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Competences & rh

Rencontres sciences du management: Le mythe de la RSE

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5019 Le 09/05/2017 | Partager
Elle est pratiquée comme une simple technique marketing
Plus de déclarations de bonnes intentions que de véritables engagements
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Pour Abdellah Chenguiti, président de l’Agef, les entreprises ne sauraient se préoccuper du respect d’un code RSE alors qu’elles se montrent peu soucieuses d’appliquer le code du travail (Ph. Mokhtari)

Le défi de l’entreprise est de passer d’une RSE, exprimée par des documents, à une RSE dans l’entreprise, exprimée par des actes. Au Maroc, les chartes ressemblent plus à des déclarations de bonnes intentions qu’à de véritables engagements, estime Abdellah Chenguiti, président de l’Agef. Bon nombre de nos entreprises ne sauraient se préoccuper du respect d’un code RSE du moment qu’elles se montrent peu soucieuses d’appliquer le code du travail. Entretien.
 
- L’Economiste: Quelle est la réalité de la RSE au Maroc?
- Abdellah Chenguiti:
Au-delà des discours et des chartes, il est temps à mon avis de se pencher sur la vérité de la RSE. Nous avons de belles chartes qui souvent restent dans les tiroirs ou placardées sur des murs poussiéreux. Malheureusement, la RSE reste un mythe. D’ailleurs, les entreprises qui s’y engagent le font plus pour des impératifs économiques et parfois confondent RSE et respect de la loi.
 
- Et pourtant, nous avons une cinquantaine d’entreprises labellisées RSE…
- Une récente étude sur la pratique de la RSE dans la PME marocaine a démontré que 77% ne connaissent pas le référentiel qui permet de mettre en place une démarche RSE, et que 55% disent ne pas en avoir le temps. Nous avons à peu près 47 entreprises labellisées RSE et le chiffre est en baisse. On est d’ailleurs en droit de se poser des questions sur le processus de labellisation.
 
- Comment rectifier le tir?
- Pour passer de la charte à l’acte, il faut revoir l’accompagnement et le dispositif du financement avec des incitations fiscales pour développer des métiers verts. Il faut aussi instaurer des systèmes d’alerte. Un salarié ayant pris connaissance d’un acte ou un comportement illégal ou contraire aux valeurs RSE peut le dénoncer. A l’image des commissaires aux comptes, ne serait-il pas judicieux d’introduire dans les lois sur les sociétés l’obligation, pour l'entreprise, de se faire auditer régulièrement par des « commissaires à la RSE». En interne, les entreprises pourraient mettre en avant la dimension RH de la RSE. Très souvent et pour améliorer sa visibilité, l’entreprise priorise l’action humanitaire via des «Fondations» et néglige la dimension RH.
 
- Plus globalement, quels sont les principaux enjeux des ressources humaines pour les entreprises marocaines?
- A mon avis, le 1er enjeu est social. Il est lié au respect des dispositions légales, au respect du dialogue social, en panne aujourd’hui. Ensuite, il y a un autre plus stratégique et qui est le recrutement des talents. Malgré les millions de lauréats déversés par les écoles et les universités marocaines, l’entreprise n’arrive pas à recruter les compétences dont elle a besoin. Et pour cause, il existe une grande inadéquation entre ce que produit le système éducatif et de formation et les profils recherchés par l’entreprise. Notre système éducatif reste axé sur le bourrage du crâne et on forme des profils techniquement bons, mais qui n’ont pas pu développer le sens de responsabilité, les techniques de communication…Or, en ces temps de crise, l’entreprise a besoin de ces compétences managériales et comportementales.
 
- Quel est votre regard sur la législation du travail et le dialogue social en panne…?
- Le dialogue social est très bien défini, réglementé et structuré dans le code du travail. Il y a des mécanismes dans le code du travail qui sont aux standards internationaux comme la reconnaissance du syndicat. Ce dernier est non seulement reconnu, mais est aujourd’hui partie prenante dans toutes les instances représentatives du personnel y compris le comité de l’entreprise, le comité d’hygiène-sécurité… Le véritable problème au Maroc est la confusion entre l’activité syndicale et politique. La plupart des syndicats sont les ailes syndicales des partis politiques et, du coup, ils sont utilisés comme une carte entre les mains des partis pour servir des intérêts qui n’ont rien à voir avec la réalité de l’entreprise.

Code du travail, le dialogue de sourds

Très peu d’entreprises respectent aujourd’hui le code du travail, déplore Abdellah Chenguiti. Et pour cause, ce dernier comporte beaucoup de lacunes comme l’obligation d’avoir un médecin de travail pour 50 salariés, alors que le nombre de médecins de travail ne dépasse pas les 200. Autre aberration, estime Chenguiti, l’obligation de remplacer tous les retraités, à contre-courant avec l’évolution technologique de l’entreprise et les métiers qui disparaissent. Et plusieurs entreprises se cachent derrière ces lacunes pour ne pas respecter le minimum du code du travail et demandent sa réforme. «De leur côté, les syndicats exigent l’application de la législation actuelle et l’on assiste à un véritable dialogue de sourds». La faiblesse des instances de contrôle (250 inspecteurs de travail pour 800.000 entreprises) encourage aussi le non-respect du code du travail. En attendant et sur le terrain, l’absence de l’application du code du travail est à l’origine des deux tiers des mouvements de grève au niveau national.

Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

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