×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

×

Message d'erreur

  • Notice : Undefined variable: user dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Trying to get property of non-object dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1246 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1250 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
Economie

Réforme du régime de change: L’annonce de la date était une erreur

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5061 Le 10/07/2017 | Partager
«Les autorités auraient dû foncer sans avertir»
La spéculation fait partie du bon fonctionnement du marché
Seules les entreprises flexibles se maintiendront
stephanie-colliac.jpg

Stéphane Colliac, économiste senior en charge de la France et de l’Afrique chez Euler Hermes: «Si l’instrument de couverture est utilisé uniquement pour les besoins des opérations commerciales, le coût va rester élevé» (Ph. S.G.)

Stéphane Colliac est économiste senior en charge de la France et de l’Afrique chez Euler Hermes, spécialiste de l’assurance-crédit. Pour lui, le Maroc bénéficie de conditions macroéconomiques favorables au passage à l’élargissement de la bande de fluctuation de sa monnaie.  Les autorités monétaires auraient dû foncer sans faire d’annonce en vue d’éviter la spéculation. Le Maroc est noté B1 par Euler Hermes, la meilleure note du continent africain en raison notamment de l’efficacité de ses politiques économiques.

- L’Economiste: Comment évaluez-vous les  hésitations sur l’agenda de la réforme de change du dirham? 
- Stéphane Colliac: Ce n’est pas  surprenant. Ces hésitations entourent d’autres réformes. Elles sont lentes et mettent du temps à être adoptées. Le passage d’une phase où le taux de change est fixe à un plus grand élargissement de la bande de cotation dans le calme s’effectue avec beaucoup de précautions. Si les opérateurs ne se sont pas habitués, c’est parce que les mécanismes de couverture n’existent pas ou sont peu utilisés pour être liquides et refléter un prix acceptable. Dans ce genre de réforme, il faut sauter le pas mais la prise de risque est toujours difficile. 

- Pourtant, les autorités monétaires ont réalisé les études et préparé le terrain.
- Cette préparation est théorique. Elle ne marche pas sans la  pratique. Pour les entreprises, cette pratique vient de l’envie de se couvrir contre les variations du taux de change pour éviter les pertes. A ce moment, les couvertures se développeront et deviendront de vrais instruments. Pour l’instant, cela reste de la théorie. De même, la couverture du risque de change ne peut se limiter aux motifs strictement commerciaux en évitant toute spéculation. Quand on propose un instrument financier, c’est difficile de séparer automatiquement entre le but commercial et la spéculation qui n’est pas uniquement négative. Le marché ne peut pas se passer des spéculateurs puisqu’ils en constituent l’activité. Les titres doivent être échangés sur le marché pour leur valorisation  et aussi pour que le coût de la couverture baisse. Si l’instrument est juste utilisé pour des opérations commerciales, le coût va rester longtemps élevé. 

- Comment expliquer les craintes sur cette réforme et les spéculations sur une éventuelle dépréciation du dirham?
- Elles sont liées au fait qu’une date a été annoncée. Pour ce genre de mesure, il faut une hyper-crédibilité comme l’adoption de l’euro annoncée des années à l’avance. Par contre, un pays qui régule les flux de capitaux et les opérations de change n’a pas à annoncer le passage vers plus de flexibilité. Il faut sauter le pas sans l’annoncer à l’avance. 

- Quels sont les risques puisque l’idée est de tenir les opérateurs informés? 
- L’annonce de la date du passage à plus de flexibilisation crée de la mauvaise spéculation: prise de positions à l’avance pour pallier toute crainte, voire même un climat de panique si cela se densifie. Au Maroc, il n’y a pas eu de panique mais cela  a entraîné des demandes de couvertures importantes alors que l’instrument est atrophié. Cela a eu un impact de 25 milliards de DH en devises.  Ce chiffre est impressionnant mais il ne met pas la Banque centrale en difficulté puisque les réserves de changes sont confortables. Par contre, cela veut dire qu’il y a eu de la spéculation sur la crainte d’une forte dépréciation du dirham. Dans ce cas, les pertes peuvent être importantes si le dirham ne se déprécie pas de manière forte. Le mésalignement du taux de change peut se traduire par des pertes élevées et il faut éviter la constitution de positions trop unilatérales. 
- Dépréciation importante du dirham, voire une dévaluation, quel est le scénario le plus probable? 
- Le risque symétrique est possible mais peu probable. A court terme, la probabilité d’une dépréciation du dirham est plus importante. Mais les fondamentaux du Maroc ne militent pas forcément pour cette option. 
Globalement, la valeur  fondamentale d’un taux de change tient à la comparaison des prix à l’exportation et à l’importation. Les prix à l’exportation sont sur une évolution stable alors que ceux à l’importation sont instables en raison du pétrole.  En 2012, la hausse des cours a dégradé la balance commerciale. Depuis, la situation s’est inversée et c’est une condition favorable pour flexibiliser le taux de change. Il faut que la Banque centrale parviennent à mettre en place un vrai flottement (relatif) pour éviter le mouvement unidirectionnel. Les pressions à la dépréciation pourraient aboutir à des spéculations sur l’élargissement de la borne. A ce moment, la crainte que la spéculation l’emporte se matérialisera.  

- Cette flexibilité sera-t-elle bénéfique pour les entreprises? 
- Des entreprises vont pâtir de cette réforme, celles qui vont faire des pertes de change conséquentes. La faillite est un processus normal du capitalisme: des entreprises disparaissent, d’autres naissent. L’intérêt pour le Maroc est d’avoir des entreprises solides et aptes à faire face à la concurrence. Les plus compétitives pourront s’adapter rapidement au risque. Dans un cadre général, cette réforme vise l’accentuation de  l’industrialisation du pays et l’ouverture croissante de l’économie.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc