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    Economie

    Emploi/Formation professionnelle: Trois diplômés sur dix déclassés

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5265 Le 04/05/2018 | Partager
    Plus on se spécialise, moins le poste occupé est en adéquation avec la formation
    Agriculture, sylviculture et pêche, industrie… les secteurs les plus touchés
    46,7% de la population active occupée est surclassée
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    Le taux des personnes sans emploi passe de 22,4% pour le diplôme du secondaire collégial à 15,1 pour les personnes qui ont un deug. Pour les licenciés, il est de 18,9%,  15,9% pour les diplômés du DEA/DES/Master, 7,7% pour les ingénieurs/cadres supérieurs et de 3,9% pour les doctorats

    «Les diplômés issus de la formation professionnelle seraient trois fois plus nombreux à être atteints par le déclassement que les diplômés de l'enseignement général». C'est l'un des principaux constats dressés par l'étude du Haut Commissariat au Plan, «Formation et emploi au Maroc» présentée mercredi 2 mai à Rabat. Ces données ressortent du Recensement général de 2014.

    Le phénomène tient à l'inadéquation de la formation à l’offre d’emplois ainsi qu'à la faiblesse du niveau et de la diversité de cette offre. «Le chômage des jeunes diplômés ne s’explique pas seulement par l’offre de compétences qui serait de mauvaise qualité.

    Il est aussi lié à un déficit de demande de compétences exprimé par les entreprises. Le tissu productif connaît une transformation structurelle lente qui ne permet pas d’accompagner la croissance des flux de diplômés», souligne la Banque mondiale dans son mémorandum (Cf L'Economiste n°5008 du 21 avril 2017).

    Anticipant les réactions, Ahmed Lahlimi, Haut Commissaire au Plan avertit que cette étude ne «fournit que les grandes lignes des rapports entre les formations à caractère général ou professionnel et les emplois auxquels ils donnent lieu. 

    La moitié (52,2%) de la population active occupée ne détient aucun diplôme, 38% sont diplômés de l’enseignement général et 9,8% de la formation professionnelle. Moins de deux diplômés de l’enseignement général sur dix sont au chômage contre un peu plus d'un sur quatre pour ceux de la formation professionnelle.

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    Le taux d’adéquation des diplômés de formation professionnelle est  supérieur à celui des diplômés de l’enseignement général. Les diplômés de formation professionnelle en activité ont tendance à être déclassés

    Globalement, 45,7% de la population active occupée est employée dans des postes en adéquation avec sa formation et  7,6% est en situation de déclassement. Ce qui veut dire que son niveau de formation est supérieur à la qualification requise pour le poste occupé. Les surclassés ( niveau de qualification en dessous des exigences) représentent 46,7% de la population active occupée et ce phénomène croît avec l’âge. Il pourrait s'expliquer par l'expérience acquise qui permet de compenser le niveau de qualification et d'accéder à des postes plus importants. 

    En limitant l'analyse aux diplômés, l'on se retrouve face à quelques surprises puisque le taux de déclassement augmente avec le niveau d’instruction. De 6% pour le secondaire collégial, il passe à 27% pour ceux du niveau secondaire qualifiant et à 28,4% des actifs occupés de niveau supérieur. Pour les diplômes de formation professionnelle, plus on se spécialise moins le poste occupé est en adéquation avec la formation. C'est le cas de plus de 5 techniciens et techniciens spécialisés sur dix.

    Le taux est de 17,7% et 15,2% respectivement pour la spécialisation professionnelle et la qualification professionnelle. «Le rendement externe de la formation professionnelle montre sans équivoque un niveau de performance problématique, aussi bien au plan qualitatif que quantitatif, comparé à celui de l’enseignement général», soutient Lahlimi.  

    Quel que soit le secteur d'activité, le taux des déclassés parmi les diplômés de formation professionnelle est supérieur à celui des diplômés d’enseignement général: 59,6% pour les premiers dans l'agriculture, sylviculture et pêche  contre 13,5% pour les deuxièmes.

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    Le taux de chômage se situe à  21,3% pour les diplômés d’initiation professionnelle, 26,5% pour ceux qui ont une spécialisation et 28,4% pour les personnes passées par la qualification professionnelle

    Ce taux est de 32,5% pour les diplômés de la formation professionnelle qui travaillent  dans l'industrie extractive et manufacturière contre 10,9% pour les lauréats de l'enseignement général. Il est de 24,8% contre 9,7% dans le secteur de l’administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale et de 36,2% contre 14,6% dans le secteur des autres services marchands.

    Pour le HCP, les déclassements, parmi la catégorie des diplômés, sont relativement insignifiants dans les professions où le recrutement obéit à un référentiel strict de compétences ou encore celles dont l’exercice est subordonné à des formations spécifiques.

    Selon l'étude, deux groupes de professions ont enregistré les taux de personnes dont les qualifications sont supérieures à l'emploi exercé: les  employés  et les «manœuvres non agricoles, manutentionnaires et travailleurs des petits métiers» soit respectivement 38,8% et 33,6% des actifs occupés en situation de déclassement.

     

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