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    Analyse

    Santé: La transition épidémiologique se confirme

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5274 Le 17/05/2018 | Partager
    Le poids croissant des maladies chroniques
    Un défi supplémentaire pour la couverture médicale
    Situation préoccupante chez les seniors
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    Si la part des personnes atteintes d’au moins une maladie chronique a augmenté au niveau de la population globale, la tendance est plus confirmée chez les personnes âgées de 60 ans et plus. Un défi supplémentaire pour les politiques de santé publique au Maroc

    Au moment où le gouvernement se prépare à l’élargissement de la couverture médicale pour atteindre 90% de la population en 2021, les résultats de l’enquête nationale sur la santé familiale interpellent sur les urgences. Plusieurs indicateurs confortent ce constat. En tête, la transition épidémiologique depuis 2004.

    Au-delà des infections transmissibles, ce sont surtout les traitements liés aux maladies chroniques qui constituent un véritable défi pour les régimes d’assurance maladi, que ce soit pour l’AMO ou le Ramed. Les données de l’enquête nationale sur la population et la santé familiale montrent une augmentation de la proportion des individus atteints d’au moins une maladie chronique.

    Ce taux est passé de 18,2% en 2011 à 21% en 2018. Les personnes atteintes du diabète sont aussi plus nombreuses qu’en 2011, date de l’enquête nationale précédente. Leur part est passée de 3,3% à 4,8% sur la même période. Idem pour la proportion des personnes atteintes d’hypertension artérielle, actuellement à 6,8% contre 5,4% en 2011.

    La situation se complique si on prend en considération la situation sanitaire des seniors. L’enquête nationale, qui s’est intéressée pour la première fois à la santé des personnes âgées de plus de 60 ans, fait ressortir une série d’indicateurs inquiétants. Plus de 64% des personnes âgées de plus de 60 ans sont atteintes d’au moins une maladie chronique. 20% d’entre elles souffrent de diabète et 34% d’hypertension artérielle.

    Du côté du département de tutelle, ces défis liés aux transitions démographiques et épidémiologiques «imposent un changement dans la politique sanitaire, notamment en matière d’offre de soins».

    Les agences des Nations Unies sont unanimes. En plus de l’éducation et l’emploi, l’amélioration du système de santé et de la couverture médicale constitue l’un des principaux leviers pour tirer profit du dividende démographique. Au Maroc, la pyramide des âges semble amorcer un changement. La jeunesse de la population risque de s’essouffler durant les prochaines années. Les premiers symptômes sont déjà visibles.

    La dernière enquête sur la population et la santé familiale a montré «une augmentation des personnes âgées par rapport à la population totale». Leur part est actuellement de 11%. «Elle va augmenter pour atteindre un quart de la population à l’horizon 2050».

    Au-delà des risques liés à l’affaiblissement du potentiel du dividende démographique, cette transition pose également une série de problèmes d’ordre sanitaire et social. Cela concerne notamment la mobilisation pour assurer une meilleure prise en charge des seniors.

    Actuellement, 6,2% des personnes de plus de 60 ans vivent seules. 15% de cette catégorie vivent dans des conditions de logement inconvenables et 10,6% ont déclaré avoir été violentées durant la dernière année.

    La fécondité en baisse

    Fini les familles nombreuses au Maroc? Du moins, c’est la tendance que semble prendre le pays depuis quelques années. Un constat confirmé par les résultats de l’enquête nationale sur la population et la santé familiale. L’indice synthétique de fécondité a ainsi connu une diminution entre 2011 et 2018, passant de 2,59 à 2,38 enfants par femme durant cette période. Le nombre moyen des naissances vivantes pour les femmes entre 15 et 49 ans se situe à 2,6 enfants.
    Contrairement à une idée reçue, les femmes rurales n’ont plus autant d’enfants que leurs ascendantes. Le nombre de naissances est presque similaire, avec 2,9 enfants, contre 2,4 pour les citadines. Le nombre d’enfants désirés est également identique, avec 2,7 pour les femmes du rural contre 2,4 pour les citadines. Cette situation est accentuée par l’augmentation du recours aux moyens contraceptifs. 70,8% des femmes interrogées utilisent des méthodes de contraception, avec le même niveau dans les milieux urbain et rural.

                                                                            

    Les inégalités persistent

    La 1re phase de l’enquête nationale sur la population et la santé familiale,  achevée en 2017, a montré une baisse de la mortalité maternelle, avec 72,6 décès pour 100.000 naissances vivantes. Quant à la 2e phase, menée en 2018, elle fait ressortir une réduction du taux de mortalité infanto-juvénile»: 30,5 décès pour 1.000 naissances vivantes en 2011 contre 22,16  en 2018.  Même tendance pour la mortalité infantile, qui a baissé de 38% sur la même période.

    Pour les responsables du département de la Santé, cette évolution est liée à «l’amélioration du suivi médical de la grossesse et la hausse du taux des accouchements sous encadrement médical». La part des femmes ayant bénéficié de consultations prénatales effectuées par un personnel médical qualifié a connu une hausse de 11 points entre 2011 et 2018, pour atteindre 88,4%. Le nombre moyen de ces consultations est de 4,2.

    Le taux des accouchements sous encadrement d’une équipe médicale est aussi passé de 74 à 86,6% sur la même période. Cette enquête livre également une série de données sur certaines pratiques, particulièrement le recours aux accouchements par césarienne. Au niveau national, la part de ces opérations est de 21,2%. Toutefois, ce type d’accouchement est très pratiqué dans les cliniques privées en comparaison avec les centres publics.

    Plusieurs femmes sont encore laissées pour compte, particulièrement dans le monde rural et les zones enclavées. Par exemple, la proportion des accouchements ayant eu lieu en dehors d’un établissement de santé d’accessibilité atteint 25,4% au niveau national. Ce problème est plus ressenti dans le monde rural, avec 28,4% contre 11% dans les zones urbaines.

    Ces disparités sont également pointées en matière de consultations post-natales. Au niveau national, la part des femmes ayant bénéficié du suivi médical après l’accouchement est de 22%. Mais, si cette part dépasse 27% dans les villes, elle se limite à 15,6% dans le monde rural.

    Ces inégalités touchent également les aspects liés à l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans. Si la moyenne nationale du retard de croissance est de 15,1%, elle est de 20,5% dans le monde rural. Quant à l’insuffisance pondérale, son taux dans les campagnes (3,8%) est pratiquement 2 fois celui des centres urbains.

    Ces disparités territoriales sont moins prononcées pour d’autres aspects, portant notamment sur la protection des enfants. C’est le cas de la part des nouveaux nés enregistrés à l’état civil. Elle est de 96,1%, pratiquement le même niveau au milieu urbain et rural.

     

     

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