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Analyse

Farine subventionnée: «Sa suppression n’impactera pas le prix du pain»

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5122 Le 09/10/2017 | Partager
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«Les déboires de la gestion de la subvention ont coûté cher à l’activité meunière», estime Chakib Alj (Ph. FNM)

Le président de la Fédération nationale de la minoterie, Chakib Alj, ne mâche pas ses mots. Il veut en finir avec la gestion de la subvention accordée à la farine nationale de blé tendre. Selon lui, le système plombe l’activité meunière en générant contraintes et dysfonctionnements.

- L’Economiste: Vous soutenez que la suppression de la subvention de la farine nationale de blé tendre n’aurait aucune incidence sur le prix du pain. Peu de gens vous croiront.
- Chakib Alj
: Absolument, dans la mesure où une part importante de cette farine provient du produit dit libre issu pour l’essentiel du blé tendre d’importation. Or, dans le système actuel, la subvention constitue un complément de prix de revient pour le minotier. Ce qui se traduit souvent par une guerre des prix qui pénalise les unités les plus performantes.
A titre d’illustration, 20 moulins produisent 60% des écrasements, mais participent pour moins de 5% à la fabrication de la farine subventionnée. Autre constat qui plaide pour le parachèvement de la libéralisation est donné par l’activité des semouleries. Celle-ci a été libéralisée il y a deux décennies et les prix se sont stabilisés, voire ont baissé. Parallèlement, la production de la semoule est passée de 200.000 à 800.000 tonnes.      
- Quelles propositions avez-vous faites au gouvernement?
- La dernière proposition de la profession, fruit d’une mûre réflexion à travers une étude pilotée par la Fédération interprofessionnelle des activités céréalières, a pris en considération les soucis des pouvoirs publics en termes d’écoulement de la production du blé local, du maintien du prix des farines à un niveau accessible pour les populations pauvres et des impératifs du marché par une régulation normale.

- Concrètement comment cela devrait marcher?
- Le souhait de la profession est de se dégager totalement de la gestion de cette subvention. Si l’Etat veut la maintenir, il doit la redéployer en dehors du circuit de l’industrie meunière.  A charge donc pour les pouvoirs publics de mettre en place les mécanismes  qu’ils jugent adéquats.
Les multiples réunions tenues aussi bien avec le ministère de l’Agriculture que celui en charge des Affaires générales nous permettent d’envisager l’avenir avec optimisme. D’ailleurs, des promesses nous été données pour qu’une solution soit apportée avant la fin de l’année.

- Quel est  l’enjeu de cette réforme?
- Sur les 10 dernières années, le volume de la farine subventionnée a beaucoup baissé. Il s’établit actuellement à 6,5 millions de quintaux au lieu de 10 millions, il y a une décennie. De même, le montant servi se situe aux alentours de 1,5 milliard de DH. Mais les déboires de la gestion de la subvention ont coûté cher à l’activité meunière: 60 moulins ont baissé le rideau sur la même décennie.
Propos recueillis par Aziz GHOUIBI

 

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