Economie

Dialogue social: Pourquoi Moukharek n'attendra plus!

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5238 Le 27/03/2018 | Partager
Face à la mollesse du gouvernement, il compte muscler sa riposte
Augmentations salariales pour tous, baisse de l’IR, déductibilité des frais de scolarité
Le patron de l'UMT veut de bonnes nouvelles à annoncer le 1er mai

Des augmentations salariales pour tout le monde. C'est le nouveau chantier auquel s'attelle aujourd'hui Miloudi Moukharek, secrétaire général de l’UMT, lors des négociations avec le gouvernement et le patronat. Entouré de ses proches collaborateurs, Moukharek a présenté ses attentes pour ce nouveau round du dialogue social lors d’une rencontre à la Maison de la Presse de Tanger. «Le dialogue social ne vaut que par ses résultats et pas de résultats sans augmentations salariales généralisées», martèle Moukharek.

Pour ce dernier, le rythme actuel des consultations n’est pas de nature à rassurer. «L’Exécutif avait un agenda de discussions qui s’étalait sur trois ans, que nous avons refusé», insiste le leader de l’UMT qui attend des résultats avant le 1er mai «pour annoncer d’heureuses nouvelles aux travailleurs lors de leur fête», avance-t-il dans un message direct à l’actuel gouvernement d’El Othmani.

Moukharek assure que l’augmentation des salaires est devenue une nécessité surtout pour la classe moyenne qui croule sous le poids de la fiscalité actuelle. Le pouvoir d’achat des salariés a été largement entamé, surtout pour cette tranche de salariés. Pour ce, il prône un allègement de l’impôt sur le revenu, l’IR, et une augmentation des allocations familiales.

Actuellement, elles plafonnent à 200 DH pour les trois premiers enfants, 36 DH pour les suivants, «même pas de quoi s’acheter un yaourt par jour», selon le secrétaire général de l’UMT. Moukharek va même jusqu’à proposer une déductibilité à hauteur de 30 à 40% des frais de scolarité pour les salariés dont les enfants sont scolarisés dans l’enseignement privé en prétextant que la situation de l’école publique et les appréhensions qu’elle suscite sont la responsabilité du gouvernement.

Moukharek assure avoir été suffisamment patient avec l’actuel gouvernement. «Nous avons attendu lors de son installation en lui accordant les délais d’usage. Mais devant ses hésitations et son manque d’action, nous avons entrepris une série de démarches», souligne-t-il.

«Lors de notre première rencontre, El Othmani avait demandé quelques jours pour réfléchir à nos propositions», raconte Moukharek, qui dit être étonné de ne pas encore avoir reçu de réponse des mois après.
La réforme du statut de la fonction publique appelle les mêmes réactions de la part du syndicaliste. «S’il apporte de réels avantages pour les fonctionnaires, pourquoi pas. Dans le cas contraire, c’est un non catégorique», annonce sans ambages Moukharek.

Mais ce qui semble déranger le plus le «patron» de l’UMT sont les deux projets de lois concernant le droit de grève et des retraites auxquelles il promet de faire face. D’ailleurs, Moukharek considère ces deux projets de lois comme «l’héritage malheureux de l’action du précédent gouvernement d’Abdelilah Benkirane», une période de vaches maigres où les droits et la liberté syndicale ont brillé par leur absence.

CGEM: Si jamais c'était Mezouar, je...

Moukharek n’a pas manqué de donner son avis sur l'éventuelle candidature de Salaheddine Mezouar à la présidence de la CGEM. «Mezouar est un personnage sérieux. Pour être honnête, je dirais que c’est lorsqu’il était ministre des Finances que l’accord historique d’avril 2011 avait été atteint et qu’il y a été pour beaucoup», indique le syndicaliste qui assure que s’il est élu, il trouvera en l’UMT un véritable partenaire social. Rendez-vous est pris donc pour le 22 mai prochain pour connaître le dénouement.

 

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