Economie

L’investissement bien orienté

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
Forte hausse des achats des biens d’équipement au 1er trimestre
Ils représentent le quart des importations totales
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Sur le 1er trimestre, la situation des échanges extérieurs fait apparaître une hausse du déficit commercial de 10,6% à 48,7 milliards de DH. Il résulte d’une augmentation plus forte des achats par rapport aux exportations: 8,2 contre 6,6%.  Du coup, le taux de couverture s’est situé à 58,4% contre 59,3% à fin mars 2017

La dynamique de l’investissement affiche une tendance soutenue. Sur le premier trimestre, les importations des biens d’équipement se sont inscrites en hausse de 12,4% à  30,5 milliards de DH et leur part s’est établi à 26% du total des achats à l’extérieur pour en occuper la première place.

Autre groupe de produits qui participe à la production industrielle: les matières brutes. Les importations de produits bruts ont en effet explosé   de 22,1% sur la même période totalisant  5,8 milliards de DH. Elles recouvrent, pour l’essentiel, les achats de soufres bruts et non raffinés (+527 millions de DH) et de minerai de cobalt (+251 millions).

Au total, les importations de biens ont atteint 117,1 milliards de DH, en hausse de 8,2% par rapport au premier trimestre 2017. Ce résultat est attribuable à l’augmentation des achats de tous les groupes de produits, particulièrement les biens d’équipement, les produits finis de consommation et l’alimentaire. La hausse des acquisitions  de ces trois groupes explique pour les ¾ l’augmentation totale des importations.

L’import de produits de consommation a augmenté de 7,8% à 25,7 milliards de DH. Ceci, en liaison surtout avec la progression des achats des parties et pièces pour voitures de tourisme (15,6%) et des étoffes de bonneterie (26,6%).

La hausse  globale des importations est aussi soutenue par les achats de produits alimentaires. La facture s’est aggravée de 14,3% à 12,5 milliards de DH. Elle est surtout stimulée par les blés et les épices. Pour les blés, l’explication est fournie par la politique du gouvernement qui cible la reconstitution des stocks de sécurité.

Bien que la dernière campagne céréalière ait enregistré une production de près de 50 millions de quintaux de blé tendre, le droit d’importation de cette céréale a été fixé à 30%, soit un niveau réduit de moitié par rapport à l’année 2016. Pour ce qui est des épices, la hausse de 177 millions de DH s’explique par l’approche du mois de Ramadan.

La même tendance à la hausse touche les produits énergétiques dont la valeur s’est établie à 18,4 milliards de DH. Il en est de même pour les demi-produits qui totalisent 24,2 milliards de DH. L’augmentation a concerné le fer laminé ou en acier, les profilés en cuivre et les matières plastiques.

A l’export, tous les groupes de produits ont été orientés à la hausse à l’exception des phosphates et dérivés. Les exportations de biens se sont raffermies, en glissement annuel, de 6,6% pour atteindre 68,4 milliards de DH. Ce résultat fait suite à l’augmentation des ventes  du secteur de l’automobile qui ont contribué à hauteur de 58% dans la hausse totale des exportations.

A lui seul, ce secteur a réalisé 17,3 milliards de DH, avec à la clé une forte hausse de 16,5%. L’aéronautique a, également, été marquée par une  forte hausse  de ses exportations (18,8% à près de 3 milliards de DH), alors que l’électronique a affiché une légère augmentation de ses exportations (0,7% à 2,5 milliards de DH).

De leur côté, les expéditions de produits agricoles frais et transformés se sont bien comportées en réalisant un chiffre d’affaires à l’export de 17,5 milliards de DH. Sur  la même tendance, le secteur de textile et cuir a exporté l’équivalent de 9,5 milliards de DH, marquant  une progression de 2,4%. Cette évolution recouvre une hausse des ventes des vêtements confectionnés de 0,3% (à 5,9 milliards de DH), des articles de bonneterie (1,9 milliard de DH) et des chaussures de 7,5% à 844 millions de DH).

En revanche, les ventes de phosphates et dérivés ont accusé une baisse de 7,3% pour une valeur de 9,6 milliards de DH.

MRE et tourisme couvent 64% du déficit commercial

A fin mars 2018, la balance des voyages fait ressortir  un excédent en progression de 26,7% à 11,4 milliards de DH. Ce résultat provient de la hausse des recettes (+20,2% à 15,2 milliards) plus importante que celle des dépenses (+4,2% à 3,8 milliards). Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont, pour leur part, progressé de 13,5% à 16 milliards de DH, soit le niveau le plus haut des six dernières années. Ces deux postes ont permis de couvrir 64,1% du déficit commercial, après 60,8% un an auparavant.

 

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