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    Economie

    Investissements: Le Maroc doit viser l’Afrique anglophone

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5148 Le 15/11/2017 | Partager
    Une fenêtre s’est ouverte avec le recul du Nigeria et l’Afrique du Sud
    Une aubaine pour le Maroc, mais l'arrivée des géants guette
    L’Ethiopie avec sa vision et sa stabilité, un cas d’école
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    Pour Marcus Courage, le Maroc doit se tourner au plus vite vers l’Afrique anglophone et profiter du ralentissement de pays comme le Nigéria ou l’Afrique du Sud (Ph. Adam)

    L’Afrique est un continent d’opportunités et la maxime s’applique même pour ses propres pays, selon Marcus Courage, Directeur du cabinet Africa Practice qui vient de s’installer à Casablanca. En effet pour l’expert, le Maroc doit profiter de l’opportunité du recul relatif des économies de pays comme l’Afrique du Sud et le Nigeria pour avancer ses pions en Afrique anglophone, une fenêtre qui est limitée dans le temps.
     
    - L’Economiste: L’Afrique a perdu de son attractivité en matière d’investissements, à quoi est due cette situation?
    - Marcus Courage
    : Depuis la dernière crise économique et la baisse de la demande en produits de consommation, plusieurs économies africaines ont eu des difficultés, surtout celles basées sur le pétrole et les matières premières. Pour surmonter le trou d’air, les gouvernements travaillent à diversifier les finances et la structure de leurs économies.
    C’est le cas de pays comme le Nigeria, l’Afrique du Sud ou l’Egypte qui font face à de grands défis économiques et fiscaux dont les effets se font sentir sur la croissance de leur produit intérieur et sur leur attractivité. Cela a permis aux économies «moyennes» de monter et d'apparaître sur le radar des investisseurs. Des économies comme la Zambie, la Tanzanie ou aussi celles plus stables et prévisibles avec une vision à long terme claire, comme  le cas du Rwanda, de l’Ethiopie et du Maroc.

    - Ces pays peuvent-ils s'aligner avec le Nigeria, ou même le détrôner?
    - L'Ethiopie, le Rwanda et le Maroc font partie, à mon avis, du «top ten» des économies les plus attractives pour les investisseurs étrangers à l’heure actuelle. Mais le défi pour ces trois pays est de maintenir ce statut même lorsque le Nigeria et l’Afrique du Sud arrivent à reprendre leur rythme, ce qui n’est qu’une question de temps.

    - Le Maroc affiche clairement son ambition avec son grand effort d’investissement dans des pays d’Afrique...
    - Les pays ont des stratégies différentes. Le Maroc, un pays avec de grandes entreprises qui se diversifient dans le reste de l’Afrique a, en effet, effectué une bonne avancée dans l’Afrique francophone. Mais ses ambitions devront aller au-delà de son territoire d’influence et viser l’Afrique anglophone et même l’Afrique subsaharienne. En effet, il y a une fenêtre d’opportunités pour les entreprises marocaines pour s’étendre et croître dans ce continent avant qu’il y ait une reprise des «géants». Elle ne devrait pas durer de manière éternelle et je suppose qu’elle devra se refermer dans les deux années à venir.
     
    - Quelles sont les différences entre les marchés anglophones et francophones?
    - La principale caractéristique des marchés anglophones, c’est la culture de l’expérimentation avec une absence de la crainte de l’échec dans la plus pure tradition anglo-saxonne. Mais au niveau fondamental, il y a aussi de grandes nuances en matière juridique. Le cadre légal est en effet d’une grande flexibilité au niveau de l’emploi ce qui facilite l’investissement. Pour cette raison, il est fort à parier que les entreprises francophones trouveront l’environnement très libéral et encourageant. Mais d’un autre côté, je crois qu’il ne faut pas exagérer ces différences de culture. La différence de langue reste une difficulté majeure, mais la mentalité ne diffère pas pour autant, et les affaires sont les affaires, quelle que soit la langue.
     
    - Que recherchent les investisseurs en particulier?
    - Prévisibilité. C’est pour cette raison que même des économies petites mais stables comme le Botswana, la Namibie, le Rwanda ou surtout l’Ethiopie avec leur vision à long terme sont attirantes.
     
    - Quel est le secret de l’Ethiopie?
    - C’est une question de gouvernance. La classe politique de ce pays a eu le courage de créer une vision à long terme pour son économie et de s’y tenir. Les dirigeants ont même eu l’audace de dire non aux bailleurs de fonds occidentaux si l’aide n’allait pas dans le sens des plans et de la stratégie du gouvernement. Le pays a eu la sagesse, en plus, de ralentir la privatisation de certains pans de son économie, le temps que des acteurs locaux puissent prendre la relève. Et cette manière de voir, surtout le maintien des grands axes de la vision, engendre beaucoup de confiance auprès des investisseurs et ce malgré une lourde bureaucratie.

    Les chances du Maroc

    Selon Marcus Courage, le Maroc dispose d’un potentiel à peine entamé. Il profite d’un emplacement stratégique en tant que pont entre l’Afrique et l’Europe en plus de réseaux de connexion stratégiques qu’il a su tisser avec les deux continents et qui font de lui un acteur incontournable au niveau régional et continental. Il a actuellement la possibilité de faire avancer les intérêts de ses acteurs économiques au plus profond de l’Afrique et de les placer parmi les premiers investisseurs au niveau du continent. 

    Propos recueillis par Ali ABJIOU

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