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    Economie

    Le Siam vous dit «à l’année prochaine»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5262 Le 30/04/2018 | Partager
    Près d’un million de visiteurs en six jours
    70 pays, 20 accords, 473 journalistes,… un premier bilan

    «Au revoir. A l’année prochaine!» Le Salon international de l’agriculture du Maroc (SIAM) ferme ses portes. Une fois de plus, l’événement phare de la capitale ismaïlienne a connu un franc succès. En témoignent les records réalisés, lors de cette 13eédition, à tous les niveaux. A commencer par la superficie du salon qui s’étendait sur plus de 18 ha, ou encore les 1.711 exposants (dont 400 entreprises) qui représentaient 70 pays, un autre record (66 en 2017).

    Ce 29 avril, le nombre de visiteurs frôlait le million à la clôture du salon. Ses organisateurs ont édifié cette année un véritable espace de vie disposant de restaurants à la carte pour tous les goûts, des parkings géants (200.000 m2), des toilettes, et autres. Que du bonheur pour le grand public, accueilli dès vendredi.

    «Les visiteurs du Siam ont une particularité: ils restent au sein du salon pendant toute la journée», confie Tariq Sijilmassi, président du Siam. En conséquence, ils doivent découvrir la richesse de l’agriculture, ses nouveautés et s’épanouir. L’Economiste vous fait vivre le Siam 2018 comme si vous y étiez.

    ■ Les coopératives réalisent 80% du CA au Siam

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    D’une simple allée, il y a quelques années, l’espace dédié aux coopératives s’est transformé en un véritable hypermarché. Au sein du pôle «Terroir», l'on trouve des produits ordinaires comme l'huile d'olive et d'argan, amlou, le miel ou les dattes mais aussi des produits cosmétiques à base d’oignon, ail, safran, argan… Bref, des produits pour tous les goûts et pour divers usages y sont exposés dans des packaging dans l’air du temps, et à des prix promotionnels. Une véritable aubaine pour les 393 coopératives qui présentent des produits du terroir labélisés et sélectionnés par l’ADA. Ces coopératives, invitées gracieusement à Meknès, réalisent plus de 80% de leur chiffre d’affaires annuel au Siam. Samedi, la majeure partie d’entre elles avait déjà épuisé tous leurs stocks. Parmi celle-ci, «l’Or rouge de Taliouine» qui proposait des masques pour visage à base de miel, coco, et Akar El Fassi, ainsi que des huiles de sésame, argan, nigelle, fenugrec, amande douce, lin,… «Nous avons tout vendu», confie Latéfa Taliouine, chef du projet. L’affluence des visiteurs était tellement importante que Jaouad Chami régulait, en personne, la circulation des véhicules aux portes 1, 2 et 3, réservées respectivement aux officiels et à la presse.

    ■ Carton plein pour le pôle «Elevage»

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    Au pôle «Elevage», le plus visité du Siam, 286 éleveurs exhibaient des centaines de bêtes, présentant les fleurons de leur activité. Ces dernières ont été sélectionnées parmi les meilleures races chez 16.000 éleveurs. Elles sont évaluées par des experts de France et Canada et primées. Pour la 13e année consécutive, ce pôle a remporté tous les suffrages auprès du public. Un public VIP, à l’instar de SAR le prince héritier Moulay El Hassan qui a donné, le 24 avril, le coup d’envoi de cette édition. La plus grande vitrine agricole du Royaume a reçu également un casting exceptionnel de ministres de l’Agriculture africains et européens, diplomates, décideurs nationaux et étrangers, et surtout des agriculteurs. A partir du vendredi, le salon s’est ouvert au grand public accueillant des femmes, hommes, jeunes et moins jeunes. Des familles en ont fait leur grande sortie de la semaine. Des écoliers aussi. Tous succombent à la grandeur de ces créatures (veaux, moutons, boucs, chameaux…). En fin de journée, ce 27 avril, le cumul des rentrées dépassait 598.000 personnes. Samedi, près de 300.000 ont battu le pavé de Sahrij Souani et Jnane Benhalima.

