Société

Au SIEL, «le dressage des épouses»

Par L'Economiste | Edition N°:5212 Le 19/02/2018 | Partager
Des livres dégradants autorisés dans la sélection officielle du Salon
A l’heure où le Maroc adopte sa loi contre la violence faite aux femmes
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Alors que la loi contre la violence faite aux femmes vient juste d’être adoptée, c’est un véritable coup de poing à la moitié de l’humanité qui a été porté par deux livres présentés à la 24e édition du SIEL qui s’est clôturée hier. Parmi les ouvrages proposés par les 700 éditeurs présents, dont les égyptiens (invités d’honneur de cette année), des aberrations d’un autre temps.

La première estocade est signée par l’écrivain égyptien Fawzi Chaabane et publiée par Dar Al Kitab Al Arabi. Son titre a fait sensation «Tarwid Azzawjat» (dressage des épouses), vraisemblablement dans une définition extensive des animaux éligibles au dressage. Cet ouvrage avait déjà fait polémique en janvier dernier au Salon du livre de Tunis pour les mêmes raisons, comment a-t-il pu se retrouver dans la sélection de Casablanca?

Nous n’avons pas résisté à la tentation de regarder de plus près le contenu de cette «production littéraire» qui parle des équilibres et des rôles joués par les femmes dans les vies des prophètes. Le 2e ouvrage aussi avilissant à l’égard des femmes est celui de l’auteur Abdel Mouiz Khattab, édité par la maison Addar Addahabiya et portant le titre enflammé (accompagné d’une couverture qui l’est tout autant) de «Nissae min Ahli Nar».

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Traduisez: «Des femmes du peuple de l’enfer». L’auteur considère que ces femmes sont reconnaissables à quelques traits communs: vol, trahison et mensonge. Elles sont aussi reconnaissables aux faits d’être parfumées, nues ou vêtues. Dans le lot, celles qui s’épilent les sourcils ou portent des extensions aux cheveux! Toutes des sataniques... L’ouvrage fait au passage quelques pages de sens commun: il est mal de voler, de trahir ou de mentir. Cela n’atténuera pas l’impression nauséabonde que laisse sa lecture.

Des livres choquants, qui font tomber en disgrâce cet évènement littéraire censé apporter une ouverture d’esprit aux nombreux jeunes et enfants, en plein apprentissage, qui le visitent. Et là se pose la question: A quel moment s’arrête l’information et débute l’endoctrinement?  

Kenza AIT DAOUD et Atika RATIM, étudiantes en journalisme ESJC

 

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