International

Partenariat transpacifique: La nouvelle version à 11 pays publiée

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5215 Le 22/02/2018 | Partager
L’accord doit être entériné en mars au Chili
Il prévoit une levée des barrières douanières et non-tarifaires
Trump avait posé comme condition d’obtenir un meilleur accord
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La décision du président Donald Trump de retirer son pays du partenariat transpacifique avait fait craindre pour la survie de l’accord, mais les autres membres ont réussi à le relancer

Renégocier un nouvel accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique pour satisfaire Donald Trump ne serait «pas si facile». C’est ce qu’a estimé le négociateur japonais de ce traité qui doit être signé le 8 mars par 11 pays.

«Si les Etats-Unis reviennent à une attitude plus positive à l’égard du partenariat transpacifique ou TPP, c’est quelque chose que nous accueillerons favorablement, mais ce ne serait pas si facile de modifier encore l’accord», a déclaré Kazuyoshi Umemoto, en charge des négociations pour le gouvernement japonais, lors d’une rencontre à Tokyo.

Après le retrait américain, les onze autres partenaires (Canada, Japon, Vietnam, Australie, Brunei, Chili, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour) ont relancé le projet et sont parvenus à un nouvel accord, qui doit être entériné le mois prochain au Chili. Il prévoit une levée des barrières douanières et des barrières non-tarifaires, comme la mise en place de normes communes dans plusieurs secteurs d’activités.

Le président américain a entrouvert la porte fin janvier à un retour des Etats-Unis dans le partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son sigle anglais), dont il avait claqué la porte il y a un an à son arrivée à la Maison-Blanche. Il avait toutefois précisé que cela nécessiterait d’obtenir «un bien meilleur accord, qualifiant le nouveau pacte d’horrible».

Le TPP à 11 pays qui représentent ensemble 13% du produit intérieur brut (PIB) mondial reprend l’essentiel des éléments. «Nous avons essayé de réduire au minimum les modifications en mettant en suspens une vingtaine de règles seulement, dont la moitié portent sur les droits de propriété intellectuelle», a précisé Kazuyoshi Umemoto.

Pour entrer en vigueur, le traité doit être ratifié par au moins six pays. Le gouvernement japonais prévoit d’achever sa procédure nationale d’ici cet été. Si le négociateur japonais a paru sceptique quant à un retour des Etats-Unis dans l’immédiat, il n’a pas exclu cette possibilité à plus long terme.

Le TPP initial, signé en 2015, avait à l’origine était promu par les Etats-Unis sous la présidence de Barack Obama et était vu comme un contrepoids à l’influence croissante de la Chine.

De son côté, la Corée du Sud a signé un accord de libre échange avec cinq pays d’Amérique centrale (Costa Rica, Salvador, Honduras, Nicaragua et Panama). Diversifiant ainsi son accès au continent américain en pleine période de frictions commerciales avec l’administration Trump.

L’accord intervient au terme de 32 mois de négociations avec ces cinq pays et le Guatemala, qui a décidé de ne pas s’y associer pour l’instant. Etats-Unis et Corée du Sud ont leur propre accord de libre échange, le KORUS, conclu en 2012. Il est en train d’être renégocié à la demande de Washington.

Le patron de l’OMC hausse le ton

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Le DG de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo, a mis en garde par voie de presse les Etats-Unis contre la «paralysie» du mécanisme international de règlement des conflits commerciaux. Cette mise en garde intervient alors que Donald Trump est accusé par certains pays, dont la Chine, de surfer sur le protectionnisme et l’unilatéralisme. Les Etats-Unis (qui présentent un important déficit dans leurs échanges avec Pékin et Séoul) ont déjà imposé des sanctions douanières en janvier sur les panneaux solaires chinois et sur les machines à laver sud-coréennes. Le président américain a aussi évoqué la possibilité d’imposer des droits de douane, voire des quotas d’importation dans le domaine de l’acier et de l’aluminium chinois. Face à ces mesures, la Chine a déjà menacé de faire appel à l’organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC. Mais ces tensions interviennent alors que cette institution est elle-même menacée... par les Etats-Unis, qui bloquent depuis plusieurs mois la nomination de nouveaux juges....

 

 

 

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