et donc de l’emploi. La problématique aujourd’hui est que nous sommes face à un monde plein d’incertitudes et une économie difficile à relancer», déclare-t-il à l’assistance.

    L’ex-ministre des Finances, sous Benkirane, affirme que le privé doit être au cœur du futur modèle de développement économique et social. Mais pour jouer son rôle de créateur de richesses, le privé a besoin de signaux forts à très court terme pour relancer la machine de la confiance.

    Il va de soi qu’en cas d’élection, Mezouar ne manquera pas de réclamer que de premières mesures soient intégrées dans la loi de finances 2019. L’une des priorités porte sur la mise en place d’un mécanisme permettant aux PME et surtout aux TPE d’accéder au financement sans pour autant être obligées d’hypothéquer les biens personnels des dirigeants. Toujours sur le registre du financement, Mezouar propose de réactiver le dispositif de garantie du fonds de roulement des entreprises. Il y a urgence, dit-il, car dès qu’une entreprise est asphyxiée par des problèmes de trésorerie, sa première réaction est de déposer le bilan. Ce qui compromet parfois des centaines d’emplois.

    La création de richesses et par conséquent d’emplois dépend de l’investissement. Mais celui-ci est pénalisé par l’application d’une TVA de 20% avant qu’il ne génère de flux financiers. «Aujourd’hui, le Maroc a besoin de toutes ses forces. Par conséquent, il est temps d’arrêter de taxer l’investissement. Il faut supprimer la TVA sur l’investissement», explique Mezouar.

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    Salaheddine Mezouar a certainement voulu envoyer un message clair en buvant une marque d’eau minérale actuellement boycottée par certains consommateurs (Ph. F. Al Nasser)

    Le programme électoral du ticket Mezouar-Mekouar comporte également un axe sur la consolidation du tissu d’entreprises. Ainsi, le binôme propose de contrôler les «importations sauvages qui constituent un frein à une concurrence loyale». L’idée avait été évoquée à plusieurs reprises sans jamais être mise en œuvre. Il s’agit de tracer la cartographie de la production nationale pour identifier les produits qui pourraient être achetés sur le marché local. Ce qui permettrait de soulager les réserves de changes.

    Le candidat s’engage également sur la réforme de la fiscalité locale. Un boulet pour les collectivités territoriales aussi bien que pour les contribuables. En effet, la fiscalité locale se décline actuellement en dizaines de taxes, qui se télescopent et qui sont le plus souvent difficiles à recouvrer. D’où leur faible rendement. Une réflexion est d’ailleurs en cours entre le ministère de l’Intérieur et les experts pour déboucher sur une nomenclature de taxes plus réduite et ne grevant pas l’investissement.

    Pour créer une entreprise, il faut parfois composer avec des lourdeurs administratives et une multitude d’interlocuteurs rédhibitoires. Le programme Mezouar propose de simplifier les procédures. Le gouvernement a déjà déclaré à maintes reprises s’être lancé dans la simplification et la réduction du nombre de formalités via la transformation digitale. Sauf que dans les faits, les mêmes difficultés continuent de dissuader les plus déterminés parmi les investisseurs.

    L’ancrage régional fait partie des priorités du tandem Mezouar-Mekouar. Après la création d’une douzaine d’antennes régionales, le futur président devra faire preuve de créativité pour encourager l’investissement dans les régions qui sont parfois pénalisées. L’une des pistes serait de ne pas concurrencer les PME et les TPE des régions dans les appels d’offres en multipliant les petites structures.

    Mezouar propose par ailleurs d’améliorer l’offre Maroc «pour tous les secteurs et tous les acteurs». Après son grand meeting, Mezouar devait rencontrer, hier, mercredi 16 mai, les membres de la Fédération du transport et de la logistique. L’élection du président de la CGEM aura lieu le mardi 22 mai.

    «L’argent est devenu tabou!»

    Entre le moment où Salaheddine Mezouar et Faïçal Mekouar ont décidé de se lancer dans la course à la présidence de la CGEM et aujourd’hui, il s’est passé beaucoup de choses. L’appel au boycott de certains produits et pas d’autres et l’apparition de messages subliminaux qui rendent difficile leur décryptage.
    Ce qui compliquera la tâche au prochain président de la Confédération patronale. En tout cas, Mezouar n’est pas sans le savoir: «Une entreprise doit gagner de l’argent. L’argent est devenu tabou au Maroc. Tout le monde a peur de dire qu’il gagne de l’argent», une confidence qui a reçu une salve d’applaudissements de l’assistance. Et d’ajouter: «Il faut arrêter de véhiculer le message que tout le monde veut exploiter tout le monde comme si on était encore au XIXe siècle!».

     

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