Analyse

Immobilier: Le modèle économique montre ses limites

Par Amin RBOUB | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Inquiétants stocks d’invendus!
Logement social «amélioré»: Recadrage tous azimuts en 2018
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Pour relancer l’immobilier, il va falloir impérativement revoir le dispositif du logement social et celui de la classe moyenne et surtout assurer une adéquation entre l’offre et la demande (Ph. L’Economiste)

Offre surabondante, importants stocks d’invendus, inadéquation entre l’offre et la demande, fortes corrections des prix à Marrakech, Tanger, Fès, Meknès, surendettement de promoteurs, accumulation d’impayés bancaires, d’agios, ralentissement des mises en chantier... La situation est tellement inquiétante que certains promoteurs mettent la clé sous le paillasson. «L’immobilier est une activité cyclique.

Le secteur s’inscrit dans des cycles plus longs avec des rentabilités différées», analyse Abdellatif Zaghnoun, DG de la Caisse de dépôt et de gestion. Voilà qui résume parfaitement bien la situation actuelle du marché, surtout auprès des gros opérateurs.
Chez quasiment tous les promoteurs, il y a de fortes inquiétudes sur les méventes et les volumes de stocks d’invendus malgré la baisse des taux d’intérêt bancaires.

En effet, d’importants stocks sont un peu partout, aussi bien auprès des petits promoteurs que de grands groupes structurés, a fortiori dans le logement social. De l’avis de promoteurs eux-mêmes, le concept des logements sociaux montre ses limites, le  produit s’essouffle suite au tassement de la demande... Pour écouler les stocks, des opérateurs pratiquent des remises des prix, opèrent des aménagements avec piscine, ascenseurs, cuisine équipée, ameublement offert, tambolas...

Sauf que cela n’emballe pas grand-monde. «L’offre est certes abondante, mais la demande ne suit pas. L’essoufflement de ce type de produit s’explique d’abord par une offre pléthorique et inadaptée dans de nombreuses villes», précise un analyste. Il va falloir lancer de grosses opérations de déstockage et revoir le dispositif.

C’est même une question de survie pour un segment qui représente 40% de la demande.  Face à cette situation, la tutelle a décidé de recadrer ce type de produit en 2018. La nouveauté réside dans le lancement dès l’année prochaine d’un logement social «amélioré».

Un produit dont le prix varie entre 250.000 et 450.000 DH. L’enjeu est de rehausser les standards, améliorer la qualité des matériaux, mettre en place un cahier des charges plus exigeant, optimiser les superficies et le nombre de pièces, assurer une corrélation entre l’offre et la demande tout en garantissant des relais de croissance inscrits dans la durée avec l’émergence d’une nouvelle demande. L’autre priorité du marché consiste à revoir de fond en comble le dispositif pour la classe moyenne.

Un concept pratiquement impossible dans les grandes villes (Casablanca, Rabat...) compte tenu de la cherté du foncier. Du coup, ce produit  n’a pas eu l’adhésion des promoteurs, qui n’y trouvent pas suffisamment d’incitations. Sur ce registre, le ministère de tutelle promet de mettre en place des mesures attractives  pour optimiser l’adhésion des opérateurs, surtout par rapport à un produit très attendu par la classe moyenne résidente des grandes agglomérations.

 

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