International

Burkina Faso: La double attaque revendiquée par un groupe djihadiste

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5222 Le 05/03/2018 | Partager
16 morts dont huit parmi les forces de l’ordre et 12 blessés
Des cibles «ultrasécurisées» visées
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Ce double attentat survient tandis que se déploie la force du G5 Sahel associant cinq pays de la région: Mali, Burkina Faso , Niger, Mauritanie et Tchad (Ph. AFP)

La double attaque de Ouagadougou, qui a fait huit morts parmi les forces de l’ordre dans la capitale burkinabè, huit parmi les assaillants et 12 blessés a été revendiquée par un groupe djihadiste appelé Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM).

La naissance de ce groupe a été annoncée le 2 mars 2017. Il est issu de la fusion des groupes Ansar Dine d’Iyad Ag Ghaly, Al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar et «l’Emirat du Sahara», une branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Il se présenterait comme «le plus grand rassemblement de djihadistes de la région».

Dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, le GSIM affirme avoir mené ces attaques contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France à Ouagadougou, en représailles «à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines».

Ce double attentat a été mené au moment où se déploie la force du G5 Sahel, laquelle associe cinq pays de la région: Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad soutenus par la France. Et la montée en puissance de la force du G5-Sahel va de paire avec des «menaces terroristes croissantes «notamment aux confins du Burkina Faso, Mali et Niger. Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’ONU, a appelé à un «effort urgent et concerté» de la communauté internationale pour aider à stabiliser la région.

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Ce double attentat survient tandis que se déploie la force du G5 Sahel associant cinq pays de la région: Mali, Burkina Faso , Niger, Mauritanie et Tchad (Ph. AFP)

C’est la troisième fois en deux ans que la capitale du Burkina est la cible d’attaques visant des lieux fréquentés par les occidentaux. Dix-neuf personnes avaient été tuées dans un café le 13 août 2017, dans un attentat non revendiqué. Le 15 janvier 2016, 30 personnes avaient trouvé la mort lors d’une attaque revendiquée par Aqmi dont la photographe marocaine Leila Alaoui. Depuis 2015, le nord du Burkina Faso, frontalier du Mali, connaît régulièrement des enlèvements et des attaques perpétrés par des groupes djihadistes.

En octobre 2017, le gouvernement avait dressé un bilan de 80 attaques terroristes ayant tué 133 personnes. Mais sans jamais atteindre un tel niveau d’organisation avec deux groupes d’hommes armés opérant simultanément dans deux endroits du centre-ville de Ouagadougou et utilisant un véhicule piégé avant de lancer l’assaut sur l’état-major.

Et pour la première fois, les assaillants portaient des tenues militaires. Cette double attaque simultanée marquerait une rupture, en raison de sa préparation minutieuse, de son mode opératoire et des cibles ultrasécurisées qu’elle visait.

K. M. (avec agences)

 

 

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