    ■ L’intérêt grandissant des pays africains

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    Samedi, une délégation de 30 présidents de régions de différents pays d’Afrique (Sénégal, Burkina, Mali, Malawi, Centrafrique) a visité le salon. Ce qui montre que l’expertise marocaine est très recherchée. «Le Maroc est aussi notre terre. Nous voulons profiter de l’expérience du Royaume, d’autant que SM le Roi appuie à bras le corps les partenariats Sud-Sud», exprime le chef de la délégation africaine. Par ailleurs, nombre d'accords multilatéraux sont signés en marge de chaque édition. Fruits de ces partenariats, le Salon international de l’agriculture et des ressources animales d'Abidjan (SARA) créé il y a 5 ans. «Nous participons au Siam non seulement pour constater l'évolution de ce grand événement mais surtout pour convaincre davantage d'exposants à faire le déplacement au SARA 2019», indique Condé Touré Diénébou, commissaire du Sara. «C'est à Meknès que nous avons découvert les structures utilisées par le Siam pour faire le Salon d’Abidjan», ajoute la responsable ivoirienne. Notons qu’une vingtaine de pays africains ont participé au Siam 2018. «Il y a un véritable savoir-faire et de technologie à nous transférer pour développer le secteur agricole dans le cadre d’un partage d’expertises et d’échanges», s’accordent à dire les partenaires africains qui insistent sur l’amitié et la fraternité liant le Maroc et leurs pays.

    ■  Les meilleures huiles primées

    La 10e édition du concours national pour la sélection de la meilleure qualité d'huile d'olive vierge extra, tenu en marge du Siam, a primé trois catégories. Pour le «fruité vert intense», le jury a distingué respectivement la Société Domaine Arij (Région de Marrakech-Safi), Olea Food, du groupe «Les Conserves de Meknès-Aïcha» (Fès-Meknès) et les huiles d'olives de la Méditerranée (l'Oriental). S’agissant de la catégorie «fruité vert moyen», les prix ont été accordés au GIE Zoyout Dir Béni Mellal, à l'unité de trituration d'huile d'olive Agro Nafis de Meknès et à la coopérative Béni Kolch de Ouezzane. Pour le «fruité vert léger», les huiles de l'association Tizi de l'Oriental, la coopérative Zaouia de la région de Marrakech-Safi et le GIE Ahlaf de Taourirt ont pris la tête du podium. Enfin, pour la catégorie «fruité mûr», les prix ont été décernés au GIE Zoyoute Chiadma Mogador (Marrakech-Safi), la société «Olives & Huile d'olive» et la société «Les huiles d'Essaouira» de la région Marrakech-Safi.

    ■ …Les meilleurs exposants aussi

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    Comme à l’accoutumée, le Siam a remis également des trophées au profit des 24 meilleures unités de production qui se sont distinguées par leur esprit d’innovation, de mobilisation et de promotion de leurs produits. C’était lors du dîner royal, organisé jeudi, en présence du chef de l’exécutif, Saâdeddine El Othmani. Des prix de mérite et d’encouragement ont été aussi décernés à plusieurs exposants et participants qui se sont illustrés dans les différents pôles du Siam 2018 ainsi qu'aux meilleurs éleveurs par race. Ainsi les Pays-Bas, invités d'honneur de cette édition, se sont vus attribuer le prix du meilleur stand, alors que le prix de la meilleure participation étrangère au salon a été décerné à la Turquie.

    ■ Une bonne visibilité du port TangerMed

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    Fort de sa localisation stratégique à la croisée des routes maritimes majeures, le port TangerMed est un hub logistique mondial. Il est connecté à 174 ports mondiaux et offre des capacités de traitement pour 9 millions de conteneurs, 7 millions de passagers, 700.000 camions et l'export d'un million de véhicules. C’est ce que l’on pouvait lire sur les conteneurs exposés un peu partout au Siam 2018. En effet, ce port constitue une plateforme industrielle pour plus de 800 entreprises qui représentent un volume d'exports annuels de 6,4 milliards d'euros dans différents secteurs tels que l'automobile, l'aéronautique, l'agroalimentaire, la logistique, le textile, le commerce et les services. Il met en place un système d'information et de traçabilité au service de chacun des opérateurs de la chaîne. Cette plateforme s’est dotée également d’une bourse fret qui est une nouvelle plateforme électronique transactionnelle de mise en relation entre expéditeurs et transporteurs.

