International

Ce que coûtent les conflits violents

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5221 Le 02/03/2018 | Partager
Jusqu’à 13.600 milliards de dollars par an, l’équivalent de 13,3% du PIB mondial
Les recommandations de la Banque mondiale et des Nations unies
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Les conflits ont proliféré en l’absence de fortes réactions internationales et régionales (Ph. AFP)

La prévention des conflits violents pourrait sauver des vies mais aussi économiser jusqu’à 70 milliards de dollars en moyenne par an. C’est ce que dévoile une étude publiée par la Banque mondiale et les Nations unies intitulée «Pathways for Peace: Inclusive Approaches to Preventing Violent Conflict».

Celle-ci appelle à miser davantage sur la prévention de la violence pour instaurer la paix. L’étude évoque le printemps arabe, ses conséquences et la manière dont le Maroc a échappé à cette vague de contestation, notamment grâce à sa stabilité et ses réformes. 

Depuis 2005, les décès liés à des combats ont été multipliés par dix, l’année 2015 détenant un record en la matière. Entre 2010 et 2016, soit en tout juste six ans, le nombre de victimes civiles a doublé. Sans oublier celles et ceux qui ont été chassés de leur foyer. L’étude estime actuellement à 65,6 millions le nombre d’individus déplacés à l’intérieur de leur pays ou de réfugiés dont, dans ce dernier cas, plus de la moitié sont des enfants.

Selon des estimations, les conflits violents pourraient coûter jusqu’à 13.600 milliards de dollars par an, l’équivalent de 13,3% du produit intérieur brut (PIB) mondial. Sachant que le redressement après un conflit peut durer sur plusieurs générations.

L’étude démontre l’efficacité des mesures de prévention, mettant en avant plusieurs scénarios permettant de réaliser entre 5 et pratiquement 70 milliards de dollars d’économies par an. Le fait d’orienter les dépenses vers des investissements en faveur d’un développement inclusif et durable pourrait notamment permettre d’alléger significativement la facture.

Les conflits violents jouent déjà un rôle majeur dans la pauvreté. Et, à l’horizon 2030, plus de la moitié des pauvres vivront dans un pays connaissant des niveaux élevés d’insécurité. Le rapport rappelle cependant que le niveau de richesse et de revenu ne prémunit pas contre les violences, puisque les conflits touchent des pays à revenu intermédiaire comme des pays à faible revenu.

Les auteurs avancent donc une série de recommandations. Il s’agit notamment d’agir sur les facteurs de risques, avant que les motifs de mécontentement ne soient trop enracinés et de favoriser la participation des femmes et des jeunes. Il est question aussi de garantir un accès plus équitable aux ressources naturelles, aux services essentiels, à la sécurité et à la justice…

 

 

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