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Tribune

Désarroi, manque de confiance? Renouvelons nos élites!

Par Pr. Hammad KASSAL | Edition N°:5147 Le 14/11/2017 | Partager

Président de la commission «Financement et Délais de paiements», le Pr. Hammad Kassal a claqué la porte de la CGEM en juin 2019, fâché que la Confédération patronale ne traite pas avec plus de fermeté la question des retards de paiements. Entrepreneur il est aussi professeur universitaire à Al Akhawayn et vice-président de l’Association de Développement de Taza. Il a été élu président de la Fédération des PME-PMI en 2003, sous le mandat de Hassan Chami. Nos lecteurs connaissent depuis de nombreuses années ses analyses sur le domaine industriel, et particulièrement pour les PMI. On se reportera spécialement à L’Economiste du 3 avril 2014. Aujourd’hui, il dit être un «militant de la CGEM depuis 1995» (Ph. L’Economiste)

Les Marocains ont une vision brouillée de leur avenir. Ils sont inquiets et ne comprennent  plus ce qui se passe. Pourtant nous avons des atouts pour mettre notre nation à l'abri des secousses, dans un monde où la ressource rare sera de plus en plus la ressource humaine et ses innovations.
Nous sommes en désarroi: nous n'avons plus confiance en nos élites. Impuissante, carriériste et déconnectée du quotidien de nos concitoyens.

Elites «notabilisées»

Il est inconcevable que des élus, des dirigeants d'institutions puissent se déclarer incapables d'agir à cause des procédures qu'ils ont eux-mêmes confectionnées.
Nos élites, «notabilisées», empêchent les Marocains d'évoluer. Ils n'ont pas la moindre disponibilité pour transformer les procédures bureaucratiques  dont ils ont la charge dans leur commune, leur région et au Parlement.
Nos hommes politiques n’ont pas vu le temps passer. Le monde a changé, leur mode de raisonnement était et reste inefficace, archaïque  et tribal.
Ces 20 dernières années, jamais notre société n’a changé autant, ni si vite dans ses activités et dans ses mœurs. Nos élites semblent incapables de la  comprendre tant elles sont prisonnières de leur raisonnement de clan traditionnel.
Elles s’épuisent à faire tourner un mode de pensée caduque. Elles sont incapables de voir qu’elles sont responsables de l’impuissance dont elles se plaignent.
Je suis choqué quand j’entends dire que nous avons les élites que nous méritons. Les élites politiques marocaines sont le  produit d’un système qu’elles ont engendré. Ce système est contre-productif.

Crise d’idées

Dans tous les partis politiques marocains, on retrouve les mêmes problèmes: sclérose de plus en plus visible, demande  de réforme, agitation intellectuelle stérile et impuissance totale à mettre en œuvre et même à comprendre ce que pourrait être le changement. Derrière cette  paralysie se profile, en effet, une crise structurelle beaucoup plus grave, une crise de mutation profonde. La raison tient avant tout à la perception confuse  du modèle sociétal marocain envisagé par cette élite.
L’extraordinaire gaspillage de ressources et de talents dont sont responsables les élites politiques  tient à leur méfiance congénitale à l’égard de la capacité des Marocains d’innover par eux-mêmes, le mépris de la compétence,  au profit de l’appartenance, a fait perdre à notre pays des occasions de modernisation dont le coût actuel est lourd à supporter.
La crise que vivent nos partis est d’abord une crise d’idées et d’absence de pensée. Ce qui crée un consensus stérile  autour d’une  vision conservatrice et  réactionnaire. Car, quelle que soit leur couleur partisane, nos élites  parlent la  même langue: la langue de bois.
 Et comme disait mon grand ami feu Mohamed M’Jid,  «les politiciens dans notre pays ont besoin d’un repos biologique pour régénérer».

Notre pensée est bloquée

J’AI cru longtemps que le poids de l’idéologie paralysait les hommes politiques. Maintenant,  il faut chercher les raisons dans leur âme profonde. Ces comportements sont en contradiction avec les exigences du Maroc nouveau dont le rayonnement dépasse les frontières et dont les Marocains surtout les actifs les plus dynamiques s’accommodent bien.
Ce n’est pas  notre société qui est bloquée, c’est le mode de penser de l’élite politico-administrative. La société avec ses nouveaux acteurs (société civile, jeunes sans étiquettes...) avance tant bien que mal, parfois avec des dérapages par manque de repères et souvent par manque d’encadrement.
Certains, ayant une histoire riche en militantisme, s’acharnent à rester collés à des postes vides de toute intelligence. J’en ressens plus que de la tristesse. Je suis navré et consterné.
Ces hommes qui se sont battus pour un idéal, pour du renouveau et de modernité, forment aujourd’hui la première force de blocage dans notre pays pour des petits  calculs d’égoïstes.

 

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