    ■ La communication de crise laisse à désirer

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    La polémique autour de l’appel au boycott de certains produits enfle. Ainsi, après que le ministre des Finances ait qualifié, mardi, ceux qui sont derrière cette initiative de Mdaouikh (étourdis). Le lendemain, le ministre de l’Agriculture a, de son côté, minimisé ces appels, soulignant que «le boycott n’est que virtuel». Dans la ligne de ces réactions, un responsable du Groupe Centrale Danone, entre autres concerné par ces appels, a qualifié de «traîtres» à la nation les instigateurs du boycott. Sa sortie a été vivement critiquée sur les réseaux sociaux. Comme quoi, la communication de crise laisse à désirer. Mais, au-delà du «virtuel», le stand de Centrale Danone au Siam 2018 a connu une forte affluence. Normal puisque l’entreprise offrait gratuitement ses produits aux visiteurs. Signalons qu’en marge du salon, Centrale Danone a lancé le projet «Fellah Bladi», premier programme d'agrégation au service du développement et de la durabilité des petites exploitations laitières au Maroc. Un programme qui concerne plus de 20.000 exploitants dans la région de Doukkala dont 5.000 dès 2019.  Pour Didier Lamblin, PDG du groupe, «il s’agit là d’un exemple de partenariat public-privé qui modélise le concept d’agrégation et lui donne toute sa puissance tel que le prévoit le plan Maroc Vert (PMV)». Economiquement, la filière laitière emploie plus de 470.000 personnes dans plus 400.000 exploitations. Elle contribue à la création de 7 milliards de DH de richesse au Maroc, soit plus de 6% du PIB agricole. Son chiffre d’affaires avoisine les 10 milliards de DH.

    ■ Akhannouch fait du terrain
    Outre le salon du Meknès, Aziz Akhannouch s’est enquis, vendredi, de l’état d’avancement de plusieurs projets agricoles dans la province de Sefrou. Le ministre de l’Agriculture s’est ainsi informé de l’état d’avancement des travaux de réalisation du projet d’aménagement hydro-agricole pour la sauvegarde de la plaine de Saïss. Un projet qui tend à combler le déficit hydrique enregistré au niveau de la nappe Fès-Meknès, favoriser l’adoption d’un système d’irrigation économe en eau (irrigation localisée), intensifier la mise en valeur agricole et améliorer le revenu des agriculteurs de la zone du projet. Couvrant une superficie de 30.000 ha, celui-ci bénéficiera à terme à 346.979 personnes et à 7.157 exploitations agricoles. D’un investissement de près de 6 milliards de DH, ce projet, qui sera finalisé en 2021, est financé par le Fonds saoudien pour le développement (FSD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et le Fonds vert pour le climat.

                                                                                  

    Des retombées économiques pour Meknès

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    En termes de retombées, il est certes très difficile de quantifier dès à présent l’impact économique du Siam sur Meknès. Toutefois, l’on sait que tous les hôtels de cette ville ainsi que sa jumelle, Fès, mais aussi Ifrane et ses environs, tournaient à plein régime. Il en est de même pour les restaurants et autres endroits touristiques. A noter que la Ville a organisé un festival musical en marge du Siam dédié particulièrement aux artistes nationaux (Lamiae Zaidi, Dounia Batma…). Lesquels ont animé des spectacles sur la scène de la place Lahdim. Aussi, le champ de courses de la capitale impériale a offert des spectacles de fantasia, tout au long du Siam. D’autre part, Meknès a bénéficié d’une grande visibilité médiatique, puisque son salon a été couvert par plus de 473 journalistes, une véritable promotion pour la destination. Pour rappel, cette édition a choisi un sujet au cœur des enjeux de l'agriculture durable et résiliente: «la logistique et les marchés agricoles». Elle a été marquée par l’organisation de 32 conférences, ateliers et forums, la participation de 15 ministres européens et africains aux assises, et la signature d’une vingtaine de conventions de partenariat.

     

     

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