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    Dans la peau d’un dyslexique

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5072 Le 25/07/2017 | Partager
    Prouver que l’on souffre d’un handicap invisible, un calvaire
    Des problèmes de lecture et d’écriture, mais aussi d’organisation et de concentration
    Une très faible estime de soi
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    Ayant des problèmes à appréhender l’écrit, les dyslexiques s’orientent plus vers l’expression verbale. «Ils excellent souvent dans tout ce qui est artistique, et ont un esprit imaginaire plus fort», précise Achraf Ouerrachi, psychoéducateur (Ph. F. Al Nasser)

    Souffrir d’un handicap invisible est loin d’être une partie de plaisir. D’apparence normale, les personnes dyslexiques ont souvent du mal à convaincre leur entourage qu’elles sont victimes d’un dysfonctionnement neurobiologique les empêchant de lire et d’écrire correctement. 
    A l’école, la situation est d’autant plus délicate, puisque ce trouble est quasi inconnu des enseignants. Les élèves atteints sont généralement mis au fond de la classe, et oubliés tout au long de l’année, ou encore, violentés pour un trouble qu’ils n’ont pas choisi. D’ailleurs, eux-mêmes ne trouvent pas d’explication à leur incapacité à appréhender les lettres et les mots comme leurs camarades, alors qu’ils ne souffrent d’aucun retard mental. «Ces enfants sont généralement traités de manière inhumaine et poussés à quitter l’école», regrette Zhour Le Qouider, présidente de l’Association marocaine des troubles et difficultés d’apprentissage (AMTDA). La dyslexie touche en moyenne 8 à 10% de la population. Si l’on prend le cycle primaire, qui compte près de 4,2 millions d’élèves, cela représente au minimum une population d’environ 336.000 enfants. Il n’existe, malheureusement, aucun dispositif de détection ou de prise en charge. Selon les campagnes de dépistage de l’AMTDA, réalisées à Casablanca, le taux de prévalence va jusqu’à 13%.
    Déchiffrer les lettres n’est pas l’unique difficulté rencontrée par les dyslexiques. Ils souffrent aussi de problèmes d’organisation et d’orientation, et ont une notion du temps plutôt relative. «Ils déploient beaucoup de temps et d’efforts pour exécuter des tâches que des personnes normales trouveraient banales», explique la présidente de l’AMTDA. L’aide de leur entourage est pour ainsi dire essentielle. «L’estime de soi des enfants atteints est souvent assez faible. Ils ont, également, du mal à être bien dans leur corps face à des situations de stress et d’angoisse, et ont des problèmes d’attention et de concentration. Un psychomotricien peut les aider à se sentir bien, à mieux se concentrer et à mieux organiser leur travail», explique Achraf Ouerrachi, psychoéducateur. «Il est possible de les soumettre à une rééducation corporelle, afin de leur permettre de mieux s’orienter, y compris face à la lecture et à l’écriture, et de développer une bonne compréhension», poursuit-il. 
    Avec une prise en charge adéquate (psychomotricité, orthophonie, psychologie…), les personnes dyslexiques peuvent bien s’en sortir, surtout avec les possibilités offertes par les TIC. De nombreux dyslexiques ont changé le monde, dont Albert Einstein, Mozart, Henry Ford… et la liste est encore longue.
     

     

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