International

Les effets du pétrole bon marché sur la croissance

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Ils ne se feront sentir qu’après un certain redressement des prix
Pays importateurs ou exportateurs, à chacun son impact
L’analyse du FMI et de la Banque mondiale
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Les prix du pétrole évolueront autour de 60 dollars le baril, selon les récents pronostics d'institutions internationales (Banque mondiale, FMI, l'agence The Economist Intelligence Unit…). Les interruptions de l’offre, la prorogation de l’accord de production de l’OPEP et une croissance mondiale plus forte que prévu sont autant de facteurs qui feront grimper les cours. Mais nous sommes très loin des niveaux de 2013-2014 lorsque ces derniers gagnaient les 120 dollars

Conjoncture mondiale favorable (le PIB mondial devrait accélérer à 3,9% en 2018 et en 2019, selon le FMI), remontée des cours du pétrole, politiques de stabilisation et les réformes…

Plusieurs facteurs devraient contribuer à un rebond de la croissance économique dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena, un peu plus de 3%, selon les différentes institutions) dont celle d’un pétrole bon marché. Le sujet a été évoqué lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe Banque mondiale (BM) qui se tiennent du 16 au 22 avril 2018, à Washington (1). 

Plusieurs études ont démontré une corrélation entre le prix du pétrole et la croissance économique.

«Les effets favorables du pétrole bon marché sur l’économie mondiale ne se feront paradoxalement sentir qu’après un certain redressement des prix. Et une fois que les pays avancés auront progressé davantage pour s’extraire de cet environnement à taux d’intérêt faibles», d’après les experts du FMI.

Les cours réagissent à plusieurs facteurs notamment géopolitiques et écologiques. Il existe cependant des différences entre les pays de la région Mena (qu’ils soient pays importateurs ou exportateurs). En somme, l'économie du Maroc bénéficie de la baisse des prix du pétrole et de la plupart de ses autres importations, contribuant à réduire les coûts de production (cf. notre édition N° 4435 du 07/01/2015).

Les interruptions de l’offre, la prorogation de l’accord de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et une croissance mondiale plus forte que prévu sont autant de facteurs qui ont fait grimper les cours du pétrole. Si cette hausse contribue à un redressement de la demande intérieure dans les pays exportateurs de pétrole, y compris l’Arabie saoudite, l’ajustement budgétaire qui demeure nécessaire devrait peser sur les perspectives de croissance.

Grâce à cette tendance haussière, les perspectives des pays exportateurs de pétrole se sont améliorées quelque peu (avec une légère révision à la baisse de la croissance en 2018 et une plus large révision à la hausse pour 2019). Tandis que celles des pays importateurs de pétrole se sont légèrement détériorées.

Comment évolueront les cours du pétrole? Les contrats à terme font état d’une baisse estimée à environ 53,6 dollars le baril en 2023. Les hypothèses de référence établies par le FMI semblent indiquer des cours annuels moyens de 62,3 dollars le baril en 2018, soit une hausse de 18% par rapport à la moyenne de 2017 et de 58,2 dollars le baril en 2019.

La baisse est due à une augmentation prévue de l’offre aux Etats-Unis et à l’expiration le moment venu de l’accord de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. A noter que des représentants de l’Opep et de leurs dix partenaires, dont la Russie, se réuniront le vendredi 20 avril en Arabie saoudite. C’est pour discuter de suivi de l’accord de réduction de la production, avant la réunion officielle de juin à Vienne.

Les risques

Des incertitudes continuent de peser sur les hypothèses de référence retenues pour les cours du pétrole. Les risques de hausse découlent notamment de nouveaux replis de la production au Venezuela et d’interruptions imprévues de l’offre dans d’autres pays. En même temps, les cours pourraient baisser plus rapidement qu’anticipé en raison d’une augmentation inattendue de la production aux Etats-Unis et au Canada. Cependant, l’extrémité longue de la courbe des contrats à terme devrait se maintenir à environ 55 dollars. Pour le professeur Philippe Chalmin, un des auteurs du rapport Cyclope 2017, le pétrole va rester dans la zone des 50 dollars, qu’il considère comme celle de l’équilibre (voir aussi notre édition N°5122 du 09/10/2017).

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(1) Banque mondiale: «Rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (avril 2018): la transformation économique» et FMI: «perspectives et politiques économiques mondiales, avril 2018»

 

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