Economie

Investissements directs étrangers: La Cnuced optimiste mais prudente

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5041 Le 08/06/2017 | Partager
Une reprise de 5% dans le monde cette année
Croissance, échanges, bénéfices des entreprises… facteurs positifs
Mise en garde concernant les risques géopolitiques et incertitude politique
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Les flux d’IDE devraient augmenter encore légèrement en 2018 pour s’établir à 1.850 milliards de dollars, ce qui restera toutefois inférieur au niveau record de 1.900 milliards de dollars enregistré en 2007

Les investissements directs étrangers dans le monde sont au vert. Ils devraient progresser de 5% pour atteindre 1.800 milliards de dollars cette année, selon le «Rapport sur l’investissement dans le monde 2017: investissement et économie numérique» établi par la Cnuced.

Ceci après avoir enregistré un léger repli (2%) en 2016, pour s’établir à 1.750 milliards de dollars. Ces projections s’expliquent par des perspectives de croissance économique plus forte dans les principales régions, une reprise de la croissance des échanges commerciaux et un rétablissement des bénéfices des entreprises.

Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde devraient être les principales destinations de ces investissements. Plusieurs chefs d’entreprise comptent maintenir leur confiance dans les performances économiques des pays d’Asie en développement. Les flux devraient être en légère hausse dans la plupart des autres régions (à l’exception de l’Amérique latine et des Caraïbes) et progresser d’environ 10% dans les pays en développement considérés globalement.

«Une reprise réelle d’IDE n’est pas encore véritablement acquise, mais nous sommes prudemment optimistes. Bien que le rapport prévoit un accroissement modeste pour 2017, d’autres facteurs, tels que des risques géopolitiques accrus et une plus grande incertitude politique, pourraient limiter l’ampleur de la reprise», selon le Secrétaire général de la Cnuced, Mukhisa Kituyi.

En 2016, les Etats-Unis sont restés le premier pays d’accueil des investissements directs étrangers avec 391 milliards de dollars (soit une progression de 12% sur un an). Ils sont suivis par le Royaume-Uni et d’Irlande du Nord qui est passé directement de la quatorzième à la deuxième place avec 254 milliards de dollars sous l’effet d’importantes opérations de fusions-acquisitions transfrontières.

La Chine occupait la troisième place avec 134 milliards de dollars, une légère baisse de 1% par rapport à 2015. La baisse de 2% des flux mondiaux d’IDE en 2016 s’est produite dans un contexte de croissance économique faible et, du point de vue des entreprises multinationales, de risques politiques importants.

L’essentiel de la baisse peut être attribué à une forte diminution des prêts interentreprises qui n’a été que partiellement compensée par une augmentation des prises de participation. Les flux vers les pays en développement en particulier ont été durement touchés. Ils ont reculé de 14% pour s’établir à 646 milliards de dollars. Malgré cette forte baisse, les pays en développement représentaient encore la moitié des 10 premiers pays de destination d’IDE en 2016.

Les flux d’IDE en provenance des pays développés sont restés peu soutenus. Ils ont baissé de 11%, revenant à 1.000 milliards de dollars, principalement en raison d’une chute des investissements des entreprises multinationales européennes. Les Etats-Unis sont restés le premier pays d’origine d’IDE en 2016, bien que les flux ont très légèrement fléchi (-1%), pour s’établir à 299 milliards de dollars. Les flux en provenance des pays en développement ont stagné, à 383 milliards de dollars, malgré une forte augmentation d’IDE chinois, la Chine, étant désormais le deuxième pays investisseur dans le monde.

Le G20 cartonne

Le World Investment Report 2017, qui suit l’activité économique internationale dans un certain nombre de domaines, montre que les flux à destination du Groupe des 20 (G20) ont dépassé la barre des 1.000 milliards de dollars pour la première fois. La situation dans les grands groupes économiques, tels que le G20 et le Forum de coopération économique Asie-Pacifique, a fortement influencé les tendances mondiales en matière des investissements directs étrangers.

                                                                          

L’économie numérique et ses effets sur l’investissement

Le secteur du numérique est en pleine croissance, selon la Cnuced. Les multinationales du numérique (plateformes en ligne, firmes de e-commerce, entreprises spécialisées en contenus numériques) connaissent un taux de croissance considérablement plus élevé que les autres multinationales. Celles spécialisées en numérique réalisent environ 70% de leurs ventes à l’étranger alors que 40% seulement de leurs actifs sont situés hors de leur pays d’origine.

Elles créent donc moins d’emplois directs dans les pays d’accueil que dans leur propre pays. Toutefois, leurs investissements peuvent améliorer la compétitivité et contribuer au développement numérique des pays d’accueil. La faible diversité régionale des entreprises du numérique entraîne une concentration de la structure mondiale de l’investissement. Plus de 60 des 100 premières multinationales du numérique sont originaires des Etats-Unis, suivis du Royaume-Uni et de l’Irlande du Nord et de l’Allemagne. Cette concentration est encore plus prononcée s’agissant des plateformes Internet: 10 des 11 principales multinationales du numérique figurant dans le palmarès sont originaires des Etats-Unis.

La présence de grandes multinationales du numérique dans les pays en développement demeure marginale. Seules quatre entreprises du palmarès ont leur siège social dans un pays en développement. En outre, seulement 13% des filiales des 100 premières multinationales du numérique sont situées dans des pays en développement ou en transition, alors que cette proportion est d’environ 30% pour l’ensemble des multinationales.

«L’économie numérique a des effets importants sur l’investissement, lequel est essentiel pour le développement numérique», indique Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Cnuced. «Les pays en développement ne doivent pas être laissés pour compte, nous devons élaborer des politiques propices qui permettent de combler la fracture numérique mondiale en matière d’investissement», dit-il. La régulation de l’investissement et les politiques de promotion de l’investissement doivent aussi tenir compte des nouveaux modèles opérationnels transfrontaliers des multinationales.

D’autre part, les investissements d’infrastructure nécessaires pour parvenir à une connectivité numérique satisfaisante dans la plupart des pays en développement ne sont pas forcément aussi colossaux qu’on le suppose souvent. Selon les estimations de la Cnuced, leur coût s’élèverait à moins de 100 milliards de dollars.

 

 

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