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    Economie

    Agriculture: Exploitations cherchent jeunes patrons

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
    Les 10es Assises sectorielles se tiennent ce lundi 23 avril
    L’âge moyen de chef d’exploitation se situe autour de 53 ans
    L’enjeu est de faciliter l’accès à la terre et aux crédits
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    Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, accueillant Alpha Condé, président de la République de Guinée (Conakry) à l’ouverture de l’édition du SIAM de l’année dernière (Ph. Y.S.A)

    Comme chaque année, le ministère de l’Agriculture est mobilisé à Meknès. C’est Aziz Akhannouch, le ministre de tutelle, qui donnera, aujourd’hui, le coup d’envoi des travaux de la 10e édition des Assises de l’agriculture, qui précèdent l’ouverture du SIAM demain mardi 24 avril. Pour cette édition, c’est «la jeunesse, principal moteur et bénéficiaire du développement agricole» qui cristallisera les débats.

    Aziz Akhannouch a placé la barre trop haut: «Chaque année, 10 millions de jeunes africains arrivent sur le marché du travail, un continent où le secteur agricole représente parfois plus de 70% des emplois».

    Pour le ministre qui s’est positionné comme un ardent défenseur de la coopération Sud-Sud, notamment dans le domaine agricole, le continent doit faire face à l’exode rural ainsi qu’au vieillissement des exploitants agricoles.

    En effet, selon le recensement national agricole, l’âge moyen pour accéder au statut de chef d’exploitation au Maroc peut atteindre 53 ans. L’idée est d’encourager les agriculteurs marocains, souvent âgés, à transmettre le relais au lieu de s’accrocher à leur situation jusqu’à la fin.  L’inconvénient de cette situation est de voir les exploitations morcelées sous l’effet du partage de la terre entre les héritiers, après la disparition du chef de famille. 

    Pour le ministre, inciter les jeunesse à se lancer dans l’agriculture est un facteur clé pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies. «Les jeunes doivent être une priorité pour tous les acteurs du développement agricole», insiste Aziz Akhannouch. Il considère que «c’est une thématique riche en sujets de débat et il convient de les aborder dans un cadre aussi désigné que les Assises de l’agriculture qui rassemblent un grand nombre d’experts de haut niveau».

    Pour lui, «il faudra poursuivre les efforts, faciliter l’accès à la terre et accélérer le développement et l’utilisation des outils digitaux dans le secteur tout en impliquant la jeunesse, qui est porteuse de solutions innovantes. C’est là l’idée que nous souhaitons appuyer lors des 10es Assises agricoles».

    Une manière de tracer la voie à suivre pour insuffler une nouvelle dynamique dans ce secteur. D’ailleurs, les organisations internationales ayant traité ce sujet ont répertorié plusieurs barrières à l’insertion des jeunes dans le secteur agricole. En tête, les difficultés d’accès aux terres agricoles, aux crédits et à des solutions d’assurance adaptées.

    Par ailleurs, les Assises sont une opportunité de mettre le doigt sur un phénomène qui marque la jeunesse rurale. L’insuffisance des formations, la difficulté d’accès au marché et le manque de représentation dans l’espace public sont autant d’obstacles dressés sur le chemin de cette jeunesse, souligne une source proche du dossier. Une occasion de taille pour placer la jeune fille rurale au cœur de cette problématique. Souvent, elle est la grande oubliée.

    Au lieu d’études et de formation dans les métiers du marché agricole par exemple, elle est souvent orientée vers le travail domestique comme bonne dans des familles urbaines. D’autant qu’elle fait partie de cette jeunesse qu’il s’agit d’intégrer dans la dynamique de l’économie et du développement agricole.

    Néanmoins, la situation n’est pas totalement sombre. Déjà, le Plan Maroc Vert a permis de lever bon nombre de ces freins. Il a facilité l’accès au crédit, soutenu l’entrepreneuriat des jeunes en agriculture et développé la formation. Il est à souligner dans ce sens que la formation agricole s’est développée tant dans l’enseignement supérieur et technique que dans la formation professionnelle.

    On compte désormais 500.000 lauréats formés dans le secteur, avec un taux d’insertion de 70%. L’impact de ces efforts est déjà visible dans le recensement national agricole de 2016 qui met en avant le niveau croissant d’instruction: 62% des exploitants agricoles entre 25 et 35 ans sont instruits.

    Par ailleurs, plus de 500 centres de conseils agricoles ont été créés pour renforcer les capacités des exploitants agricoles sur le terrain.  Ce sont des opportunités offertes puisque les professionnels ont identifié des besoins dans plus de 200 métiers, qui vont de la mécanisation agricole, vente de matériels à la taille des agrumes et des vignes, en passant par l’élevage. Le secteur est particulièrement pourvoyeur d’emplois.

    Success-stories

    Au cours de ces Assises, il n’est pas exclu que des expériences de jeunes ayant repris les exploitations gérées par les parents, dans le cadre du partenariat public-privé, soient présentées. Elles sont positives mais restent limitées. Car ces success-stories, montrées comme des exemples à suivre, doivent également reflèter la masse d’une jeunesse rurale, soutient un professionnel du secteur.

     

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