International

Comment se porte la croissance américaine

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5242 Le 02/04/2018 | Partager
Elle se rapproche des 3% visés par Trump
L’analyse de Natixis sur sa macroéconomie

La croissance américaine s’est montrée solide fin 2017, se rapprochant des 3% visés par le président américain Donald Trump mais la tendance pour le début de l’année se révèle moins optimiste. Ceci dans un contexte de guerre commerciale et de volatilité boursière. En tout cas, les économistes ont déjà les yeux tournés vers les comptes du 1er trimestre 2018 qui seront publiés le 27 avril.

Peut-on croire que la baisse des impôts des entreprises aux Etats-Unis va déclencher un cercle vertueux? De l’avis des experts de Natixis qui ont publié une note économique sur le sujet, «la thèse optimiste est que la réforme fiscale, qui va gonfler les profits et les réserves de cash des entreprises américaines, va conduire à un supplément d’investissement et à un redressement de la productivité du travail dans le pays».

Pour répondre à cette thèse, les experts donnent l’exemple du Japon. «Les entreprises japonaises n’ont pas investi ou accru leurs gains de productivité et ont augmenté leur détention de liquidités et d’actions (ce qui reflète les acquisitions). En plus, elles se sont désendettées et ont fait évoluer leurs dividendes».

La Banque centrale américaine (Fed) a récemment relevé sa prévision de croissance pour 2018 à 2,7%, prenant en compte l’effet du stimulus fiscal et le gonflement des dépenses budgétaires, notamment militaires. Cela reste inférieur à l’objectif de 3% de croissance visé par Donald Trump. «Le moins qu’on puisse dire est que la macroéconomie de Trump n’est pas traditionnelle», commentent là aussi les économistes de Natixis.

«La logique macroéconomique de la relance budgétaire et du protectionnisme au plein-emploi et avec un pouvoir d’achat défaillant des salariés, politiques menées aujourd’hui aux Etats-Unis, nous échappe», disent-ils. La seule manière de comprendre cette politique économique est de penser que «son objectif est de faire monter les cours boursiers des entreprises des secteurs traditionnels. Lesquels bénéficieront de la baisse des impôts des entreprises, de la hausse des dépenses publiques d’infrastructure et de la capacité à augmenter leurs prix derrière les barrières douanières».

 

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