International

Le procès d’Ahed Tamimi prendra des mois

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5210 Le 15/02/2018 | Partager
C’est le nouveau visage de la protestation palestinienne

Le procès d’Ahed Tamimi, une Palestinienne devenue une icône de l’engagement contre l’occupation israélienne, s’est ouvert mardi 13 février à huis clos devant un tribunal militaire israélien. La jeune fille âgée de 17 ans, a été arrêtée en décembre à la suite d’une vidéo la montrant en train de frapper des soldats israéliens dans son village de Nabi Saleh, en Cisjordanie occupée.

C’était dans le contexte des protestations palestiniennes alors quasiment quotidiennes contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem (la ville d’Al qods) comme capitale d’Israël.

Son procès, qui devait initialement commencer le 31 janvier, a été reporté plus d’une fois. La mère d’Ahed Tamimi, Narimane, et sa cousine Nour apparaissent aussi dans la vidéo et doivent elles aussi être jugées. Mais seule Ahed Tamimi était présente mardi matin devant le tribunal militaire d’Ofer, en Cisjordanie occupée. Dès le début de l’audience dans une salle bondée, le juge a ordonné le départ des journalistes mais aussi des diplomates présents, autorisant seulement la famille à rester.

Un débat public n’est pas dans l’intérêt d’une mineure comme Ahed Tamimi, arrivée en blouson de prisonnière, entraves aux poignets et chevilles, a dit le juge cité par les agences de presse. L’avocate Gaby Lasky s’est indignée devant les journalistes, peu après leur évacuation. Les débats ont été ajournés au bout de deux heures jusqu’au 11 mars, le temps pour l’accusation de préparer sa réponse.

Le procès pourrait prendre des mois. Israël poursuit Ahed Tamimi sous douze chefs d’inculpation. Non seulement pour les agissements du 15 décembre, mais aussi des faits antérieurs présumés, comme des jets de pierres contre les soldats, des menaces ou sa participation à des «émeutes»…

L’ONU et l’UE préoccupées

Le bureau du Haut Commissaire de l’ONU pour les droits de l’Homme et l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation devant le cas Tamimi. La convention internationale des droits de l’enfant stipule que l’emprisonnement d’un enfant doit être une mesure de «dernier ressort» et «aussi brève que possible». Amnesty International a réclamé la libération immédiate d’Ahed Tamimi, qui «ne posait aucun danger» pour deux soldats lourdement armés et dont la détention prolongée vise selon elle à «intimider» les enfants palestiniens. Environ 350 enfants palestiniens sont détenus par Israël, selon l’organisation.

 

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