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    Economie

    Conjoncture: «Perspectives solides pour le Maroc»

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5242 Le 02/04/2018 | Partager
    Il peut compter sur la bonne croissance du PIB non agricole
    Et reste «bien placé pour confirmer sa compétitivité»
    Montée du protectionnisme: «Pas encore d'impact sur l'économie mondiale»
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    Pour Uri Dadush, senior fellow de l'OCP Policy Center, le Maroc semble disposer de perspectives solides, en dépit de la hausse du prix du pétrole et de la baisse prévue de la valeur ajoutée agricole, à cause des effets du climat (Ph. Bziouat)

    Contrairement aux sirènes alarmistes de certains «oracles» de l'économie mondiale, la crise ne va pas bientôt pointer son nez. C'est du moins ce qui ressort de l'intervention du Pr. Uri Dadush, senior fellow de l'OCP Policy Center, devant les étudiants de l'EGE, vendredi dernier à Rabat. Pour cet économiste basé à Washington, «l'économie mondiale traverse une période d'expansion considérable».

    En témoignent «les taux de croissance supérieurs à ceux des dernières 25 ans, réalisés actuellement avec une inflation très modérée», a-t-il expliqué. Le Maroc s'inscrit, selon lui, dans cette tendance positive. Pendant l'année en cours, mais aussi en 2019, le Royaume semble bénéficier de «perspectives solides». Cela, en dépit de «la hausse du prix du pétrole et de la baisse prévue de la valeur ajoutée agricole, à cause des effets du climat».

    Le Maroc peut compter sur «l'évolution solide de son PIB non agricole», a-t-il dit. Durant les deux dernières années, le pays a «profité d'une demande mondiale positive, avec une augmentation de 5%», a souligné Dadush. Cette dynamique devra se poursuivre durant les prochaines années. Pour cet économiste, plusieurs atouts font que «le Maroc est bien placé pour confirmer sa compétitivité». Il a mis l'accent sur «la diversité des sources de devises étrangères, notamment les exportations, mais aussi les recettes du tourisme et des transferts des MRE». Toutefois, il a insisté sur l'importance de «renforcer davantage la diversification des produits à l'export».

    C'est décisif dans un contexte mondial de plus en plus compétitif, au point de susciter de grandes tensions entre les puissances mondiales. Uri Dadush a également attiré l'attention sur une autre épine dans le pied du Maroc: «Le niveau de croissance n'est pas suffisant pour réduire les différents déséquilibres dont souffre le pays».

    Au niveau international, «les inégalités se sont creusées davantage», selon cet économiste, qui a fait référence à une récente étude de l'OCDE. Il en ressort qu'au niveau mondial, les 10% des ménages les plus pauvres ont continué à disposer de revenus modestes au moment où les 10% les plus riches ont bénéficié d'une augmentation considérable de leurs revenus.

    «Cela explique la vague populiste qui touche les États-Unis et certains pays européens», a-t-il expliqué. Depuis l'arrivée de l'administration Trump, les mesures protectionnistes se sont multipliées. «Idem pour les pays du G20, qui ont augmenté de façon impressionnante leurs mesures de protection», selon Dadush.

    Pour l'instant, «il n'y a pas eu encore d'impact considérable sur le commerce mondial. Celui-ci reste tiré par une conjoncture favorable», a-t-il précisé. Après plusieurs années d'évolution en dents de scie, les échanges mondiaux ont réussi à dépasser, en 2018, le taux de la croissance mondiale, selon cet économiste. Le PIB global est resté stable depuis 2000, aux alentours de 2,5 à 3%, à l'exception de la baisse brutale enregistrée en 2009, après l'éclatement de la crise.

    Cette tendance positive s'est traduite par une reprise du marché du travail, particulièrement au Japon, en Europe et aux États-Unis, cela est dû notamment à l'accélération des investissements en 2017, «pour la 1re fois depuis la crise», a noté Dadush. Ils ont enregistré une hausse annuelle de 6%.

    Pour les prochaines années, les États-Unis et l'Europe «vont rester sur une tendance d'expansion modérée. Mais c'est nettement mieux que la période marquée par les difficultés liées aux effets de la crise». Le moral des ménages et des hommes d'affaires semble également au beau fixe. «L'indicateur de confiance a atteint, durant les deux dernières années, des niveaux supérieurs à ceux d'avant la crise», selon cet économiste. Il a néanmoins mis en garde contre certaines menaces qui pourraient influencer la dynamique de croissance.

    C'est le cas notamment des «risques qui pourraient résulter de la politique fiscale et monétaire américaine actuelle». Les taux d'intérêt de la FED, aujourd'hui très bas, devront repartir à la hausse dans les prochaines années, avec des répercussions considérables.

    Quid des prochaines 20 années?

    Face au pessimisme ambiant, Uri Dadush préfère rester plutôt optimiste. Si la dynamique de croissance devra se maintenir, il sera néanmoins «imprudent de prévoir le maintien des même taux importants», a-t-il mis en garde. Ceux-ci devront revenir à un niveau de 2 à 2,5%. Cela est lié notamment à «la baisse prévue de la démographie et donc de la force de travail». A cela devra s'ajouter une «décélération de la productivité mondiale». Uri Dadush a aussi mis l'accent sur «les inquiétudes liées à la possibilité que des tensions aboutissent à une véritable guerre commerciale entre de grandes puissances».

     

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